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Retour vers le passé (suite)

Par Guy Millière © Metula News Agency

Retrouver la France, ensuite, comme j’ai dû le faire, a réellement constitué pour moi une épreuve ; une épreuve qui m’a peut-être permis de saisir ce que ressentaient les athlètes et les artistes d’Europe Centrale et de Russie, du temps de Brejnev, lorsque après avoir goûté à la liberté occidentale, le temps d’une représentation ou d’une compétition, ils devaient rentrer dans un système contrôlé.

Le retour en France a eu, pour moi, des allures d’un retour au delà d’un nouveau « rideau de fer ». Incontestablement.

D’un seul coup, je n’ai plus vu le moindre écho favorable ou encourageant concernant l’évolution des choses en Irak, mais seulement les nouvelles les plus effroyables et les plus déprimantes. Les terroristes se sont retrouvés affublés de la qualité de « résistants ». La coalition menée par les Etats-Unis est passée, en quelques heures d’avion à peine, du statut de « libérateurs » à celui d’ « occupants » sadiques. Les criminels palestiniens, agissant à quelques centaines de kilomètres de là contre Israël, sont redevenus, tout aussi brutalement, de simples « activistes » (où des « activistes armés », selon le nouveau néologisme anti-philologique imposé par l’AFP pendant que Millière reprenait des forces en Amérique, Ndlr.).

On a beau savoir ce qu’est devenue la France, cela fait encore un choc, tout de même.

Je conseillerais à ceux qui vivent en France, espace de désinformation généralisé, et qui sont appelés à séjourner quelque temps en terres d’information libre, de prendre quelques précautions : Ne vous exposez aux informations libres ET CONTRADICTOIRES que graduellement et sans excès, gardez toujours contact avec la réalité revisitée pratiquée dans votre pays, par l’intermédiaire du téléphone ou du Net, vous supporterez mieux l’aller-retour, et réduirez les risques de commotion cérébrale.

Lors de mon séjour aux Etats-Unis, j’ai fait des milliers de kilomètres, de la Californie à la Floride, du Texas à la Pennsylvanie, comme je vous l’ai déjà rapporté. J’ai pu redécouvrir la diversité et en même temps l’unité d’un peuple que j’aime. J’ai pu percevoir, physiquement et intellectuellement, à nouveau, l’immense différence qui s’est creusée entre l’Amérique des villes universitaires et l’Amérique du peuple, celle qu’on appelle souvent l’Amérique profonde. J’ai pu discerner, une fois de plus, pourquoi si, lors de la prochaine présidentielle, la première votera Kerry, la seconde votera massivement Bush. Et j’ai pu re-vérifier, de façon très concrète, ce qui a engendré le cœur de mon nouveau livre, paru le 9 septembre en France : « Pourquoi Bush sera réélu » (Editions Michalon).

Je me permets de conseiller humblement mon livre aux pro-Bush autant qu’aux anti-Bush ; le 2 novembre au soir, il sera utile aux uns comme aux autres. Les premiers le liront alors dans l’allégresse, les seconds dans la tristesse, à la recherche des explications dont ils auront besoin pour comprendre les choix de l’Amérique.

Bush sera réélu, non pas parce qu’il incarne l’oligarchie financière et la droite extrême, comme on le dit en Europe ; il sera réélu, non pas parce qu’il utilise la peur, comme on le dit aussi en Europe. Non : Il sera réélu, parce qu’il reçoit l’adhésion de l’Amérique profonde, celle des petites gens, celle où les valeurs éthiques fondatrices de l’Amérique subsistent vraiment. Et parce qu’il est devenu lui-même un membre de cette Amérique profonde, lorsqu’il a tourné le dos à toutes les aristocraties snobes de Nouvelle Angleterre. Si vous doutez de son appartenance à l’Amérique profonde, désormais, demandez leur avis aux habitants de Crawford, Texas, 123 habitants, en vous recommandant de moi : Je les connais presque tous par leur prénom.

