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Mensonges, manipulations, armement illégal des fauteurs de guerre, refus de paix sont la réalité du Proche-Orient

Hélène Keller-Lind

Une guerre cet été ?

Le 22 avril au soir Benyamin Netanyahou accordait une longue interview à la Deuxième Chaîne de télévision israélienne et répondait sans langue de bois aucune à des questions sans concession du journaliste Yonit Levy. En préambule celui-ci évoquait l’avertissement du roi Jordanie qui redoute une guerre cet été s’il n’y a pas progrès dans le processus de paix, une opinion partagée par des membres des forces de sécurité israéliennes.

Rappelant tous ses gestes en faveur de la paix faits depuis le premier jour de sa présidence – « contacts avec Abu Mazen, démantèlement des barrages et de centaines de checkpoints, gel [ des constructions en Judée Samarie ] » - Benyamin Netanyaou réaffirme : « notre désir est d’abord et avant tout de faire progresser le processus politique...nous ne voulons pas la guerre, nous ne recherchons pas la guerre. » Et il redira : «  la paix ne dépend pas que de notre volonté mais aussi de la volonté de nos voisins. On ne peut pas faire la paix avec ceux qui ne veulent pas faire la paix. Mais ceux qui veulent la paix trouveront en moi et en tous les citoyens israéliens d’inébranlables partenaires de paix.  »

Manipulations iraniennes et violation de la résolution 1701

Par ailleurs, regrette-t-il, « nous constatons une ingérence iranienne directe et indirecte par le biais du Hezbollah. Avec cette ingérence l’Iran tente de convaincre la Syrie qu’Israël est sur le point de l’attaquer. C’est un mensonge. Nous pourrons toujours nous défendre, nous savons comment nous défendre, nous sommes prêts à nous défendre ; mais ça, c’est un mensonge. Si l’on répète un mensonge assez souvent, même les gens et les dirigeants bien commencent à le répéter aussi, à tort. Israël veut la paix. Israël ne veut pas la guerre. »

Sans entrer dans les détails il confirme que « incontestablement des armes pour le Hezbollah passent sans arrêt la frontière entre la Syrie et le Liban en provenance de l’Iran et de la Syrie. Ce qui est une violation flagrante de la Résolution 1701 du Conseil de Sécurité. Et malheureusement cela se poursuit. »

Le Premier ministre, sans vouloir entrer dans des détails, déclare que « les États-Unis critiquent vivement le transfert de telles armes [ le journaliste vient de mentionner des Scuds et autres missiles de longue portée ], » et « espère que la Syrie comprend que c’est inacceptable. »

Israël ne défie personne mais doit assurer ses intérêts vitaux

« Loin de vouloir défier qui que ce soit, » Israël « doit assurer ses intérêts vitaux et le fait, » même s’il « y a des désaccords dont on parle pour certains mais qui sont déformés pour d’autres ou grossièrement exagérés, » précise-t-il. Niant par ailleurs que le Président des États-Unis lui « soit hostile ou l’ait humilié » lors de leur dernière rencontre comme cela a été rapporté. « Il y a eu des exagérations extravagantes, » dit-il, précisant qu’il a dit à Barack Obama : « je peux avancer avec vous sur ce point, je le veux et y suis prêt, » mais « il y a des choses que je peux faire et d’autres que je ne peux pas faire. »


La politique concernant Jérusalem ne changera pas

« Les choses sont claires depuis notre première rencontre, » souligne le Premier ministre, « et ont été redites un nombre incalculable de fois, y compris lors de mon discours devant l’AIPAC ou lors de mon interview avec ABC news ......notre politique concernant Jérusalem ne changera pas. Ce n’est pas uniquement ma politique, cela a été la politique de tous les Premier ministres qui m’ont précédé depuis la Guerre des Six Jours....Il n’y aura aucun gel à Jérusalem, ni maintenant ni plus tard....l’idée de préconditions doit être abandonnée. »

