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Pourquoi Ariel Sharon ne fait-il plus la « une » ?

Alain Rajchman

Les journalistes sont tellement attachés à l’image d’un Ariel Sharon épris de batailles et de sang, qu’ils ne peuvent accepter le revirement auquel on assiste dans la politique qu’il met en place au Proche Orient.

Quand Simon Pilczer dans les colonnes de Desinfos montre comment l’AFP cherche à gâcher la fête, en grande partie sous la pression du Quai d’Orsay, nous avons une illustration assez claire de ce comportement. Il fallait salir d’une manière ou d’une autre la formation d’un gouvernement d’union avec les travaillistes en juxtaposant deux informations de nature complètement différente. Cette pratique de l’amalgame est un ressort bien connu de la désinformation.

L’incapacité des journalistes à remettre en question leurs idées pré-conçues est en quelque sorte le thermomètre de la partialité de l’information diffusée par la presse sur l’action d’Ariel Sharon. Plus l’information a été partisane et moins il est facile de se déjuger, c’est-à-dire laborieux d’accepter une perspective différente de la politique suivie par Ariel Sharon.

Voilà bien où nous en sommes. Il ne s’agit pas de bénir chaque pas du Premier Ministre israélien, mais simplement de porter un regard plus juste et équilibré sur les options qu’il prend. Certaines sont difficiles et courageuses. La décision de se rapprocher des travaillistes et de son ami Shimon Peres pour tenter de bâtir un consensus national sur l’évacuation de territoires, mais aussi le rapprochement avec le leader palestinien Abou Mazen, échappent au cadre d’analyse rigide et installé de la presse. Les vieilles habitudes ont la vie rude et personne ne veut prendre la responsabilité de renier les clichés anciens. Surtout après avoir tant œuvré pour les ancrer dans l’esprit des lecteurs.

En conséquence, faute de pouvoir poursuivre la diabolisation d’Ariel Sharon, on préfère reléguer en pages intérieures ce qui pourrait être présenté comme l’amorce une réelle démarche de paix entre Israël et les Palestiniens. Tant pis pour le soutien ponctuel des médias dont Ariel Sharon aurait pu avoir besoin alors que l’heure des décisions douloureuses approche.

En matière d’information, force est de constater que l’orgueil des journalistes restera toujours plus fort que la réalité des faits.


réaction de Jean-Gérard Lapacherie :
Si les media ont relégué les informations relatives à Israël et à son premier ministre dans les pages intérieures, quand ils ne les occultent pas, c’est aussi pour une raison simple : pendant vingt ans, ils ont fait passer Arafat pour un homme épris de paix et les Israéliens, Ariel Sharon en particulier, pour un fauteur de guerre qui n’avait pour objectif que de détruire la « Palestine ». or, les événements démentent leur version délirante des faits.

A peine Arafat est-il enterré que Palestiniens et Israéliens « reprennent langue », qu’il est à nouveau possible d’envisager la paix entre les deux peuples et les deux Etats et que la possibilité qu’ils signent un traité de paix poind enfin à l’horizon : l’espoir est timide, fragile, incertain, mais il est là.

Cela prouve de façon irréfutable que l’obstacle à la paix n’était pas Sharon, mais Arafat, et que celui qui ne voulait surtout pas d’un accord négocié était bien Arafat.



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