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John Kerry devrait tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler...

Hélène Keller-Lind

Un mot qui renvoie à une calomnie anti-israélienne infondée très utilisée par ses adversaires...

C’est le magazine américain The Daily Beast qui sort l’information sous ce titre : « Exclusif : Kerry avertit qu’Israël pourrait devenir ’un pays d’apartheid ’ ». L’accent est mis sur ce gros mot, un gros mot d’ores et déjà utilisé à tort et à travers par les antisionistes de tout poil pour vilipender l’État hébreu au mépris des réalités, décrivant mensongèrement un État où la population arabe israélienne jouit des mêmes droits et a les mêmes devoirs que ses autres citoyens – mis à part la conscription -, où elle jouit des mêmes droits de vote et a donc ses propres partis politiques et ses députés à la Knesset. Il suffit de prendre, pour s’en convaincre, l’exemple de la député de Balad, Haneen Zoabi, connue pour ses prises de position violemment anti-israéliennes. Celle-ci a participé à bord du Marmara à la « Flottille » qui, dans une grande opération de communication avait eu pour but affiché de briser le blocus maritime imposé à la Bande de Gaza pour d’évidentes raisons de sécurité, ou a été prise en photo fraternisant avec des membres du groupe terroriste du Hamas, ou s’est récemment fait expulser de la Knesset pour avoir menacé un Arabe israélien chrétien officier de Tsahal... Alors, apartheid...

Quant à la gestion israélienne des zones des Territoires palestiniens sous son contrôle total ou partiel, prétendre que cela relèverait d’un système d’apartheid est tout aussi infondé. On rappellera que des mesures de sécurité y sont nécessaires compte tenu de la situation sur le terrain. Ainsi, dans son rapport publié pour le mois de mars 2014, le Shabak, service de sécurité intérieure israélien, notait « une augmentation des attaques terroristes : 136 contre 114 en février 2014 » dont « 107 en Judée Samarie ». Ces attaques étant principalement des jets de cocktails Molotov, suivis d’engins explosifs artisanaux, puis de tirs à l’arme légère et de jets de pierre. Et qui font parfois des victimes. Le chiffre le plus bas pour la Judée Samarie ces quatre derniers mois ayant été de 64 attaques en décembre. En dépit de mesures de sécurité nécessaires il y a donc une moyenne de plus de trois attaques terroristes par jour perpétrées contre des Israéliens, civils ou militaires dans ces territoires. Alors, apartheid...

The Daily Beast rappelle que « selon le Statut de Rome de 1998, « le crime d’apartheid » est défini comme « des actes inhumains dans le contexte d’un régime institutionnalisé d’oppression et de domination systématiques d’un groupe racial sur un ou d’autres groupes commis avec l’intention de maintenir ce régime ». Et de rappeler que « le terme est utilisé le plus souvent en se référant au système de ségrégation et d’oppression raciale en vigueur en Afrique du sud de 1948 à 1994 ».

Terme récusé par Barack Obama ou le Juge sud-africain Goldstone

Autre rappel du Daily Beast : la controverse suscitée par le titre de l’ouvrage de 2007 sur la paix au Moyen-Orient du Président Carter : « Palestine : la paix ou l’apartheid ». Jimmy Carter ayant précisé depuis qu’il ne parlait pas de ce qui se passe en Israël mais de politiques menées en « Cisjordanie »et qui, selon lui, sont du « type apartheid ». Ce qu’a démenti le Juge sud africain Goldstone – après la publication d’un rapport sur l’opération Plomb Fondu à Gaza en réponse à des milliers de tirs du Hamas et autres factions terroristes, dont il a récusé certains termes plus tard – dans un article du New York Times en 2011.Il y qualifiait le terme d’apartheid utilisé contre Israël de « calomnie pernicieuse à la peau dure », dénonçant « une diffamation injuste et inexacte contre Israël destinée à retarder plutôt que de faire avancer les négociations de paix ».

Ce terme, utilisé pour décrire le traitement des Palestiniens par Israël, a d’ailleurs été récusé en 2008 par Barack Obama alors qu’il était sénateur, souligne The Daily Beast. Le sénateur estimait alors qu’utiliser un tel terme est contre-productif car « il a une charge émotionnelle importante, est historiquement faux et ce n’est pas ce que je crois ».

Un terme mal interprété dans ce contexte explique le Département d’État

Selon Jen Psaki, porte-parole du département d’État, en utilisant ce terme John Kerry voulait simplement insister sur la nécessité de parvenir à un accord de paix, faute de quoi divers scénarios étaient envisageables dont celui qu’il décrit ainsi.

D’autant que John Kerry, qui, le 25 avril dernier, s’adressait àhuis clos à la Commission Trilatérale – composée de dirigeants de premier plan appartenant à la sphère privée, regroupés en trois grandes zones géographiques, mais The Daily Beast s’est procuré un enregistrement de la rencontre, ne faisait qu’évoquer là une possibilité parmi d’autres si les négociations qu’il a initiées et pour lesquelles il s’est démené, n’aboutissaient pas...Il déclarait, en parallèle qu’Israël pourrait perdre son caractère juif.

Autre point de vue exprimé alors par celui qui a été en rapport très étroit avec les acteurs israéliens et palestiniens majeurs ces derniers neuf mois, :faute d’accord, les violences palestinienne contre des civils israéliens pourraient reprendre.

Pour l’AJC évoquer le pire ou utiliser de tels termes s’inscrit dans la stratégie palestinienne

Contexte et explications qui ne rassurent pourtant guère les dirigeants d’organisations pro-israéliennes note The Daily Beast, citant « David Harris, Directeur exécutif de l’American Jewish Committe, une organisation qui soutient l’initiative de John Kerry concernant le processus de paix ». Même s’il comprend les craintes exprimées par le Secrétaire d’État, il estime que ce type de vocabulaire « n’aide pas du tout. Il place la discussion sur un tout autre niveau....il évoque des notions qui n’ont rien à voir avec le débat ».

« Kerry a déjà utilisé des avertissements graves par deux fois pour peindre une vision tragique pour Israël si le processus de paix actile échoue », rappelle The Daily Beast. Ainsi en novembre dernier Kerry avait averti qu’il y aurait une troisième Intifada violente palestinienne et qu’Israël serait plus isolé en cas d’échec du processus. En mars Démocrates et Républicains avaient critiqué Kerry qui avait suggéré que si les négociations de paix échouaient cela renforcerait le mouvement BDS de boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël ». Commentaire de David Harris : utiliser ces notions s’inscrit dans « la stratégie des Palestiniens ».

Des torts partagés et un possible plan de paix « à prendre ou à laisser »

Par ailleurs le Secrétaire d’État critiquait, d’une part, la poursuite de constructions dans les Territoires et d’autre part, les déclarations palestiniennes refusant de reconnaître qu’Israël est un État juif. Il précisait : « s’il y a un changement de gouvernement ou un changement d’avis, quelque chose se passera ».

Admettant que les négociations actuelles pourraient se terminer sans succès, même si tel n’est pas le cas en l’état actuel des choses, John Kerry envisageait la possibilité pour les États-Unis, avant le terme de la présidence de Barack Obama en 2017, d’élaborer et présenter son propre plan de paix « à prendre ou à laisser » .



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