Bush sera réélu, parce que les Américains savent qu’ils sont en guerre contre le terrorisme islamique et qu’en situation de guerre, il faut un commandant en chef volontaire, doté d’idées claires et déterminé, et parce qu’ils savent que Bush est ce commandant-là. Il sera réélu, parce que l’économie américaine, dans ce contexte de guerre, se porte bien et crée de la croissance et des emplois et parce que, aussi, le parti démocrate est agité par une crise profonde. Une crise qui fait transparaître au grand jour son inconstance et son irresponsabilité ; la défaite sera salutaire pour les démocrates et les conduira à repenser leurs positionnements et à refaire leurs analyses.

Kerry, qui n’a passé que quatre mois au Vietnam et qui a tenté de bâtir sa campagne autour de ce bref séjour, en escamotant ses discours ultra pacifistes de 1971, avait insuffisamment réfléchi avant de se lancer dans la course à la magistrature suprême, c’est de plus en plus visible. Bush, voici trente ans, n’avait guère fait ses preuves, je l’admets volontiers, mais il s’est très largement rattrapé depuis, comme chacun a l’occasion de s’en persuader, de l’autre côté de l’Atlantique.

Les années qui nous mènent à 2008 seront passionnantes : Elles verront, je l’affirme, car j’ai suffisamment rencontré de décideurs à Washington pour l’affirmer, une Administration Bush II assurer enfin la paix en Israël, libérer le Liban et la Syrie, stabiliser l’Irak et faire vraisemblablement davantage encore.

Les Israéliens, en leur grande majorité, comprendront alors, si ce n’était déjà fait, les enjeux de la réélection de Bush et ils se prépareront à ce que la victoire qu’ils ont déjà remporté face à la seconde Intifada, en construisant envers et contre tout le mur de protection, en mettant les auteurs d’attentats suicide quasiment tous hors d’état de nuire et en marginalisant Arafat, devienne une victoire plus complète encore. Imaginez un Proche-Orient sans terroristes palestiniens capables de tuer, sans dictateurs, sans criminels contre l’humanité, avec, pour ceux qui veulent vivre libres et en paix, une protection meilleure encore que celle qui existe aujourd’hui, et dites vous que c’est possible.

Les Français continueront à trembler, à désespérer, à s’aigrir et à faire les carpettes. Leur gouvernement a fait le mauvais choix en décidant de s’obstiner à sauver le régime de Saddam Hussein, qu’il n’a, de toutes façons, pas sauvé. Leur gouvernement a fait le mauvais choix, aussi, en misant jusqu’au bout sur Yasser Arafat : Arafat est un criminel qui a perdu la main, un has been sordide et la France devra l’admettre tôt ou tard.

La France, cela s’est passé au moment de mon retour au pays, a vu deux de ses journalistes pris en otage en Irak ; elle qui pensait se voir épargner ce genre d’épreuves, vus ses bons et loyaux services obséquieux au service de l’islam militant et criminel.

Elle a dû finir par comprendre, que face aux plus fanatiques, être un demi paillasson ne suffit pas : Les fanatiques veulent tout et ne récompensent même pas obligatoirement celui qui lèche la boue sur leurs bottes. Ne pas mener la guerre à l’islam radical n’épargne à celui qui s’y essaie, ni le déshonneur, ni la guerre.

La France a dû se courber servilement devant le Hezbollah libanais, devant le Djihad Islamique, devant le Hamas, devant les salafistes actifs en Irak. Elle a, par la voix de Michel Barnier, bêlé sur Al Djazeera. Elle n’y a rien gagné.

Elle ne gagnera par ces contritions pitoyables, rien sinon d’étaler ses incohérences à la lumière du jour. Peut-être, la France aura-t-elle brutalement à gérer, dans l’urgence, une radicale remise en cause de sa politique inepte, cynique, myope ; celle, précisément, qui l’a menée au fond de l’impasse.



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