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2009 : l’année vécue en irresponsable

Par Charles Krauthammer | Washington Post - Adaptation française de Sentinelle 5770

Nous avons perdu une année. Mais pas seulement n’importe quelle année. Ca a été une année d’opportunité spectaculairement gaspillée. En Iran, ça a été une année de révolution, commençant avec une élection contestée et culminant cette semaine avec d’immenses manifestations pleurant la mort du Grand Ayatollah Hossein Ali Montazeri – en exigeant non plus un recomptage de l’élection volée mais le renversement de la dictature cléricale.

Obama a répondu en prenant ses distances de cette renaissance de la liberté. D’abord, un silence scandaleux. Puis, quelques mots réticents. Le contact incessant avec le régime criminel. Avec une offre après l’autre, un geste après l’autre – non pas à l’Iran, mais à la « République Islamique d’Iran », comme Obama a toujours appelé respectueusement ces fascistes cléricaux – les USA ont conféré une légitimité à un régime éperdu de la regagner.

Pourquoi est-ce si important ? Parce que des révolutions réussissent à ce moment singulier, en cette imperceptible inflexion historique, quand le peuple, et en particulier ceux au pouvoir, réalisent que le régime a perdu le mandat du ciel. Avec cette dictature affaiblie, éperdue de s’affirmer, pourquoi les USA ont-ils offert de façon répétée une telle affirmation ?

A part d’ostraciser et de délégitimer ces gangsters, nous devrions encourager et renforcer les manifestants. Cela n’est pas une affaire insignifiante. Quand ils sont poursuivis, battus, arrêtés et emprisonnés, des dissidents peuvent facilement succomber à des sentiments de désespoir et d’isolement. Natan Sharansky témoigne de l’effet électrique que le discours de Ronald Reagan sur ‘l’Empire du Mal’ a eu pour relever les esprits au goulag. La nouvelle était répandue de cellule en cellule par un code tapé sur les murs. Ils savaient qu’ils n’étaient pas seuls, que l’Amérique était engagée pour leur cause.

Pourtant Obama est resté si distant que le ‘Jour de Haine de l’Amérique’ (le 4 novembre, anniversaire de la prise de l’ambassade des USA à Téhéran), des contre-manifestants pro américains ont entonné : « Obama, Obama, tut es soit avec nous ou contre nous » c’est à dire leurs oppresseurs.

Une telle froide indifférence est plus qu’une trahison de nos valeurs. C’est une bourde stratégique de premier ordre.

Oubliez les droits de l’homme. Faites l’hypothèse de ne vous préoccuper que de la question nucléaire. Comment la désamorcer ? Les négociations ne mènent à rien, et quelles que soient les sanctions de l’ONU que nous pourrions obtenir, elles seront faibles, partielles, minces et tardives. Le seul véritable espoir est le changement de régime. Montazeri, largement révéré et soutenu, avait réellement émis une fatwa contre les armes nucléaires.

Et même si un gouvernement suivant devait agir autrement, la menace nucléaire serait hautement atténuée parce que ce n’est pas l’arme mais le régime qui crée le danger. (Pensez à l’Inde ou à la Grande Bretagne, par exemple). Toute prolifération est source de trouble, mais un Téhéran non agressif pro occidental changerait complètement l’équation stratégique et rendrait la menace minimale et gérable.

Que devons-nous faire ? Des pressions de l’extérieur – couper les fournitures de pétrole, par exemple – pour compléter et renforcer la pression de l’intérieur. La pression devra avoir pour but non pas de changer la politique nucléaire du régime actuel – ceci n’arrivera jamais – mais d’aider au changement de régime lui-même.

Donner le type de soutien caché pour assister la communication dissidente et circonvenir la censure comme nous l’avons donnée à Solidarité en Pologne dans les années 1980. (A l’époque, cela signifiait de l’équipement d’émission radio et des machines à photocopier). Mais un soutien rhétorique et diplomatique au plus haut niveau est d’égale importance : une dénonciation à pleine voix de la sauvagerie et des persécutions du régime. En détail – éclairer les cas, à la manière dont les dirigeants occidentaux ont adopté les causes de Sharansky et d’Andrei Sakharov pendant la montée du mouvement dissident qui aida à faire tomber l’Empire Soviétique.

Cette révolution réussira-t-elle ? Les résultats seront longs à venir mais la récompense immense. Ses effets diffusés s’étendront de l’Afghanistan à l’Irak (dans les deux conflits, l’Iran soutient activement les rebelles qui tuent depuis longtemps des Américains et leurs alliés) jusqu’au Liban et à Gaza où les vassaux de l’Iran, le Hezbollah et le Hamas, s’arment pour la guerre.

D’une manière ou d’une autre, l’Iran dominera 2010. Ou bien il y aura une attaque israélienne, ou bien l’Iran parviendra à – ou traversera – le seuil nucléaire. A moins qu’une révolution n’intervienne. C’est pourquoi échouer à ne pas tout faire en notre pouvoir pour soutenir cette révolte populaire est impardonnable.


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