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Combien est froide la paix avec l’Egypte

Angelo Pezzana - www.informazionecorretta.it | Adapté par Danielle Elinor Guez

Farouk Hosni, le puissant et inamovible Ministre de la Culture égyptienne, n’a pas réussi à obtenir le siège de Directeur Général de l’Unesco, donc il n’administrera pas la culture internationale et devra se contenter au Caire, du fauteuil plus modeste sur lequel il est assis depuis bientôt 25 ans.Naturellement Hosni a accusé les juifs, en Israël et dans le monde d’avoir comploté contre lui, coupable « seulement » d’avoir déclaré qu’il brûlerait de ses propres mains tout livre trouvé dans une bibliothèque s’il était écrit par un Israélien. Voici un raisonnement qu’il a jugé comme étant le plus approprié évidemment, pour diriger la culture des Nations Unies. Quand la polémique a éclaté, beaucoup se sont demandés comment il était possible qu’une telle politique culturelle soit admise dans un pays qui entretenait des rapports réguliers avec Israël depuis 30 ans.

Après l’assassinat de Sadate les relations entre l’Égypte et Israël ont été marquées par une paix froide, c’est bien connu ; mais étant donné qu’en Italie les connaissances sur le pays de Moubarak se limitent plus ou moins aux Pyramides et aux plages de Sharm el Sheikh, envahies par nos touristes comme si c’était Rimini, il nous semble utile pour avoir une vision d’ensemble du voisin le plus important d’Israël, d’en connaître quelques aspects qui n’appartiennent pas aux scénarii de la politique internationale et restent cachés dans les replis de la politique intérieure. Ils sont pourtant indispensables pour connaître dans quelle situation difficile se trouve l’État juif avec ses voisins. Et là nous retrouvons notre Ministre de la Culture et sa curieuse manière de gérer les relations avec Israël, bien avant les notes et déclarations enflammées. Il faut savoir que jusqu’à aujourd’hui en Égypte il était défendu de publier des auteurs israéliens, ce qui peut paraître incroyable si on ne connaît pas la personnalité de M. Hosni. C’était interdit, parce que c’était l’unique moyen de démontrer aux frères du monde musulman que bien que l’Égypte ait signé la paix avec Israël, cela était dû à des intérêts économiques supérieurs ou plus clairement, si nous voulons les dollars américains sans lesquels notre budget part en morceaux, nous devons donner un signal de bonne volonté. Et puis chers enfants nous avons fait 5 guerres contre les sionistes et nous les avons toutes perdues, n’avons nous pas le droit de nous arrêter et de tourner la page ?

C’est ainsi que pensait le bon Sadate, qui à cause de ces bonnes intentions nous a remis sa vie. C’est surtout Hosni qui lui pensait à ne pas tourner la page ; cherchant à restaurer sa propre image dans la perspective de la Direction Générale de l’Unesco, il avait tenté d’expliquer qu’il n’était pas vraiment interdit de traduire des auteurs israéliens à condition que ceux-ci soient choisis bien sûr parmi ceux qui critiquaient la politique de l’État juif, mais la traduction devait être faite non pas sur le texte original hébreu mais sur une autre traduction à partir du français ou de l’anglais par exemple. Ceci pour éviter d’avoir des rapports directs avec « l’ennemi sioniste », comme si au Caire il y avait encore Nasser et non pas Moubarak. Ses réflexions sur le sujet n’étaient pas connues puisqu’on ne les a apprises que par hasard cet été. Hosni a cherché à expliquer ce choix par la profonde hostilité des Égyptiens envers tout ce qui représente Israël, ce qui n’est probablement pas vrai, mais difficile à prouver étant donné que la pratique des sondages est inconnue dans ce pays. Qui sait ce que pensent le gouvernement et les Frères musulmans, pendant qu’heureusement la société s’occupe de ses affaires.

Il est intéressant aussi de connaître la motivation fournie pour s’opposer au projet de traduction d’œuvres d’écrivains israéliens à partir d’autres langues que l’hébreu. « Ces traductions permettront de normaliser les rapports avec Israël, tout en détruisant la barrière psychologique que nous avons construite entre Arabes et Israéliens, si nous commençons seulement avec quelques titres, des centaines d’autres suivront. La littérature, l’histoire et la poésie des Israéliens entreront dans notre culture, les Arabes commenceront à mieux les connaître jusqu’à arriver à une légitimation complète de leur présence dans la région. Bien sûr il y a le proverbe « connaît ton ennemi » mais cela doit être fait sur le plan politique ou dans des structures universitaires.

N’oubliez pas que ces affirmations proviennent d’articles de la presse égyptienne, n’appartiennent ni au Hamas ni au Hezbollah mais viennent d’un pays comme l’Égypte que nous sommes habitués à considérer comme un partenaire fiable dans la recherche d’une solution aux problèmes du Proche-Orient. On se demande, et sans doute avec raison, s’il s’agit bien de l’Égypte avec lesquels Israël entretient des rapports diplomatiques réguliers et dont le président Moubarak rencontre souvent Netanyahu avec cordialité, alors si c’est cela la culture dominante de ce pays, pensons à la culture des fondamentalistes !

En Israël on rappelle quotidiennement que c’est avec l’ennemi qu’on doit faire la paix. En Égypte les choses sont ce que nous venons de décrire. Si quelqu’un a des suggestions, il est le bienvenu.


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