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Un otage en Irak, enlevé puis libéré, raconte

Mohammed Raad : " [Les ravisseurs] m’ont conduit dans une pièce puant le sang - il y avait du sang séché par terre. Un homme masqué tenait une pierre affûtée et un couteau, et aiguisait le couteau avec la pierre.


Journaliste :
Qu’entendez-vous par ’couteau’ ?


Mohammed Raad :
Un couteau d’abattage de boucher. A ce stade, je me suis dit : ça y est, on va m’abattre, telle est ma fin : être abattu. Je ne pensais à rien d’autre. [Je me disais] : Ca y est. Je préférerais que vous me tuiez tout de suite : le plus tôt sera le mieux. Laissez-moi simplement reposer [en paix]. Le porteur de couteau m’a jeté un drôle de regard. Le commandant est entré. Ils appellent ’commandant’ celui qui autorise l’exécution. Il m’a fait sortir et m’a dit…


Journaliste :
Etait-il aussi masqué ?


Mohammed Raad :
Non, celui qui est entré ensuite n’était pas masqué.

Journaliste : C’était un Irakien ?


Mohammed Raad :
Oui. Il m’a fait sortir et m’a dit : ’Il y a quelque chose que nous voulons te montrer maintenant, et qui servira de leçon à tous les Libanais, et en particulier à ceux qui collaborent avec l’armée américaine. Tu vas voir quelque chose d’horrible, mais tu pourras le supporter. Nous, on est habitué ; mais toi, tu n’as peut-être jamais rien vu de pareil’. Deux voitures sont arrivées. L’[otage] égyptien se trouvait dans le coffre, en sous-vêtements. Tout son corps était bleu de coups. Nous sommes entrés. Ils m’ont dit : ’Tiens-toi debout derrière le cameraman et ne dis rien.’ Ils ont placé un garde à côté de moi pour que je ne m’enfuie pas par la porte. Ils m’ont obligé à regarder. Ils ont vêtu l’Egyptien d’une robe et l’ont forcé à s’agenouiller par terre.


Le journaliste :
Avez-vous crié, pleuré, appelé au secours ?


Mohammed Raad :
Non, non. Ils l’ont fait s’agenouiller et m’ont raconté son histoire. Le commandant me l’a racontée. Il m’a dit : ’C’est la deuxième fois que nous l’attrapons. La première fois, il lançait des disques [à guidage laser] sur les habitations des moudjahidine à Falloudjah. Nous l’avons attrapé et il s’est repenti. Nous lui avons pardonné, l’avons aidé et lui avons rendu sa liberté. Peu de temps après, nous recevions une information établissant que cet homme se trouvait à Falloudjah, utilisait les mêmes disques, kidnappait de jeunes Irakiennes et les amenait aux militaires américains pour les amuser.’ Il m’a demandé : ’Alors, je n’ai pas le droit de le tuer ?’ J’ai hoché la tête.


Journaliste :
Vous lui avez dit qu’il pouvait le tuer ?


Mohammed Raad :
J’ai hoché la tête, simplement pour qu’il en finisse. Si vous voulez le tuer, tuez-le. Si vous voulez me tuer, tuez-moi. Je veux juste en finir avec ça. Il était agenouillé par terre. Ils lui ont attaché les mains derrière le dos et l’ont sommé de donner les informations suivantes :’Identifie-toi ; dis d’où tu viens, de quelle région ; donne ton adresse exacte et raconte ce que tu fais en Irak.’ L’Egyptien a parlé - il a donné son adresse et son nom. Il a voulu prononcer la déclaration islamique de foi [shahada], mais le ’boucher’ qui se trouvait derrière lui… Ils appellent ’boucher’ le gars qui se tient derrière et qui s’occupe des exécutions… Il lui a sorti la langue et en a coupé un bout. Il a dit : ’La shahada ne doit pas sortir de ta bouche, parce que tu la souillerais.’ Ils lui ont mis des morceaux de coton dans la bouche. Le ’boucher’ a lu une déclaration qu’il tenait dans la main ; quand il a terminé de lire, il a allongé [le prisonnier] par terre. Quelqu’un lui tenait les pieds, et il l’a décapité, l’a abattu. Il l’a abattu avec facilité, de sang froid, comme s’il s’agissait d’un oiseau. Je ne pouvais plus supporter la vue et l’odeur [de la scène] : je suis tombé par terre. Ils m’ont fait sortir, m’ont aspergé d’eau, m’ont fait boire du thé et m’ont tendu une cigarette. J’ai dit au commandant : ’Si je dois terminer comme lui, finissez-en avec moi maintenant parce que je n’en peux plus.’ "



[1] <mhtml:mid ://00000023/#_ednref1> Al-Arabiya TV (Emirats arabes unis), le 10 octobre 2004

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