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Mesures insidieuses……

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

Migros affirme « souhaiter ainsi garantir une meilleure transparence à ses clients ». La décision aurait été prise suite à des demandes répétées de certains d’entre eux, ainsi que d’ « organisations pro-palestiniennes ». Certes, le grand distributeur se défend, toutefois, d’avoir cédé à des pressions et précise qu’il ne tient pas à s’impliquer politiquement. « Nous sommes neutres et contre les boycotts. Si nous avons pris cette décision, c’est uniquement pour laisser le libre choix au consommateur d’acheter ou non les produits provenant de ces colonies », a expliqué Monika Weibel, porte-parole de Migros.

Or, il est évident que cette précision facilitera le boycott prôné par les organisations anti-israéliennes.

Cette initiative rejoint la décision prise, récemment, par les autorités danoises qui ont décidé d’introduire de nouvelles directives d’étiquetage, dans les semaines qui viennent, pour les produits israéliens provenant des Territoires. Ces directives seront obligatoire pour les fruits et légumes, mais facultatives pour les autres produits, pour lesquels l’identification du pays d’origine n’est pas exigée par la loi, a déclaré l’Administration vétérinaire et alimentaire danoise.

Déjà, en décembre 2009, l’administration britannique avait recommandé – alors qu’au Danemark il s’agit d’une réglementation – une pratique analogue.

Comment réagir ?

Dans notre dernière chronique, ayant suggéré une protestation des autorités israéliennes à propos d’une décision prise par l’Union européenne, un internaute s’est manifesté, en considérant que ce serait une initiative « plutôt fâcheuse et inopportune ».

Si le principal intéressé au respect de la légalité internationale ne se manifeste pas, on voit mal pourquoi d’autres, non concernés concrètement, le feraient à sa place…..

Or, il y a des hypothèses dans lesquelles le boycott est beaucoup plus insidieux, mais tout aussi efficace.

Nous avons déjà, évoqué, à plusieurs reprises, sur ce site, les « remous » provoqués par la construction du tramway de Jérusalem (voir notamment : La justice franaise, Isral et le droit international) et les tribulations de la société française Veolia, impliquée dans cette construction.

Or, voici que l’on apprend, d’après La Tribune , du 24 mai, que le groupe français, « plie bagage en Israël dans le secteur des transports en commun ».

Certes, officiellement. il s’agirait d’une décision strictement économique qui n’aurait rien à voir avec le fait que le groupe français s’est retrouvé, en quelque sorte, impliqué dans le conflit israélo-palestinien, ce qui lui a valu d’être la cible de multiples campagnes hostiles lancées par des groupes de pression pro-palestiniens en Europe.

Veolia a vendu le quart du capital détenu dans l’entreprise, qui exploite la ligne de tramway à Jérusalem, inaugurée l’été dernier à Egged, la principale coopérative d’autobus israélienne. Mais ce désinvestissement ne s’arrête pas là, car Veolia est sur le point de céder, également, à un opérateur local, une partie de sa participation dans sa division autobus, qui gère une flotte de trois cents véhicules.

Toutefois, le groupe Veolia, actif en Israël depuis près de 20 ans affiche sa volonté de poursuivre et de développer ses autres activités à travers ses trois filiales spécialisées dans le traitement des eaux, l’énergie et les services à l’environnement, qui emploient quelque 2.000 salariés actuellement.

Il n’en demeure pas moins que le retrait de Veolia, notamment, du tramway de Jérusalem est tout à fait emblématique de la campagne à connotation politique, menée contre elle, car les pertes annuelles du réseau de tramway et d’autobus et le retrait stratégique mondial de Veolia du secteur des transports en commun n’expliquent pas tout.

Veolia veut, sans doute, prouver que le groupe ne cède pas aux pressions exercées, notamment, par le mouvement BDS (Boycott Désinvestissement et Sanctions), qui a pris ces dernières années, avec le soutien de militants européens anti-israéliens, la tête d’une campagne dirigée également contre une autre société française, Alstom, elle aussi impliquée dans le projet de tramway à Jérusalem. Les deux entreprises françaises ont été accusées d’aider à la colonisation israélienne des territoires palestiniens.

Accusation totalement grotesque, car on ne voit pas ce qu’il y aurait de condamnable dans le fait de relier Jérusalem, où habitent des Palestiniens et les villages arabes de Cisjordanie.

Certes, l’opération vise à favoriser la liaison entre Jérusalem et la Cisjordanie, mais tant les habitants palestiniens que les habitants juifs bénéficieront de ce développement des transports en commun, dès lors que la circulation automobile aux alentours de Jérusalem est nettement encombrée.

Alors que certains s’ingénient à accuser Israël de pratiquer un apartheid, le développement du réseau de communications autour de Jérusalem apporte un démenti formel à ces accusations fantaisistes.

D’ailleurs, nous avions déjà relevé que, qu’interrogés, de nombreux Palestiniens, directement concernés, par le tramway reconnaissaient qu’ils en profiteraient, mais se refusaient à le reconnaître publiquement, tellement ils sont embrigadés dans l’entreprise de diabolisation d’Israël.



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