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L’Administration Obama se rend compte, mais un peu tard, que les Frères Musulmans sont aussi les relais du Hamas, Hezbollah et de l’Iran.

Par Marc Brzustowski pour © 2011 lessakele et © 2011 aschkel.info

L’Amérique aurait ainsi fait son choix, préférant la stabilité régionale à la promotion de la démocratie, des ententes partielles ou une « paix froide » à des conflits permanents et vite ingérables, parce que dupliqués à l’infini.

Ne voulant pas céder à la panique, il s’agit de graduer du vert pâle au vert foncé, en éludant la question du recours à la ruse (ou Taqqyia) en vue de bénéfices ultérieurs plus grands. C’est ainsi qu’il faut comprendre les remarques de Clapper, le n° 2 du renseignement américain, prenant al Qaeda pour critère ultime, tandis qu’il accorde aux Frères Musulmans, également confrérie internationale, des motivations « laïques » et nationalistes, qu’on serait bien en peine de leur trouver, sauf à considérer que le mouvement est bien né en Egypte au siècle dernier.

Le répit que s’accorde l’administration permet de conclure provisoirement ces études par le constat d’une diversité des positions et sources de pouvoir au sein de ces mouvances : certaines seraient gérées à « la turque », à « l’égyptienne », à la « tunisienne » ou à la « jordanienne », etc. Finalement, partout, la question nationale ou culturelle propre au pays reprendrait le dessus, tout en se teintant d’un substrat islamique avec lequel, ma foi, et depuis le fameux discours d’Obama au Caire de 2009, nous devrions nous résigner à vivre.

Ayant posé ce postulat de l’islam comme fait socioculturel compatible, voire fongible dans le système pluraliste et démocratique, l’Amérique cesse, de facto, de se faire championne des valeurs du monde libre, pour valoriser une sorte de « modèle de coexistence à la turque ». l’Egypte et la Tunisie postrévolutionnaires en seraient les premiers laboratoires.

Il subsisterait une forme de contrôle militaire garant des institutions en développement, pendant que les Islamistes réputés « les plus modérés » seraient libres de prendre le pouvoir et de passer des lois limitant l’exercice de ces mêmes libertés démocratiques. Aux frontières, la dissuasion mutuelle, avec un léger avantage technologique à Israël, ferait le reste pour qu’on évite de se déclarer la guerre. Et tout irait pour le moins mal possible dans la plus lancinante des guerres de religion, dont l’occurrence, tenant de l’apocalypse, la rendrait à tout jamais indésirable…

Là où ce modèle se complique, c’est lorsqu’on entre l’Iran et la problématique cohabitation avec Israël dans la base de données...

Depuis le 1er mars, Hillary Clinton a commencé de stigmatiser l’ingérence des affidées de l’Iran, comme le Hezbollah et le Hamas, aussi bien dans les pays du Golfe, Yémen et Bahreïn, qu’en Egypte.

Selon Debkafile , Barack Obama a dû dépêcher d’urgence Robert Gates au Caire pour tenter de voir, avec le Conseil Militaire, comment reprendre les choses en main : les insurgés anti-occidentaux se sont, en effet, emparés de plusieurs centres du renseignement, dont celui d’Alexandrie. Gates est de ceux-là mêmes qui développaient le discours dénégateur de l’absence de toute manipulation iranienne dans les affaires des différents états arabes en proie aux troubles.

Vendredi soir, des milliers de manifestants ont pris le contrôle des quartiers généraux de la police chargée de la sécurité intérieure en Egypte (Mahabis Namn El Dawla, sorte de DST à l’égyptienne), à Alexandrie, au Caire et dans 6 autres villes, interrompant toutes ses activités sur le territoire.
Durant les dernières heures, la Junte militaire a perdu la maîtrise des évènements, pendant que des éléments anti-occidentaux, dynamisés par l’aide iranienne, renforçaient leur mainmise sur le mouvement de protestation.

La plupart des informations, hier confidentielles et réservées au seul Ministre du Renseignement, Omar Souleimane, leur est, désormais accessible.

