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Le Président de la République et le Président du Crif lors du dîner annuel de 2011 : convergences et divergences

Hélène Keller-Lind

Première partie : Le Président de la République

Les racines juives de la France, une présence, parfois déchirée


Le Président de la République a parlé d’une «  communauté de destin » pour tous les Français, avec depuis 2.000 ans des « racines juives de la France » se mêlant à ses « racines chrétiennes. » Une présence « tâchée, déchirée, par la haine et les persécutions.... » Il a évoqué « la France de Salomon de Troie, le rabbin Rachi,...la France de l’Abbé Grégoire..., c’est la France de Zola, c’est la France des Camondo, cette lignée qui s’est éteinte pour avoir versé son sang pour la France..., c’est la France de Proust, c’est la France des Justes..., cette France de Blum, de Mendel, de Cassin, de Mendès, sans doute de Robert Badinter et de l’abolition de la peine de mort, la France de Simone Veil et de la liberté des femmes à disposer d’elles-mêmes, cette France-là est notre bien commun, quelle que soit notre confession ou nos origines... » Le nom de Simone Veil, présente dans la salle avec nombre de personnalités, a été applaudi, comme l’a été celui de Nicole Guedj à qui Nicolas Sarkozy rendait hommage pour « le magnifique travail » de la Fondation France-Israël qu’elle préside, notamment pour les voyages qu’elle organise avec Yad Vashem pour que les petits-enfants de Justes puissent se rendre à ce mémorial à Jérusalem.

Il en va de la responsabilité de tous de ne pas importer le conflit israélo-palestinien

Quant au conflit israélo-palestinien « à des milliers de kilomètres, » pour le Chef de l’État, il ne saurait être question qu’il « ait un impact sur les relations que les Français entretiennent entre eux. » Ce qui nécessite une «  pédagogie  », d’où « le rôle essentiel de l’école  » et ce qui engage «  la responsabilité de chacun et de tous. » A ce propos il évoquait Ilan Halimi, le « calvaire dément » qui lui avait été infligé par « des criminels extrêmement lâches, » se félicitant des décisions prises en appel à leur encontre. Rappelant qu’il était ministre de l’Intérieur lors de cet enlèvement, il confiait que cela était pour lui « un douloureux souvenir » car, en dépit de tous les efforts, Ilan Halimi n’avait été retrouvé que quelques minutes avant sa mort..

Nicolas Sarkozy très impliqué dans la lutte contre les actes antisémites en France

Condamnant « les attaques contre la communauté musulmane, » et « les violences contre la communauté juive, » le Président évoquait « les vitrines brisées lors de la Nuit de Cristal, » ajoutant : « comment ne pas penser à ce qui a suivi  ? » Et il rappelait que lorsqu’il était arrivé au ministère de l’Intérieur, on lui avait dit que « une synagogue brûlée, c’était un acte de vandalisme. » Il n’avait alors « pas accepté cette banalisation qui était une complicité. »

Quant au recul du nombre d’attaques antisémites constaté cette année, le Président rappelait qu’une « nouvelle convention a été signée pour la protection des synagogues et que cela n’y est peut-être pas étranger . »

La Shoah

Par ailleurs, il se disait fier de la manière dont France Télévisions a consacré des programmes permettant de « voir l’horreur de la Shoah par balles » et son million et demie de victimes. Il annonçait qu’en mars prochain France Télévisons « rediffusera ’Shoah’ de Claude Lanzmann, dans sa version intégrale. » Claude Lanzmann était également présent ce soir-là.

L’Iran

Le Président de la République réaffirmait sa détermination à « ne jamais accepter un Iran qui menace de rayer Israël de la carte, » soulignant que « le monde ne peut accepter un Ira nucléaire. »

Guilad Shalit : la France ne l’abandonnera pas à son sort

C’est avec conviction et émotion que le Président de la République parlait de : « notre compatriote Guilad Shalit, » rappelant qu’en ce qui le concerne : «  si on touche à Guilad Shalit, on touche à la France. » Il précisait : « il vit aujourd’hui son 1690ème jour de captivité et d’isolement à Gaza. Je l’ai dit à ses parents Noam et Aviva, jamais nous n’abandonnerons leur fils à son sort. Un sort que rien, je dis bien rien, ne saurait justifier ! Rien.

Tunisie, Égypte, un printemps des peuples arabes. Mais la vigilance reste de mise


Pour Nicolas Sarkozy, les événements se déroulant en Tunisie et en Égypte « ont une dimension sans doute historique, » et il y voit «  le début d’un printemps des peuples » arabes. Il soulignait qu’il a été significatif que lors des manifestations « l’on n’entende pas crier à bas l’Occident, à bas les États-Unis, à bas Israël... et que l’on n’ait pas prôné le retour à un âge d’or islamique mythifié..Et ces manifestants ne se sont attaqués à aucune minorité . » Mais il ajoutait : « je me garderai bien de conclure trop vite...qui peut exclure des dérives brutales ou totalitaires... »

« Notre devoir, » dit-il, est « d’accompagner ces mouvements, ce qui ne veut pas dire nous ingérer ».

