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Enquête et analyse n° 174 - Autorité palestinienne

MEMRI

Un rapport du Groupe palestinien de surveillance des droits de l’Homme fait état de violences dans les régions administrées par l’Autorité palestinienne

En avril 2004, le Groupe palestinien de surveillance des droits de l’Homme , dirigé par Bassem Aïd , a publié un rapport sur l’ « Intrafada » ou le « chaos des armes », expressions utilisées par les Palestiniens pour évoquer la situation qui prévaut dans les régions administrées par l’Autorité palestinienne. Le rapport mentionne le nombre croissant de Palestiniens détenant des armes à feu depuis l’Intifada Al-Aqsa et les conséquences sur la société palestinienne dans son ensemble ainsi que sur la situation politique des régions sous contrôle palestinien. Pour consulter le rapport intégral, cliquer sur http://www.phrmg.org/intrafada.htm. En voici un résumé : (1)

Contexte historique de la détention répandue d’armes à feu dans la société palestinienne

Le rapport passe en revue les causes historiques du recours croissant aux armes et les facteurs de la violence interne à la société palestinienne, évoquant les influences culturelles et religieuses qui divisent la société, ainsi que l’existence de différents courants idéologiques.

Parmi les événements historiques qui ont façonné la société palestinienne, le rapport mentionne la mort de Gamal Abd El-Nasser et sa vision d’une République arabe unie, ainsi que l’incapacité pour les Etats arabes à aider les Palestiniens à récupérer leurs terres. Ces événements ont conduit des groupes palestiniens tels que celui des Fedayin à tenter de régler les choses par eux-mêmes.

Un autre facteur historique de la création d’une grande variété de groupes politiques armés est la présence palestinienne dans les pays arabes. La pensée politique, l’organisation et l’idéologie des différents groupes palestiniens ont subi l’influence du système politique dominant de chacun de ces pays d’accueil. Le socialisme a également joué un rôle en empêchant le développement d’une vision politique proprement palestinienne. C’est ainsi que, notamment après 1967, les groupes palestiniens n’ont pas su mettre au point une politique commune. Chaque groupe incluait divers courants politiques maintenant des forces de combat autonomes et encourageant le recours à différents moyens d’actions, dans des buts tout aussi différents.

Le processus de paix et le nombre croissant de Palestiniens détenant des armes à feu

Le rapport indique que si la première Intifada semble avoir uni les différents groupes palestiniens, des divisions internes sont réapparues avec la poursuite du processus de paix. Pendant les années Oslo, l’introduction d’un grand nombre d’armes dans les villes palestiniennes a conduit à un accroissement des combats entre factions palestiniennes.

La société palestinienne et le cycle de la violence interne

Le rapport établit que réduire le conflit au Moyen-Orient à un conflit purement israélo-palestinien revient à ignorer toutes les nuances de gris, précisant que la tragédie palestinienne du cycle de la violence interne ne peut être imputée exclusivement au conflit israélo-palestinien. Seul un examen des interactions internes à la société palestinienne et une bonne compréhension des désaccords et des affrontements entre les différents courants politiques, clans et factions peuvent donner une image complète de cette société. En effet, au cours de l’Intifada Al-Aqsa, ces divisions ont mené au développement et à l’escalade de ce que l’auteur du rapport appelle « l’Intrafada » ; le rapport indique que de 1993 à 2003, 16% des décès parmi les civils palestiniens sont le fait de groupes et d’individus palestiniens.

L’Autorité palestinienne et la violence interne

Le rapport précise que la possession d’armes par les Palestiniens a fini par être considérée comme légitime et symbolique de la résistance à l’occupation. Mais vu la situation au sein de l’Autorité palestinienne (AP), l’absence de toute autorité légale et l’incapacité à contrôler et réguler le port et l’utilisation d’armes à feu, les individus ont entrepris d’acquérir des armes pour s’auto-défendre, protéger l’honneur de leurs familles, régler des conflits en tous genres. En outre, le rapport affirme qu’en raison des scandales qui n’ont cessé d’affecter l’AP et ont érodé sa légitimité, toute tentative visant à récupérer ces armes, dans le cadre des accords de paix, signerait la fin de l’AP. C’est pourquoi celle-ci refuse catégoriquement d’entreprendre une telle action.

Dans ce contexte, indique le rapport, un état proche de l’anarchie règne dans les villes palestiniennes. L’absence de centralisation du recours à la force, le fait que l’AP soit un quasi-Etat, l’incapacité de l’élite au pouvoir à clairement définir ses objectifs alimentent l’incertitude ambiante, et laissent un vide qui tend à être comblé par d’autres sources de pouvoirs.

Le rapport souligne l’importance de certains facteurs dans l’installation de l’anarchie au sein de l’AP : l’absence d’institutions d’Etat essentielles, d’une définition claire du rôle et du domaine d’action des corps exécutif et judiciaire, les entorses faites au système judiciaire, l’absence de toute tentative visant à définir des règles et des procédures, la confusion entre l’autorité de l’Exécutif et celle des organes judiciaires, le domaine d’action limité du système judiciaire laissent le champ libre aux individus et aux factions pour abuser du pouvoir et s’accaparer la loi.

Un autre facteur important est la multiplication d’organismes de sécurité indépendants dont les responsabilités, mal définies, empiètent les unes sur les autres, ce qui contribue à accroître le trouble et à occasionner des affrontements physiques et verbaux. Ces tensions internes sont parfois même encouragées par des responsables de l’AP qui cherchent à renforcer leurs propres positions en appuyant les milices et les gangs locaux. Le rapport cite un responsable de l’AP selon lequel 90% de l’anarchie des gangs serait le fait des employés de l’AP.

Le rapport indique que ces gangs exploitent l’absence de contiguïté territoriale entre les différents centres de population palestinienne et les restrictions imposées aux résidents dans leur liberté de mouvement, créant la peur, l’anarchie et le chaos dans les villes palestiniennes, comme par exemple à Naplouse.

Le rapport explique l’expression palestinienne « chaos des armes », en référence à la situation dans les régions administrées par l’AP, chaos qui a fortement contribué à la violence de la seconde Intifada eu sein de la société palestinienne. Ont été touchés les citoyens, les membres de clans rivaux, les rivaux en affaires, les femmes, les personnes soupçonnées de collaboration avec Israël, les journalistes, et même des responsables de l’AP.

Shultens, Leonie, L’Intrafada ou le « chaos des armes » : une analyse de la violence palestinienne interne. Avril 2004, Groupe palestinien de surveillance des droits de l’Homme.


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