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La guerre d’Hébron n’aura pas lieu

Par Guy Senbel pour Guysen International News

Les terroristes agissent au nom d’Allah, c’est un fait connu, un slogan qui habille tous les discours vengeurs et la plupart des revendications des attentats perpétrés contre des Juifs. D’ailleurs, si l’histoire des relations israélo-arabes depuis la création d’un Etat juif en 1948 est si complexe, c’est parce que politique et religion s’y confondent.

L’adversité se prononce aisément en termes religieux et la construction politique de la Palestine passe par le mythe de la libération d’un territoire occupé par les Juifs, peuple illégitime sur des terres de l’Islam… C’est pourtant bien sur cette terre que le sionisme politique a jeté son dévolu. Depuis la fin du 19ème siècle, reprenant des préceptes religieux du peuple qui a découvert le monothéisme, les théoriciens de l’installation des Juifs en Palestine comme solution politique au problème de l’antisémitisme notamment, considèrent que les Juifs doivent pouvoir retourner sur les terres bibliques, celle de leurs ancêtres et dont ils furent chassés, les obligeant à une dispersion, Diaspora de 2000 ans, tournée sans fin vers Jérusalem.

Ville de Paix, c’est son sens étymologique, Jérusalem est au cœur de tous les chants juifs, laïcs et religieux, admis comme l’origine géographique et spirituelle d’un peuple qui y a vécu l’essentiel de son histoire. Hébron est une autre ville sainte du judaïsme. Elle abrite le caveau des Patriarches, les Pères du judaïsme y reposent, dont Abraham, que les Musulmans considèrent également comme leur Prophète, « Ibrahim ».

Les Israéliens n’ont jamais méprisé cette reconnaissance par l’Islam de l’existence d’un ancêtre commun aux Juifs et aux Musulmans. En 1997, le « Protocole d’Hébron » devait mettre un terme au conflit « théologico-politique »... La ville fut divisée en deux zones : H1, sous contrôle palestinien recouvre l’essentiel d’Hébron, et H2 représente la bordure orientale de la cité (où vivent environ 30 000 Palestiniens) qui comprend la présence d’environ 600 habitants juifs près du centre-ville, sous contrôle israélien. La visite des lieux saints est savamment partagée par les fidèles des deux religions.

Pourtant, cette présence juive est régulièrement l’objet d’attaques violentes et parfois meurtrières, qui méprisent l’attachement symbolique et religieux au caveau des Patriarches. Un caveau qui abrite les tombes des fondateurs du peuple juif, symboles de l’alliance divine, le fondement d’une histoire originelle.

Si certains établissent une improbable corrélation entre la décision du Premier ministre israélien d’inscrire au Patrimoine national le caveau des Patriarches, 26 ans jour pour jour après la fusillade meurtrière perpétrée par le Dr Baruch Goldstein en 1994, tuant 30 Palestiniens à Hébron, trop rares sont ceux qui rappellent aussi que la communauté juive israélienne d’Hébron est l’objet d’attaques nombreuses, depuis les accords d’Oslo, et surtout après la deuxième Intifada, avec son lot d’attaques-suicides, ses attaques à l’arme blanche et les incessants tirs depuis le quartier de Abu-Sneina.

Rappelons que 12 Israéliens furent tués dans une embuscade sur le chemin du Tombeau des Patriarches et qu’un enfant fut tué par un sniper, des dizaines d’autres blessés. Deux observateurs de la présence internationale du TIPH furent aussi tués par des tireurs palestiniens dans une attaque sur une route dans les environs d’Hébron…

Pour certains Benyamin Netanyahou a commis une erreur politique en cédant facilement, et sans contrepartie apparente, à la pression exercée par le Parti Shass, religieux et sépharade, qui demandait l’inscription des deux sites au Patrimoine national israélien. Pour d’autres, il aurait commis une faute diplomatique. A l’heure où le Premier ministre israélien affirme qu’il veut relancer le processus de paix israélo-palestinien, le contexte n’était peut-être pas non plus opportun.

Les Palestiniens redoublent d’efforts dans leur offensive politique et diplomatique contre Israël, et malgré un gel des constructions dans les implantations israéliennes en Judée-Samarie, un effort véritable et politiquement difficile, qui n’aura pas finalement ému grand monde, l’idée que Jérusalem ne fait plus d’effort pour construire la paix fait son chemin médiatique.

Car pour le Hamas, c’est une aubaine politico-médiatique, l’immanquable occasion de faire cause commune avec tous les Palestiniens. L’invention d’une nouvelle cause nationale nuira peut-être encore à l’image d’Israël, mais pas à sa légitimité. La guerre d’Hébron n’aura pas lieu. Que les éditorialistes de tous les pays se rassurent, le gouvernement israélien ne sacrifiera pas la paix sur l’autel des conflits religieux ; d’ailleurs la politique israélienne de préservation des lieux saints profite à toutes les religions, toutes reconnues par Israël.

Même si les enjeux politiques et les conséquences diplomatiques existent ou menacent, et quelles que soient les maladresses apparentes, Netanyahou n’a pas commis de faute historique. En inscrivant au patrimoine national le caveau des Patriarches et le tombeau de Rachel, il a confirmé la ligne politique de ses relations avec les Palestiniens : les reconnaître en tant que peuple et nation, dans leur dimension politico-religieuse, avec la demande que les Palestiniens à leur tour reconnaissent Israël comme un Etat juif. Le caractère juif de l’Etat d’Israël, voilà le problème que pose l’Etat hébreu depuis 1948 à ses voisins arabes. L’inverse n’est pas vrai.

Netanyahou ne lance pas de polémique, il rappelle à tous ceux qui souhaitent s’impliquer dans le processus de paix et faire pression pour qu’un Etat palestinien voit le jour, sans condition, qu’Israël n’est pas encore reconnu comme un Etat juif par ses voisins arabes, ses partenaires pour la paix.

Ce soir, nos pensées vont vers Guilad Shalit, otage du Hamas, soldat de Tsahal et citoyen français, privé de l’amour de ses parents depuis 1342 jours



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