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Interview de Mahmoud Zahar, un chef du Hamas.

service de Presse de l’ambassade de France en Israël

Mahmoud Zahar indique que si l’Autorité palestinienne ne tient pas son engagement d’organiser des élections législatives en janvier prochain et si Israël ne libère pas des détenus, le Hamas refusera de prolonger la trêve au-delà de 2005.

Certes, cette organisation envisage de participer à la prochaine consultation électorale, mais A-Zahra précise que sa politique reste inchangée ; le Hamas pourrait accepter des arrangements politiques provisoires mais ses positions de base restent les mêmes : aux yeux de l’Islam, toute la Palestine - de la mer au Jourdain - est sainte. Zahar ajoute encore que le Hamas refuse d’abandonner les armes, à moins que ce point ne soit examiné dans le cadre des élections palestiniennes et fasse l’objet d’un consensus national.

L’enlèvement de l’Israélien Sasson Nuriel, survenu il y a un mois, n’a pas été l’objet d’une décision de son organisation, précise A-Zahra, mais était une initiative des hommes de terrain : « A Gaza, nous ignorions tout de cet enlèvement mais cette action est largement soutenue dans les prisons, au sein des diverses organisations ainsi que parmi l’opinion palestinienne. Actuellement, Israël détient 9000 détenus et s’il avait pris la décision de les remettre en liberté, conformément à ses engagements, cela ne se serait pas produit. Si les détenus ne sont pas libérés, les enlèvements risquent de se multiplier ».

Lors de l’entretien accordée au Haaretz, Zahar a tenu à préciser que le Hamas s’en tenait à ses principes et rejetait les négociations avec Israël : « A l’époque, j’estimais que les accords d’Oslo conduiraient les Palestiniens vers un grand vide politique et je l’ai dit publiquement. Mais la situation a changé aujourd’hui : il existe un consensus palestinien à propos des frontières de 67. Certains estiment qu’il s’agit là d’une alternative stratégique et du fin mot de l’histoire, mais le Hamas considère que cette ligne ne marque qu’une étape de la lutte. De notre point de vue, cela ne changera jamais. On peut accepter des arrangements provisoires mais nous n’abandonnerons jamais nos principes. Certains Israéliens s’imaginent que lorsque nous parlons de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, cela signifie que nous renonçons à notre guerre historique, mais cela est faux ».

« Il y a un démocrate en Abou Mazen, et cette qualité s’est encore renforcée après la mort d’Arafat, lorsqu’une autre réalité s’est imposée dans les Territoires palestiniens. Comment se fait-il qu’Arafat, qui a pourtant cédé devant la pression d’Oslo, a réussi à confisquer les armes du Hamas et à mettre ses dirigeants sous les verrous, n’a pas organisé de consultation électorale ? La réponse à cette question est que, à l’époque, nous ne possédions pas les mêmes moyens de pression. Aujourd’hui, nous disposons des moyens nécessaires ; le Hamas ne peut être ignoré. Qui est en mesure actuellement de désarmer les organisations palestiniennes ? Personne ! et certainement pas l’Autorité palestinienne toute seule. Cela n’est chose possible que s’il existe une décision nationale globale agréée par tous les groupes ».

Sur la participation du Hamas aux élections :

« Israël prétend être la seule démocratie de la région mais s’ingère ouvertement pour torpiller la participation du Hamas aux élections. Si ce scénario se réalise, les élections n’auront pas lieu du tout et l’Autorité palestinienne ne parviendra pas à sortir de la crise dans laquelle elle se trouve actuellement ».

Sur la participation du Hamas au gouvernement après les élections :

« Si je déclare que le Hamas envisage de participer au gouvernement ou si je dis le contraire, on en tirera immédiatement des conclusions politiques et l’on accusera le Hamas de rechercher le pouvoir. Il faudra observer les résultats des élections et ce n’est qu’ensuite que l’on pourra décider comment agir. De notre point de vue, engager des négociations n’est qu’un moyen. En transformant les négociations en un but en soi, l’Autorité palestinienne a commis un crime ».

Sur le recours au terrorisme :

« Comme dans le cas de De Gaulle, l’objectif du Hamas est la protection de son territoire et de son peuple. Si les armes servent le but recherché, elles doivent être maintenues. S’il y a occupation, il y aura des armes ».

Sur la démilitarisation du Hamas exigée par la communauté internationale :

« Les exigences internationales ne sont pas sacro-saintes. Les pays du monde s’efforcent de protéger Israël et de porter atteinte au peuple palestinien. Les Européens affichent une position hypocrite : ils savent que le Hamas n’est pas une organisation terroriste mais cèdent aux pressions des Sionistes et des Américains (...) La question qui se pose est de savoir pour quelle motif déposer les armes ? La terre et Jérusalem sont-elles libérées ? Y-a-t-il des garanties qu’Israël ne réoccupera pas Gaza et les villes palestiniennes ? Y-a-t-il de véritables réformes au sein de l’Autorité palestinienne ? Par le passé, l’arrestation des membres du Hamas et la confiscation des armes ont débouché sur l’aggravation de la corruption à Gaza ».

Sur la Charte du Hamas :

« La Charte du Hamas est un sujet qui peut être sujet à interprétation. Elle exprime une position politique et sociale qui repose indirectement sur le Coran. Sur le Coran, on ne discute pas mais la Charte elle-même exprime une position, une vision politique. Si je vous disais qu’on peut la modifier, cela serait immédiatement interprété comme une concession, comme la dégradation des principes du Hamas. Personne ne songe actuellement à modifier la Charte mais en principe, ce n’est pas impossible ».



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