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ONU et Golan

par le Professeur David Ruzié *

Sous ce vocable quelque peu « alambiqué » on désigne les « casques bleus », au nombre actuel d’environ un millier qui, depuis le lendemain de la guerre de Kippour, sont chargés d’observer la situation sur le plateau du Golan.

Comme l’a fait remarquer, dans son rapport au Conseil, le Secrétaire général Kofi Annan, « la situation dans le secteur Israël/Syrie est restée calme ».

De fait, des trois « opérations de maintien de la paix » mises en place par les Nations Unies, dans cette région , il faut reconnaître que c’est la F.N.U.O.D., qui remplit le mieux sa mission.

On ne peut en dire autant tout d’ abord, de l’ « Organisme des Nations Unies chargé de la surveillance de la trêve » (ONUST), créé dès 1948, dont la mission très ambitieuse couvre un très large périmètre (englobant tous les Etats arabes ayant participé à l’agression d’Israël) et qui ne dispose que de moyens très limités (actuellement environ 150 observateurs).

De même la « Force intérimaire des Nations Unies pour le Liban » (FINUL), mise en place en 1978 (et qui compte, actuellement, 2000 militaires) n’a jamais réussi à contribuer à « rétablir la paix et la sécurité internationales », étant dans l’incapacité ou n’ayant pas la volonté d’empêcher des actions terroristes à partir d’une région peuplée (d’où la nouvelle intervention d’Israël en 1982, qui s’est manifestée jusqu’au printemps 2000).

Quant à « aider le gouvernement libanais à assurer le rétablissement de son autorité effective dans la région », encore eut-il fallu, ce qui n’a jamais été le cas, que les autorités libanaises acceptent d’assumer leur responsabilité au titre de gouvernement d’un Etat souverain sur l’ensemble de son territoire (v. ici même notre Point de vue du 5 septembre dernier ; www.desinfos.com/article.php?id_article=2303).

Heureusement, la tâche de la F.N.U.O.D est plus aisée.

Concrètement, cette force est chargée de surveiller le cessez-le-feu entre Israël et la Syrie, le dégagement des forces israéliennes et syriennes et les zones de séparation et de limitation des armements.

Si l’on prend soin de préciser que « dégagement » ne signifie pas retrait, mais, en quelque sorte, redéploiement des forces (après l’instauration d’un cessez-le-feu, consécutif à l’attaque syrienne contre Israël et à la réaction de légitime défense de celui-ci), on ne s’étonnera pas de ce constat.

En effet, indépendamment de la morphologie pratiquement des lieux, de la faible densité de population, la raison essentielle de cette « accalmie » est surtout due au fait que les troupes israéliennes ont en face d’elles une force militaire organisée et non des civils qui protègent, voire aident des terroristes à lancer des attaques.

Et si l’on ne peut que regretter que la « famille Assad » (père et fils) a toujours eu, sur le plan politique, une attitude très dure à l’égard d’Israël, sans parler des actions militaires, même avant le déclenchement de la guerre de Kippour, on ne peut pas reprocher au régime syrien d’avoir toléré, sur son territoire du moins (car au Liban qu’elle occupe, il n’en est pas de même) la préparation d’actions terroristes dirigées contre Israël.

C’est précisément d’ailleurs parce qu’au lendemain du « septembre noir » de 1970, les fedayin de Yasser Arafat ont été chassés de Jordanie et qu’il n’ont pas pu s’installer en Syrie, qu’ils se sont établis dans le sud-Liban (devenu le Fatahland).

Certes, par la même occasion, le Conseil de sécurité a, également, demandé aux parties d’ « appliquer immédiatement sa résolution 338/1973 du 22 octobre 1973 ».

Aux termes de cette résolution le Conseil de sécurité décidait, il y a 31 ans déjà, que « immédiatement et en même temps que le cessez-le-feu, des négociations commenceront entre les parties en cause sous des auspices appropriés en vue d’instaurer une paix juste et durable au Moyen-Orient ».

Ce ne sont pas les « auspices appropriés » qui ont fait défaut mais la volonté clairement exprimée du côté syrien de reconnaître Israël (même Arafat l’avait fait, certes, du bout des lèvres, en septembre 1993).


  • David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international.


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