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Chronique de Michaël Bar-Zvi, Khaf be Hechvan 5774 | 24 octobre 2013

La démocratie israélienne se caractérise depuis la déclaration d’indépendance par un extraordinaire dynamisme, marqué par des débats animés et des campagnes acharnées entre les grands partis historiques, ou certaines formations politiques nouvelles. Or les élections municipales, il faut le reconnaître, ont intéressé peu de monde, à part les candidats eux-mêmes, hormis ici ou là quelques rivalités passionnelles dans certaines villes ou bourgades de la périphérie.

La participation électorale est de 42% et elle est encore plus faible dans les grandes métropoles, y compris à Jérusalem où la campagne entre les deux candidats a été particulièrement rude. A Tel Aviv, moins d’un tiers des habitants se sont déplacés aux urnes.

Mais il y a plus grave pour l’avenir du système politique israélien et je retiendrais plusieurs éléments, symboliques à mes yeux, de la dégradation du pouvoir local. Le premier est la réélection de trois maires, mis en examen et forcés de démissionner par la Cour Suprême, à Bat Yam, Ramat Hasharon et à Nazareth. Il y a là une lacune juridique puisque le tribunal a exigé leur démission mais ne pouvait légalement les empêcher de se représenter devant les électeurs.

Deuxième élément, la mainmise de certains maires sur le conseil municipal et les fonds publics ne permettent pas à l’opposition de jouer son rôle et cela donne des résultats assez cocasses comme l’élection d’un maire avec 92% des suffrages comme à Beer Sheva par exemple. Il n’est pas rare que l’opposition entre dans la coalition qui gère la ville.

Troisième élément : dans de nombreuses démocraties les élections municipales servent de tremplin et de réservoir pour découvrir de nouveaux leaders et cela était vrai il y a deux ou trois décennies. Non seulement ce n’est plus le cas aujourd’hui, mais la politique municipale est devenue un véritable épouvantail qui fait fuir les grands partis.

Le Likoud, parti de gouvernement, ne présentait pas de candidat sous son étiquette dans toutes les villes. Même à Jérusalem, Netanyahou s’est refusé à exprimer ouvertement son soutien à un des deux candidats, alors que le Likoud obtient toujours un des meilleurs scores dans la capitale aux élections générales.

Comment expliquer ce désintérêt pour la vie de la cité ? Plusieurs raisons sans doute, la mauvaise qualité des services municipaux et des transports publics, la médiocrité des candidats, la multiplication des condamnations pour corruption, le regard cynique des citoyens sur l’absence de morale en politique, le sentiment de ne pas avoir au fond d’influence sur la vie des cités, dominées par les intérêts financiers de promoteurs âpres au gain et peu soucieux de la qualité de la vie. Israël est-il passé trop vite dans le monde du village virtuel ?



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