Il semble bien qu’en favorisant l’émergence de ce contre-pouvoir au régime de Moubarak, les agences de renseignement américaines aient gravement failli à leur mission : elles n’ont pu réellement identifier ni les dirigeants de l’ombre de ce mouvement, ni leurs commanditaires étrangers, reliés à Téhéran.

Ainsi a-t-on entretenu le public dans l’illusion d’une sorte de coup d’état militaire en douceur, déposant l’ancien tyran pour favoriser le pluralisme dans le pays. A l’heure qu’il est, on est plus près d’un coup de poker islamiste, alimenté par les subsides tirés des pétrodollars iraniens, que de toute transition rêvée par l’Amérique du crédule Barak Obama.

Des sources du renseignement constatent que de vastes sommes d’argent iranien ont ainsi rejoint les poches des Frères Musulmans égyptiens. Au fur et à mesure, ceux-ci radicalisent leurs messages et mots d’ordre hostiles à la Junte, à l’Amérique et à Israël, face à des foules prêtes à les suivre sans broncher.

A l’intérieur même des cercles militaires, on est en droit de se demander si une jeune génération d’officiers n’est pas en train de remplacer progressivement les vétérans, minés par leur compromission avec l’ancien dictateur. De son côté, le Hamas palestinien est chargé d’acheminer cet argent frais iranien vers ses homologues Frères Musulmans, afin que le mouvement se poursuive indéfiniment.

L’objectif est de rendre la frontière avec Gaza totalement perméable, offrant au Hamas et à ses commanditaires la profondeur stratégique du Sinaï, du Canal de Suez désormais ouvert, et la liaison avec le commandement militaire du Hezbollah à Beyrouth.

C’est en ce sens qu’on peut, d’ores et déjà, interpréter les procès lancés contre la corruption de Moubarak, qui ont surtout eu pour premier effet de suspendre la fourniture de gaz à Israël et à la Jordanie, après un premier attentat contre le gazoduc, le 5 février.

En Arabie Saoudite, suite aux menaces des parlementaires iraniens contre le Royaume, les services de sécurité interdisent toute manifestation qui bloquerait l’acheminement de 40% du pétrole mondial, se surajoutant à l’inactivité intermittente des puits libyens, depuis le début de l’insurrection qui s’y déroule.

Sur place, depuis Benghazi, un Conseil national constitué autour de Moustapha Abdeljalil, l’ancien Ministre de la Justice de Kadhafi, est à la recherche de la légitimité internationale. Les combats se déplacent vers l’Ouest où siège Kadhafi à Tripoli, pendant que des massacres se déroulent dans les dernières villes qu’il tient encore, grâce aux renforts de ses mercenaires, comme à Zawyiah. Lorsque la ville natale du tyran, Syrte, tomberait aux mains des rebelles, le compte à rebours avant l’exfiltration de Mouammar Kadhafi pourrait commencé. On en est encore loin, les différentes milices mobiles étant également sujettes à des informations vite contradictoires. Ces manquements flagrants rendent diffcile toute décision de soutien militaire aux insurgés.

Du fait de la sollicitude américano-européenne relative, mais toujours sur la réserve, dont bénéficie cette révolte anti-Kadhafi, et d’une situation de plus en plus volatile autour du Bahrein, d’Oman et du Yémen, ainsi qu’à la frontière égyptienne, une redistribution des cartes est en cours, dont l’issue demeure incertaine : certains états à fortes minorités chi’ites pourraient être sous la menace de tomber sous le contrôle indirect de l’Iran, alors que cette ingérence serait tenue en respect, notamment au Maghreb. Mais que peu nombreux restent les dirigeants arabes prêts à accorder la moindre confiance à Obama, après son lâchage en règle d’Hosni Moubarak...

On comprend alors d’autant mieux la crainte des Palestiniens de Gaza d’assister à un renouvellement des éliminations ciblées israéliennes de plusieurs des organisateurs des trafics d’argent et d’armes avec les partis islamistes égyptiens, encore fréquentables hier, selon les définitions américaines, parfaitement inappropriées, si l’on veut imaginer un avenir viable pour cette région d’instabilité prolongée.



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