Israël

Nicolas Sarkozy réaffirmait l’attachement de la France à la paix et la sécurité et à l’existence d’Israël aux côtés d’un État palestinien. Il citait des mots qu’il avait prononcés devant la Knesset il y a trois ans ou le prophète Isaïe, parlant d’un avenir commun radieux à Jérusalem. Soulignant « ce qu’a accompli Israël, » le Président, pressentait un même progrès dans la région. Un avenir auquel tout le monde ne peut que souscrire.

Et il conseillait à l’État hébreu de reprendre des négociations, seule manière de parvenir à la paix. Il faut noter à ce propos que c’est justement ce que dit Benyamin Netanyahou et ne pas oublier que Mahmoud Abbas s’y refuse. Toutefois, dans la bouche du Président, ce conseil, cette injonction, laissaient entendre que si ces négociations sont au point mort, cela est aussi, voire surtout, de la responsabilité du gouvernement israélien.

Par ailleurs, il estimait que le conflit israélo-palestinien est «  le terreau du terrorisme, » menaçant en cela toutes les démocraties. Une analyse qui ne tient pas compte des réalités comme celles d’Al-Quaida, du Pakistan ou de l’Irak...

Enfin, se prononçant pour « la reprise des discussions entre Israël et la Syrie, il préconisait « et quelle transformation stratégique pour Israël si une normalisation accompagnait une restitution du Golan  ! Elle conduirait à un changement radical de la situation des mouvements qui chaque jour, depuis le Liban ou depuis Gaza, menacent Israël ! » Ce qui en laissa plus d’un dans l’assistance sans voix...

http://www.elysee.fr/president/medi...

Deuxième Partie : le Président du Crif

C’est devant un millier de personnes dont un très grand nombre de personnalités, ministres, anciens ministres, maires, préfets, sénateurs, députés, procureurs, juges, grands rabbins, rabbins, représentants chrétiens ou musulmans, présidents de diverses associations, représentants de divers partis politiques, que se sont exprimés le Président de la République et le Président du Crif.
Dans un discours souvent interrompu par des applaudissements, ce dernier, s’est livré à un tour d’horizon à la fois très complet et passionné que l’on peut retrouver sur le site du Crif

http://www.crif.org/index.php?page=...

Démocratie et rejet du populisme

Il évoquait d’emblée « le lien des Juifs aux démocraties [qui ] est profond » et un rejet du populisme et donc du Front National qui « fait toujours du rejet de l’autre le filigrane de son discours. » Or, « la lutte contre le racisme est notre lutte, » rappelait Richard Prasquier.

Actes antisémites : un socle structurel demeure

A propos de « l’évidente diminution » des actes antisémites, étant donné que 446 ont été recensés pour 2010, il soulignait que « ils restent trop nombreux si on les compare à la situation d’avant 2000. On bute sur un socle structurel où l’action ferme de la police et celle de la justice ne suffisent pas.  » Le Président du Crif demandait donc « une nouvelle impulsion pour un comité interministériel regroupant l’ensemble des services et des associations concernées dans la lutte contre le racisme et l’antisémitisme.  »

Israël, le Juif des nations

Donnant divers exemples, il montrait que « Israël est devenu le Juif des nations...un pays bouc émissaire...voilà une obsession qui mériterait que l’on s’en indigne. » « Israël seul État démocratique de la région..le seul État au monde publiquement menacé dans son existence, »... dont on donne « une image injuste... » Il ajoutait : « les Juifs sont un peuple. Israël est le seul pays au monde où les Juifs sont et devront rester majoritaires...c’est l’État du peuple juif mais c’est aussi un État où tous ont des droits égaux et la liberté d’expression absolue.  » Donnant toujours des exemples, il affirmait : « appliqué à Israël, le mot apartheid est obscène. »

Les révolutions dans les pays arabes

A propos de « la révolution sans précédent qui soulève divers pays arabes, » il exprimait à la fois admiration et vigilance.

Éloge du doute

Faisant l’éloge du doute, notant que « le grand rabbin de France a rappelé que la tradition talmudique accorde au doute une valeur quasi spirituelle, » il déplorait que « le doute ait mauvaise presse aujourd’hui, » s’interrogeant : « est-ce pour cela que les idéologies de certitudes font tant d’adeptes ? » Or, « en matière religieuse la certitude est mortifère quand elle justifie la violence. » Évoquant «  l’extrémisme islamiste [qui] a beaucoup tué, mais pas autant qu’il le voudrait, » il rendait hommage « aux hommes qui dans l’ombre nous protègent » et les en remerciait.

Au chapitre des certitudes, il rangeait aussi « l’idéologie des bons sentiments...il y a les bons et les méchants, ceux qu’il faut soutenir et ceux qu’il faut combattre. »



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