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David Taïeb du « Jerusalem Post » : la candidature de Barghouti peut faire dérailler la reprise du dialogue

}Que vous inspire la candidature de Marouan Barghouti ?

C’est le grain de sable qui peut faire dérailler la relance du processus de paix. D’abord, Barghouti est en prison, ce qui risque de poser des problèmes techniques évidents. Ensuite, et surtout, il jouit d’une forte popularité au sein du peuple palestinien, et il a aujourd’hui toutes les chances de l’emporter face au candidat officiel du Fatah, Mahmoud Abbas. Or rien ne dit que Barghouti est prêt à s’asseoir à la table des négociations, ni qu’Israël est prêt à l’accepter comme interlocuteur. Aux yeux d’Israël et des Américains, Abbas présente l’avantage d’être en rupture avec Arafat. Pas Barghouti.

D’après vous, quelle va être la réaction du gouvernement israélien et de la société civile à cette candidature ?

Personne en Israël n’a intérêt à voir Barghouti arriver à la tête de l’Autorité palestinienne. Il est considéré comme l’instigateur de la deuxième Intifada, et ses positions sur le « droit au retour » des réfugiés palestiniens et sur le statut de Jérusalem ne laissent pas beaucoup de place au dialogue. Aux yeux des Israéliens, Barghouti est avant tout un terroriste et un partisan de la lutte armée. S’il maintient sa candidature, le gouvernement israélien sera tenté de tout faire pour aider Abbas à l’emporter. Mais Ariel Sharon sait qu’en l’aidant trop ouvertement, il risque de lui faire perdre sa crédibilité.

Croyez-vous que cette candidature puisse mettre à mal le scénario d’une nouvelle direction palestinienne favorable au dialogue défendu par le gouvernement d’Ariel Sharon et l’administration Bush ?

Si Barghouti est élu, oui. Car dans ce cas, Israël et les Etats-Unis pourront difficilement le contourner, ou imposer un autre chef aux Palestiniens. On risque alors de se retrouver dans la situation que l’on connaissait déjà sous Arafat, avec un président érigé en martyr et très populaire chez les siens, mais infréquentable pour Israël. N’oublions pas que la Moukata était souvent présentée par les Palestiniens comme une prison, et qu’Arafat a su en faire un très bon outil de propagande. Pour éviter ce retour en arrière, il faudrait que l’emprisonnement de Barghouti pousse l’Autorité palestinienne à désigner le Premier ministre comme dirigeant en acte et à faire de la présidence une fonction honorifique, symbolique, comme c’est le cas en Israël. Ou que Barghouti donne suffisamment de garanties à Israël et aux Etat-Unis pour être gracié. Mais c’est encore le scénario le moins probable.



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