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Chronique de Michaël Bar-Zvi | Khaf Be Chvat 5773 - 31 janvier 2013

En livrant des armes chimiques ou des missiles anti-aériens qui modifient la balance stratégique entre le Hezbollah, il espère étendre le conflit au Liban et détourner ainsi l’attention des massacres qu’il commet jour après jour contre son peuple. Israël a fait savoir par des voies diplomatiques, mais aussi par des communiqués officiels qu’il s’agissait là d’une ligne rouge à ne pas dépasser.

Deux émissaires se sont rendus, l’un à Washington et l’autre à Moscou pour mettre en garde la Syrie contre cette escalade. Avant-hier plusieurs sources militaires dignes de foi faisaient part d’une intervention militaire israélienne contre un convoi de missiles en partance d’une base syrienne. Israël n’a publié aucune déclaration, mais hier soir la Syrie a confirmé que le site de Jamarya, désigné comme un « centre de recherche militaire » à proximité de Damas avait été bombardé par l’aviation israélienne, faisant plusieurs victimes et des dégâts importants aux entrepôts où se trouvent les missiles promis au Hezbollah.

Il est probable qu’Israël ne confirmera pas cette attaque, mais la disposition de batteries « dôme de fer » près de Haïfa est un signe des craintes israéliennes de représailles de la part des Syriens ou du Hezbollah. Plusieurs questions se posent, qui devraient trouver leur réponse dans les jours qui viennent.

La reconnaissance de l’attaque par Assad est-elle le signe de sa volonté de répliquer ? Rappelons qu’après la destruction du site nucléaire, les Syriens avaient gardé un silence absolu sur cet événement.

Le président russe Poutine n’a pas intérêt à voir la guerre s’étendre au Liban et la volonté d’Assad de fournir au Hezbollah des armes chimiques et des missiles plus perfectionnés semble indiquer que Moscou a perdu son influence sur le président syrien.

Est-ce le début de la fin pour Bachar el Assad ou bien est-ce un nouveau pas vers l’extension du conflit ? Pendant ce temps, le président américain s’interroge dans un article sur la guerre en Syrie publié le 28 janvier dans la revue The New Republic sur la capacité des Etats-Unis à « faire la différence », selon son expression, pour conclure que si l’on n’est pas en mesure de changer les choses sur le terrain, il vaut mieux s’abstenir. C’est vrai que pour les 80.000 morts dans cette guerre on ne peut plus vraiment « faire la différence ». Heureusement que Barack Obama est là pour nous donner du courage.



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