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Le rôle de l’Iran dans le récent soulèvement en Irak

MEMRI

La présence croissante de l’Iran dans les sphères politique, sécuritaire, économique et religieuse

Le 6 avril 2004, le quotidien Al-Hayat , édité en arabe à Londres, (1) évoque les récentes activités iraniennes en Irak : " Ces deux derniers jours, la question du rôle essentiel de l’Iran dans les événements intervenus dans les villes chiites irakiennes a été soulevée à plusieurs reprises au sein du Conseil gouvernemental.

La présence iranienne directe de l’Irak dans les affaires politiques, économiques et sécuritaires des régions chiites ne peut être ignorée plus longtemps. Cette présence s’accompagne d’un gros effort iranien pour créer un pont entre les différentes forces en Irak, d’abord par une aide matérielle et logistique ne s’adressant pas exclusivement aux chiites, et ensuite par l’exercice classique de l’influence iranienne dans les séminaires religieux [hawza] et les institutions de la Marjaiya [autorités religieuses chiites].

Un membre du Conseil gouvernemental a déclaré à Al-Hayat que les Iraniens avaient dernièrement réussi à motiver un célèbre Marja [ouléma chiite et autorité religieuse], Kazem Al-Hairi, résidant de la ville de Qom connu pour être proche du mouvement d’Al-Sadr, et considéré comme l’héritier de l’ayatollah Mohammed Sadeq Al-Sadr. (2)

Des sources sécuritaires irakiennes affirment que l’escalade de la violence est née de la décision américaine d’évincer Hassan Kazemi Qumi, depuis peu agent iranien en chef en Irak, également officier des Gardiens de la Révolution en Iran (…) Les sources ont lié l’expulsion de Qumi aux déclarations de Moqtada Al-Sadr selon lesquelles son mouvement serait une annexe du Hezbollah libanais et du Hamas (…) Ces sources ont confié que la visite d’un assistant de Moqtada Al-Sadr à Fallujah avant le dernier soulèvement en date et cette déclaration d’Al-Sadr représentaient deux messages adressés à ses nouveaux alliés parmi les sunnites irakiens.

Il est fort probable que l’Iran, dont l’influence s’exerce apparemment à plus d’un niveau en Irak, ait joué un rôle : les Iraniens sont intervenus alors que Moqtada Al-Sadr s’efforçait de saisir le contrôle du cercle Husseini à Karbala, tentative à laquelle les partisans de l’ayatollah Al-Sistani se sont opposés. Les Iraniens ont conclu un arrangement en vertu duquel d’importantes sommes d’argent ont été envoyées à des institutions appartenant à la famille Al-Sadr, et ont accordé à ce dernier le contrôle de la mosquée Al-Kufa, ce qui a apaisé Al-Sadr. "

Un transfuge iranien affirme que l’Iran dépense 70 millions de dollars par mois en Irak

Le quotidien Al-Sharq Al-Awsat , publié en arabe à Londres (3), a longuement cité l’ancien officier iranien des Renseignements chargé des activités en Irak, identifié sous le nom de Haj Saidi, lequel a récemment déserté l’Iran : " Haj Saidi a confié à Al-Sharq Al-Awsat que la présence iranienne ne se limite pas aux villes chiites. Elle s’étend à l’ensemble du pays, de Zakho, au Nord, à Umm Al-Qasr, au Sud. L’infiltration des Gardiens de la révolution iranienne et de l’armée d’Al-Qods en Irak a commencé bien avant la guerre, par le biais de centaines d’agents des renseignements iraniens ; parmi eux se trouvaient des réfugiés irakiens qui avaient été expulsés par Saddam Hussein dans les années 1970 et 1980 vers l’Iran, prétendument à cause de leurs origines iraniennes, et qui sont retournés clandestinement en Irak en passant par les régions kurdes non contrôlées par le gouvernement Baath.

Après la guerre, les Renseignements iraniens ont fait passer à leurs agents la frontière Iran-Irak non contrôlée. Certains de ces agents sont des étudiants ou des oulémas, tandis que d’autres appartiennent aux milices chiites.

Haj Said a précisé que l’assassinat, l’été dernier, de l’ayatollah Mohammed Baqir Al-Hakim, qui se trouvait à la tête du Conseil suprême de la Révolution islamique en Irak (CSRII), fut une opération réussie de l’unité des Renseignements de l’armée iranienne d’Al-Qods. Il a en outre révélé une tentative d’attenter à la vie du plus grand Marja chiite, l’ayatollah Al-Sistani, lors de la festivité de l’Aïd Al-Adha l’an passé, ainsi que l’existence d’un projet de meurtre de l’ayatollah Ishaq Al-Fayadh.

