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Touristes israéliens en Tunisie : l’un des symptômes de carences sur le plan démocratique, et ça continue

Hélène Keller-Lind

Les Juifs, oui, mais pas le sionisme....

Le 3 mai le ministre des Affaires religieuses, Mounir Telili, déclarait sur les ondes de Shemfm, radio privée très active, : « dans le cadre de la collaboration entre les populations du monde, la Tunisie ouvre ses portes aux visiteurs qui y entrent légalement », précisant toutefois « la Palestine est la cause de tous les Arabo-musulmans et nous voulons libérer Al-Aqsa [ mosquée construite sur le Mont du Temple ] et la Palestine....nous sommes fondamentalement contre le sionisme. Il commentait là ce qui est devenu en Tunisie l’affaire de l’entrée d’Israéliens sur le territoire tunisien et ce qui serait une « normalisation » jugée inacceptable, bien que cela n’ait pas été inscrit dans la nouvelle Constitution, avec un État hébreu voué aux gémonies.

Le ministre faisait un distinguo avec « les Juifs porteurs d’un message universel qui ont aussi un Livre Saint ». A propos de Livres Saints, pour mémoire et pour rétablir la chronologie, la Bible hébraïque commença à être écrite au VIIIème siècle avant l’ère chrétienne, alors que le Coran fut révélé à partir de 610 et 612 de l’ère chrétienne, une révélation ayant duré quelque 23 ans. Soit quinze siècles plus tard. Or, en en 2005 les éditions Berg publiaient un essai de Haï Bar-Zeev, « Une lecture juive du Coran » où étaient détaillés les emprunts nombreux « au judaïsme et, dans une mesure moindre, au christianisme ». Emprunts souvent modifiés ou contredits au sein du même ouvrage, d’ailleurs.

« Une atteinte à notre identité et appartenance arabo-musulmane »

Ce même jour à Sfax, deuxième ville de Tunisie après Tunis, selon le site de la radio jawharafm, « le bureau régional du mouvement Wafa à Sfax a organisé ce samedi un rassemblement protestataire devant le siège du gouvernorat pour dénoncer et condamner l’entrée d’un groupe de touristes israéliens sur le territoire tunisien.
Le secrétaire général du bureau régional du mouvement Wafa, Anis Ellouze a déclaré au micro de Jawhara FM que l’entrée de « sionistes » sur le sol tunisien avec des passeports israéliens est « une provocation et une atteinte à notre identité et appartenance arabo-musulmane ». Il a par ailleurs critiqué ceux qui prétendent être « révolutionnaires et qui ont se sont opposés à la loi criminalisant la normalisation avec l’entité sioniste dans la Constitution ».

Bezalel à Djerba, oui mais, il a été adoubé par la télévision palestinienne...

Wafa, mouvement proche d’Ennhada, parti des Frères musulmans au pouvoir jusqu’en février dernier avant une passation de pouvoir officiel en douceur, est connu pour être viscéralement anti-israélien. On s’étonne, dès lors, qu’il ne semble pas avoir protesté l’an dernier, alors qu’Ennhada était au pouvoir, lorsqu’un chanteur israélien, né en Galilée dans une famille originaire de Tunisie, partie en 1952, avait pu entrer en Tunisie pour ce fameux pèlerinage de La Ghriba et y chanter. Mais à y regarder de plus près, Bezalel, dont la chanson « Tunisia », écrite en 2009, devint l’un des hymnes de la « révolution du jasmin », avait tout pour être le bienvenu en Tunisie. Elevé par sa famille dans l’amour du pays dont elle est originaire, sa mère expliquant d’ailleurs qu’elle n’y avait que de bons souvenirs, il s’y était repris à trois fois pour obtenir l’autorisation d’y entrer. Il faut dire que même la télévision palestinienne l’avait encensé. Celle-ci saluait son désir de « retourner dans sa Tunisie natale » – ce qui est faux, mais cela sonne mieux -, « un pays dont il a été arraché par le mouvement sioniste. Pour venir s’approprier la terre des autres en les expulsant de leurs habitations le mouvement sioniste a bâti une propagande disant que les Juifs des pays arabes étaient maltraités et ont vécu le même drame que ceux qui ont vécu en Europe...cette chanson met à mal cette thèse et envoie le message que ce chanteur a un amour pour sa terre natale qu’est la Tunisie. On se pose la question : quelqu’un peut-il avoir la nostalgie d’un pays d’où il a été chassé ? La vérité sort de sa bouche sur la tolérance tunisienne et c’est ça qui a fait le succès de cette chanson ». Une vidéo que postait le chanteur en 2011 et dont, vraisemblablement il approuvait donc le contenu.

Pauvre Tunisie...

Pauvre Tunisie, serait-on tenté de dire, engluée qu’elle est dans un antisionisme omniprésent...Voilà donc que des acharnés de l’antisionisme, et ils sont légion dans le pays, s’obstinent à vouloir faire rater la saison touristique, pourtant l’une des composantes essentielles d’une économie qui bat de l’aile...Des touristes israéliens sont refoulés. Une poignée d’autres, des pèlerins, plus exactement, étant donné qu’ils ont voulu se rendre dans ce qui fut le pays du jasmin pour le pèlerinage annuel et séculaire de La Ghriba, sont entrés en catimini avec l’accord de plusieurs ministères concernés. Ce qui a valu à deux ministres d’être convoqués par l’Assemblée Nationale Constituante dont la mission est pourtant terminée puisque la nouvelle Constitution et la loi électorale ont été dûment votées. Ensemble de dysfonctionnements graves allant totalement à l’encontre de la vision idyllique d’un Laurent Fabius en visite dans le pays les 24 et 25 avril derniers, se disant confiant au nom de l’Union européenne...

La polémique qui risque de mettre à mal les efforts des ministres du Tourisme et de la Culture, qui tentent de sauver la saison touristique et les rentrées de devises, perdure donc dans un pays décidément bien malade de son antisionisme...D’exemple de coexistence, du temps de Ben Ali, qui décida de traiter les touristes israéliens comme tout autre visiteur dans son pays, la Tunisie montre aujourd’hui un visage de fermeture et d’ostracisme. Et, bien ancré, hélas, l’antisionisme tunisien ne risque pas de disparaître de sitôt...

Une culture non démocratique, analyse African Manager...

Dans un article remarquable et à lire, publié par African Manager, Aboussaoud Hmidi analyse la situation tunisienne et, citant ce trait, parmi quelques autres autres, conclut : « Ce sont là des attitudes qui renvoient à une culture non démocratique. Et quand est-ce qu’une démocratie s’est faite construire par des non démocrates ? ».



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