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Nuclaire, lanne iranienne

Par Guy Senbel pour Guysen International News

Prononcée à l’occasion de la journée nationale du nucléaire en Iran, alors qu’il inaugurait la première usine de combustion nucléaire près de la ville d’Isaphan, la déclaration de Mahmoud Ahmadinejad fera date. Non seulement parce qu’il se targue de franchir dans les temps les étapes prévues par le plan de développement de son industrie nucléaire, mais surtout parce qu’il répond à l’offre de nouvelles négociations auxquelles les Etats-Unis ont choisi de prendre part.

Mahmoud Ahmadinejad a accepté le principe de dialoguer et de négocier, à condition que ses interlocuteurs lui promettent « justice et respect »… « Des négociations unilatérales, des négociations sous conditions, des négociations dans un climat de menace ne seront acceptées par personne », ajoute le Président iranien, qui rappelle que l’Iran a toujours été un pays ouvert au dialogue et aux négociations. L’Iran serait ainsi fidèle à sa ligne politique, mais ouverte à la nouvelle diplomatie américaine.

Il s’agit en effet pour Washington d’une orientation diplomatique radicalement différente de celle prônée par l’administration républicaine, qui avait décidé de rompre le dialogue avec Téhéran et d’inscrire l’Iran dans « l’Axe du Mal ». Obama, qui tient à afficher ses différences avec son prédécesseur à la Maison Blanche, s’est engagé à Prague, dimanche 5 avril, à lutter contre le « terrorisme nucléaire » ; l’objectif est de sécuriser dans les quatre années à venir « tous les matériaux sensibles nucléaires dans le monde entier », un sujet que le Président américain maîtrise puisqu’il s’était impliqué au Sénat dans un programme de sécurisation des arsenaux nucléaires de l’ex Union soviétique, aux côtés du Républicain Richard Lugar.
Dans son discours de Prague, Barack Obama n’a pas inscrit l’Iran sur la liste des pays responsables du « terrorisme nucléaire »… Pourtant, selon le rapport de l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique du 19 février dernier, l’Iran aurait accumulé suffisamment d’uranium enrichi pour produire au moins une arme nucléaire…

A quelques mois des élections présidentielles iraniennes, la question de l’autonomie nucléaire est particulièrement sensible. Alors que certains opposants avaient reproché au Président iranien de prendre les risques isolationnistes d’une politique nucléaire agressive et provocatrice, l’invitation à des négociations directes faites par les Etats-Unis est une forme de succès diplomatique pour Ahmadinejad, qui est plus déterminé que jamais à inscrire au bilan de son mandat les « succès nucléaires » de son pays, vantant les « progrès accomplis », dont le fonctionnement de nouveaux types de centrifugeuses, d’une capacité « plusieurs fois supérieures » à celles utilisées actuellement pour enrichir l’uranium ; le pays en compte désormais plus de 7000.

L’Iran ne dispose plus seulement des matières premières, elle progresse également dans les technologies qui lui permettront de convertir l’énergie nucléaire à des fins militaires. L’usine inaugurée jeudi 9 avril par Ahmadinejad est capable de produire du combustible pour le réacteur à eau lourde d’Arak, destiné à produire du plutonium…

Malgré la proposition américaine de dialoguer directement avec l’Iran, le dossier nucléaire iranien ne cessera pas d’alimenter les inquiétudes de nombreux pays qui soupçonnent la République islamique de poursuivre son programme nucléaire à des fins militaires.

Menacé par l’Iran d’être rayé de la carte, Israël est au premier chef concerné par le risque de prolifération nucléaire. Jérusalem devra désormais compter sur une Amérique ouverte au dialogue avec le pays qui jure sa destruction, et qui se fait le champion du révisionnisme et de la négation de la Shoah.

A l’heure où le nouveau ministre israélien des Affaires étrangères rappelle que la Conférence d’Annapolis n’a pas été adoptée par le gouvernement israélien ni soumise à un vote à la Knesset, et alors que certains officiels israéliens déclarent que l’option militaire contre l’Iran existe, les relations diplomatiques israéliennes avec Washington risquent de se détériorer. Car si la paix au Moyen Orient est une priorité de la mandature d’Obama, la priorité du gouvernement de Benyamin Netanyahou demeure la sécurité des Israéliens.

Ce soir, nous pensons à Guilad Shalit, soldat de Tsahal et citoyen français, otage du Hamas depuis 1021 jours.



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