Haj Saidi affirme que certains officiers des Renseignements iraniens sont connus de tous, comme par exemple à Al-Suleimaniya et Derebendikhan, au Nord. Toutefois, a-t-il précisé, la véritable menace ne provient pas des officiers connus, mais des inconnus. Parmi ces derniers, on peut inclure 18 organisations de bienfaisance chiites à Kazimiya, Al-Sadr City à Bagdad, Karbala, Nadjaf, Nassiriyah, Basra et d’autres villes à forte majorité chiite. Dans ces bureaux, de nouveaux agents sont recrutés chaque jour, prétendument au nom de l’aide financière, médicale, alimentaire ou vestimentaire accordée aux pauvres.

Haj Saidi a souligné que le plan iranien visant à transformer l’Irak en nouvel Iran est un plan à grande échelle, qui implique le recrutement de milliers de jeunes chiites lors d’une prochaine étape devant intervenir lors des élections parlementaires en Irak. Les nouvelles recrues devront inciter leurs proches à voter pour des candidats qui seront adoptés par les services de renseignements iraniens.

Haj Saidi a aussi mentionné que plus de 300 reporters et techniciens travaillant actuellement en Irak pour la radio, la télévision, la presse et d’autres agences de médias sont en fait membres de l’armée d’Al-Qods et des unités des renseignements des Gardiens de la Révolution.

Haj Saidi a en outre confié que les sommes allouées (ouvertement ou secrètement) par l’Iran dans le but de favoriser l’activité en Irak atteindraient en tout 70 millions de dollars par mois. Il affirme que 2700 appartements et chambres ont été loués à Karbala et à Nadjaf, afin d’aider les agents de l’Armée d’Al-Qods et les Gardiens de la Révolution.

Haj Saidi a ajouté que les efforts déployés par les autorités kurdes au Nord de l’Irak pour enrayer les activités iraniennes sur place ont provoqué une réaction des Gardiens de la Révolution iraniens consistant à monter les Turkmènes chiites contre les Kurdes. Il a en outre assuré que plusieurs commandants turkmènes chiites s’étaient rendus en Iran où ils avaient trouvé un important soutien financier, et avaient reçu la garantie que l’Iran se tiendrait de leur côté en cas d’affrontements avec les Kurdes. "


L’Iran met sur pied trois centres d’entraînement pour l’Armée de Mehdi

Une source de l’Armée d’Al-Qods de la Garde révolutionnaire en Iran a révélé à Al-Sharq Al-Awsat des données concernant la construction de trois camps et centres d’entraînement sur la frontière Iran-Irak, destinés à l’entraînement de l’Armée de Mehdi, fondée par Moqtada Al-Sadr. La source estime qu’entre 800 et 1200 jeunes partisans d’Al-Sadr ont reçu un entraînement militaire incluant [l’apprentissage de] la guérilla, la production de bombes et d’explosifs, l’utilisation d’armes de petite taille, la reconnaissance et l’espionnage. Ces trois camps se trouvaient à Qasr Chirine, Ilam et Hamid, en bordure du Sud de l’Irak, qui est essentiellement peuplé de musulmans chiites.

Le journal rapporte en outre que l’ambassade d’Iran à Bagdad a récemment distribué 400 téléphones satellite aux partisans d’Al-Sadr, aux oulémas et aux étudiants du district Athamiyya de Bagdad, d’Al-Sadr city, de la ville sainte de Nadjaf, lieux à majorité musulmane chiite.

La source iranienne, connue en Irak sous le nom d’Abou Hayder, a confirmé que les services de renseignements de la Garde révolutionnaire avaient introduit dans les villes chiites l’équipement nécessaire à l’enregistrement radio et télévisé, utilisé par Al-Sadr et ses partisans.

Au cours de sa dernière visite en Iran, Al-Sadr a rencontré Hachemi Rafsandjani, président du Conseil pour les intérêts supérieurs de l’Etat, Murtadha Radhai, chef des services de renseignements de la Garde révolutionnaire, le général de brigade Qassim Suleimani, commandant de l’Armée d’Al-Qods responsable des affaires irakiennes, ainsi que d’autres responsables gouvernementaux et religieux.

Cette source a estimé que l’aide financière accordée à Al-Sadr ces derniers mois dépassait les 80 millions de dollars, sans compter le coût de l’entraînement, l’équipement et l’habillement de ses partisans.

La source a indiqué que des éléments de l’Armée d’Al-Qods et des renseignements de la Garde révolutionnaire étaient responsables d’un grand nombre des opérations dirigées contre les forces de la coalition. Ces éléments mènent en outre une campagne contre des oulémas chiites importants, comme le grand ayatollah Ali Al-Sistani, Hussein Al-Sadr (oncle de Moqtada), Ishaq Al-Fayadh et d’autres encore, en raison de leur opposition au concept de ’Wilayat Al-Faqih’ (règne du juriste), qui correspond au style de gouvernement de l’ayatollah Ruhollah Khomeyni.

(1) Al-Hayat (Londres), le 6 avril 2004.
(2) Il a été assassiné par le régime Baath en Irak, et selon les sources, exécuté par Saddam Hussein lui-même en 1980.
(3) Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 3 avril 2004.
(4) Al-Sharq Al-Aswat (Londres), le 9 avril 2004.

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