Il dira ensuite : « je reste ferme sur Jérusalem. Au bout du compte, tout le monde sait que ces quartiers seront juifs [ NDLR les quartiers juifs de Jérusalem où il refuse de geler les constructions ]...la question est de savoir s’il y a des préconditions [aux négociations ] ou pas. » Et il ajoutera « j’ai des lignes rouges. Il y a des lignes rouges que je ne franchirai pas. »

Des hauts et des bas mais des liens très fort

Benyamin Netanyahou ne nie pas qu’il y ait avec les États-Unis « des hauts et des bas, » mais « nous avons connu des situations bien plus difficiles....nous avons des liens très forts qui nous aiderons à surmonter ces problèmes et à parvenir à des accords... »

Les Présidents israéliens et américains suivent ce que veulent leurs peuples respectifs

Le journaliste revenant sur ce qu’il considère être un problème entre Barack Obama et Benyamin Netanyahou estime « qu’on personnalise trop des deux côtés » car «  finalement deux démocraties comme Israël et les États-Unis agissent selon des valeurs et des intérêts qu’ils partagent...Et, en fait, nous sommes au service de l’État. Notre population veut un processus de pais, mais veut aussi sauvegarder nos intérêts vitaux : la sécurité, Jérusalem, etc. Le public américain veut soutenir l’État d’Israël et le fait et, au bout du compte, tous les Présidents américains, le Président Obama y compris, reconnaissent et expriment ce soutien fondamental à Israël du peuple américain. »

La question des quartiers arabes de Jérusalem

« Se poser la question des quartiers arabes de Jérusalem est légitime, » estime Benyamin Netanyahou qui ajoute toutefois : « il y a différents points de vue...personne ne se précipite ni ne veut annexer plus de population arabe à Jérusalem mais certains disent : si vous les quittez nous avons déjà vu à quoi cela peut aboutir. Nous avons quitté le Liban et l’Iran s’y est installé ; nous avons quitté Gaza et l’Iran s’y est installé ; et si nous quittons Jérusalem l’Iran peut s’y installer. C’est une inquiétude légitime....elle se posera lors des négociations sur le statut final  »

Obama et l’Iran, une incertitude

Benyamin Netanyahou rappelle qu’il avait averti Barack Obama lors de sa visite en Israël alors qu’il était Sénateur que s’il devenait Président « le programme du nucléaire militaire iranien serait la question la plus importante qu’il aurait à traiter parce que c’est de ce programme que dépendra le sort du monde.... » et qu’il lui faudrait « l’arrêter, essayer de mettre sur pied une coalition pour empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires. »

Toutefois, si le Premier ministre qualifie « d’impressionnante » la détermination dont peut faire preuve Barack Obama il précise que « le Président Obama peut faire preuve de la même détermination concernant l’Iran. S’il le fait, alors, à coup sûr, les États-Unis peuvent stopper le programme nucléaire iranien. »

Des sanctions nécessaires mais pas forcément suffisantes

Pour cela il faut «  avant des mesures militaires ....des sanctions fermes, pas nécessairement dans le cadre du Conseil de Sécurité [NDLR on sait que la Chine et la Russie traînent les pieds à cet égard ] » précisant à nouveau qu’il préconise des sanctions qui seraient efficaces car touchant « des produits pétroliers, du carburant, de l’essence pour les voitures. » Ce qui « pourrait avoir un sérieux impact sur le régime iranien....cela l’arrêtera-t-il ? Ça reste à voir. »

Ces mesures nécessaires ne sont pourtant pas prises, souligne le journaliste qui demande alors si on peut « faire confiance aux États-Unis sous le leadership de Barack Obama ? » Réponse de Benyamin Netanyahou « nous préférons que ce soient les États-Unis qui soient à la tête de ces efforts. » Il ajoute ensuite : «  nous venons de célébrer le 62ème jour de notre indépendance. Que veut dire indépendance pour le peuple juif ? Avant tout avoir notre propre pays et la capacité de nous défendre. Israël se réserve donc toujours son droit à l’auto-défense. »



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