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Du bon sens en Egypte et en Arabie saoudite

Daniel Pipes, Jerusalem Post | Adaptation française de Sentinelle 5770

Certains Egyptiens et Saoudiens soutiennent l’idée d’une frappe israélienne sur les installations nucléaires iraniennes.

(Note technique : les personnes interrogées répondaient en face à face, en Arabe, dans leur propre foyer, selon un questionnaire structuré pendant le mois de novembre, réalisé par une compagnie commerciale locale privée, crédible, disposant de solides références. Marge d’erreur de +/- 3 %).

L’Iran : Dans la guerre froide d’aujourd’hui au Moyen-Orient, la République Islamique d’Iran dirige le bloc révolutionnaire, alors que les gouvernements d’Arabie saoudite et d’Egypte dirigent le bloc de statu quo opposé. Quel est le degré d’inquiétude des populations saoudiennes et égyptiennes face aux préparatifs d’armes nucléaires iraniens ? Pechter Polls a posé deux questions pour MEF : « Dans l’hypothèse où le gouvernement iranien poursuit son programme d’enrichissement nucléaire, soutiendriez-vous une frappe israélienne contre les installations nucléaires iraniennes ? » et « Qu’en serait-il d’une frappe américaine contre les installations nucléaires iraniennes ? »

En Egypte, 17 % soutiennent une frappe israélienne et 25 % une américaine. En Arabie saoudite, les résultats sont respectivement de 25 % et 35 %. Soutenir une frappe israélienne est une forte surprise, alors que pour une frappe américaine, cela se situe en gros à ce à quoi je m’attendais. Ces résultats confirment une synthèse tout juste achevée de données de sondages par David Pollock, de l’Institut de Washington pour la Politique au Proche-Orient, qui a trouvé « des taux de soutien étonnamment élevés – en particulier parmi les Saoudiens – pour une action dure contre le programme nucléaire iranien ».

Ces nombres suggèrent que entre un sixième et un tiers de la population des deux pays les plus importants du statu quo sont d’accord pour une attaque israélienne ou américaine sur l’infrastructure nucléaire iranienne. Bien que ce ne soit pas une minorité négligeable, c’est assez faible pour offrir une pause aux gouvernements égyptien ou saoudien avant de s’associer à une frappe sur l’Iran. En particulier, donner aux forces israéliennes la permission de traverser l’espace aérien saoudien semblerait hors de question.

Israël : MEF a demandé “L’Islam définit les Etats d’Egypte et d’Arabie saoudite ; dans des circonstances légitimes, accepteriez-vous un Etat juif d’Israël ? »

Dans ce cas, 26 % des Egyptiens et 9 % des Saoudiens répondaient par l’affirmative.

Nous avons posé cette question pour quantifier le coeur du conflit arabo-israélien, un conflit qui ne concerne ni la taille d’Israël, ni ses ressources, son armement, sa souveraineté sur des lieux saints ou le nombre de citoyens vivant sur la Rive Occidentale. Plutôt, il concerne l’objectif fondamental du sionisme, la création d’un Etat défini par l’identité juive.

Pour donner un contexte : environ 20 % des Palestiniens depuis les années 1920 ont voulu vivre en harmonie avec Israël dans un Etat. La réponse égyptienne excède légèrement ce niveau, la réponse saoudienne se situe substantiellement en dessous. Ces résultats sont en accord avec la nature plus religieuse de la vie politique en Arabie saoudite par rapport à l’Egypte. Ils confirment que la principale source de l’antisionisme aujourd’hui n’est plus le nationalisme mais l’Islam.

En allant plus à fond dans les résultats de l’enquête, on observe une petite variation démographique (selon l’âge, l’éducation, etc…). Une différence apparaît selon le sexe, les femmes égyptiennes acceptant plus facilement un Etat juif d’Israël que les hommes égyptiens, mais juste à l’inverse en Arabie saoudite, chose peu aisément explicable.

Des différences géographiques en Arabie saoudite sont plus conséquentes. Des résidents de la partie occidentale du pays, plus proche d’Israël, l’acceptent comme Etat juif bien plus facilement que dans les régions centrale et orientale plus éloignées. A l’inverse, des résidents des régions orientale et centrale sont 50 % plus enclins à soutenir une frappe américaine sur l’Iran proche que ceux de la région occidentale plus éloignée.

L’ouest saoudien (Hijaz, Asir) demeure fidèle à son pedigree en tant que partie la plus libérale du pays, alors que l’Est (al-Ahsa) comporte le plus de shi’ites et la plus grande crainte de Téhéran. Ces variations régionales soulignent l’utilité de considérer l’Arabie saoudite non pas comme un tout homogène mais comme un amalgame de régions avec identités historiques différentes, et peut-être de pratiquer une politique tenant compte de ces distinctions.

En résumé, ces résultats de sondage soulignant une base petite mais non insignifiante d’opinions constructives dans des pays largement hostiles à l’Occident et à Israël. Si cette base a peu de perspectives dans le cadre d’une politique directrice proche dans le temps, elle offre un fond de bon sens sur lequel, si on lui prête l’attention convenable, on peut construire pour encourager des améliorations à long terme.


L’auteur est directeur du centre de réflexion ”Middle East Forum” et membre expert invité de l’Institution Hoover à l’Université Stanford en Californie.


http://www.jpost.com /servlet/Satellite ?cid=1261364476530&pagename=JPArticle%2FShowFull



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