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Jour de la victoire contre le nazisme : les slogans antisémites des fascistes ukrainiens

Hélène Keller-Lind

Une histoire violente, une population juive détruite

L’histoire de la ville de Lwow, en polonais, Lemberg en allemand et Lviv en ukrainien, a toujours été violente : cette ville importante et convoitée est passée de mains en mains au cours de l’histoire. Son importante population juive, un tiers de ses habitants au début du XXème siècle, a souvent été prise en otage, devant choisir entre l’un ou l’autre de ceux qui se la disputaient, Austro-Hongrois puis Polonais et Ukrainiens, et son choix de neutralité ne sut la protéger. Ainsi en 1918 un pogrom commis par des Polonais fit plus d’une centaine de victimes juives et des centaines de blessés, trois synagogues et des bâtiments juifs furent détruits par le feu et les pillards s’en donnèrent à cœur joie. Il y eut également des victimes ukrainiennes.

Les troupes nazies organisèrent la destruction systématique de la population juive de la ville dès leur entrée à Lwow en juillet 1941, comme elles le firent dans toute la Galicie et l’Europe de l’Est. Avec souvent la participation active de la population locale. Ce sont 3.000 Juifs qui furent aussitôt assassinés. Puis, à la fin du mois, des milliers le furent lors des « Journées Petlura » en « hommage » à un nationaliste ukrainien...des synagogues sont brûlées, il y a des pillages, la terreur règne....Il y eut collaboration active de « nationalistes » ukrainiens et d’anti-soviétiques avec les nazis dans tous les domaines, y compris les persécutions antisémites.

Cela donna le ton de ce qui se perpétra ensuite avec une violence inégalée qui fut bien pire encore, en effet, qu’en Europe de l’Ouest, notamment en France ou en Italie où les nazis durent tenir compte des protestations de la population et d’importants dignitaires religieux – ce que souligne Serge Klarsfeld – En Galicie tout était permis contre les Juifs. Ce qu’a mis en lumière le Père Patrick Desbois qui montre l’ampleur de ce qu’il appelle « La Shoa par balles. »

Lorsque la ville de Lwow a été libérée par les troupes soviétiques en juillet 44 il ne restait plus que 300 ou 400 Juifs qui avaient pu se cacher dans les forêts des environs ou avaient été cachés par des non-juifs de la ville...Simon Wiesenthal était l’un des survivants. Quelques autres ont témoigné également de ce que fut l’enfer du camp de Janowska, antichambre du camp d’extermination de Belzec où furent assassinés un demi million de Juifs de Galicie et des Juifs déportés d’autres pays occupés par les nazis.

Persistance de l’antisémitisme là où ne restent pourtant que très peu de Juifs

Après sa libération l’Ukraine fit alors partie de l’Union Soviétique. Des Juifs venus d’autres Républiques se sont alors installés à Lwow. Ils ne sont plus aujourd’hui qu’environ 3.000 et c’est une population vieillissante car nombre de jeunes Juifs ont quitté ou quittent le pays. Devenue indépendante en 1991, l’Ukraine est un pays pauvre qui offre peu de perspectives d’avenir....

Aujourd’hui des luttes continuent entre, cette fois, Ukrainiens et Russes, entre « nationalistes » ukrainiens, version extrême, et Ukrainiens de souche ou pas, soucieux du quotidien, ou nostalgiques de l’Union Soviétique, ou ceux qui, simplement, veulent rendre hommage à ceux qui ont libéré le pays du nazisme, sans pour autant être communistes. Toutes les nuances possibles existent. De plus, les clivages et la collaboration des années de guerre n’ont pas été oubliés.

Le 9 mai, Jour de la Victoire contre le nazisme, jour férié en Ukraine, est célébré par des manifestations festives, avec concerts publics gratuits, feu d’artifices ou défilés folkloriques en l’honneur de cette nouvelle République. Mais il y a aussi des défilés d’anciens combattants et la fête prend alors une coloration que certains considèrent comme discutable. Après des débats houleux le Parlement ukrainien a voté une loi autorisant qu’avec le drapeau bleu et jaune de l’Ukraine soient arborés également des drapeaux rouges de l’armée Rouge, ce jour-là, en souvenir de ceux qui se sont battus pour libérer ces contrées du nazisme. Ce que la ville de Lviv a refusé catégoriquement, n’autorisant ni défilés d’ancien combattants ni drapeaux rouges.

Or, il y eut des drapeaux rouges, des anciens combattants ont voulu commémorer la victoire sur le nazisme et se rendre sur les tombes de soldats le l’Armée Rouge tombés lors des combats contre les nazis. Et des « nationalistes » ukrainiens, se réclamant du nazi ukrainien Stefan Bandera, curieusement nommé héros national par l’ancien Président Viktor Ioutchtchenko ont provoqué des émeutes violentes, piétinant des drapeaux rouges, qu’ils auraient acheté pour ce faire, tirant des balles en caoutchouc – il y a eu des blessés -, caillaissant leurs adversaires et se battant à coups de poings et de bouteilles, y compris contre la police qui a, elle, utilisé des grenades lacrymogènes... Et il y a eu des arrestations. Pour faire bonne mesure on a entendu aussi des slogans antisémites, les Juifs continuant à être les boucs émissaires traditionnels...Constat d’un des témoins de ces échauffourées : « ces voyous sont les descendants de ceux qui ont tué des Juifs dans les rues de Lwow en 1941...ils réclament un second Holocauste.... »

Il faut souligner que c’est en Ukraine occidentale qu’existe ce type de courant fasciste et antisémite qui n’existe pas ou que très peu en Ukraine orientale où l’antisémitisme se fait rare. On peut noter aussi que ce type de désordres risque fort d’entacher l’image de Lviv qui doit recevoir des équipes de football pour l’Euro 2012....



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