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Chantage, disproportion, et désarroi dans l’affaire Shalit

Freddy Eytan | Cape

Cette affaire, devenue tristement célèbre, marque un désarroi profond de la classe dirigeante de notre pays mais aussi de la carence du monde libre face aux méthodes abjectes du terrorisme international. En dépit de la volonté sincère du gouvernement israélien, des chancelleries, des organisations internationales, des dirigeants du monde et notamment des présidents Sarkozy, Obama et Moubarak, des comités de soutien, des manifestations, et des rassemblements de solidarité, aucune personne, aucun représentant de la Croix Rouge, n’a pu rendre visite, ne fusse que quelques minutes, à ce jeune israélien qui traine en détresse, voilà plus de 42 mois !

Incroyable mais vrai. Une poignée de terroristes dicte les décisions à Jérusalem et la marche du monde. Face aux organisations terroristes, Israël possède plusieurs atouts et devrait les mettre en application. L’un d’eux est le traitement de 11 000 détenus palestiniens dans les prisons israéliennes. Une révision de leur condition de vie est impérative. Il n’y aura pas deux poids deux mesures, seule la réciprocité comptera.

Le 27 décembre dernier, Israël a lancé une opération de grande envergure contre le Hamas mais malgré les nombreux coups infligés, le soldat Guilad Shalit est toujours prisonnier à Gaza.

Pour sa libération, le Hamas exige plus d’un millier de détenus palestiniens et notamment la mise en liberté de chefs terroristes notoires dont les mains sont souillés de sang d’Israéliens innocents. Perplexe, le gouvernement d’Ehoud Olmert négocie par l’intermédiaire de l’Egypte une trêve qui soit liée à cet échange.

Le Hamas poursuit son manège, refuse net et fait monter les enchères. Un soldat contre 1500 terroristes. Disproportion flagrante et inacceptable. Rappelons que 24 mois après la Deuxième guerre du Liban, et suite à de longues et pénibles tractations et de fortes pressions, le Hezbollah a restitué deux soldats de Tsahal dans des cercueils, dans le cadre d’un échange macabre.

L’obligation morale de l’Etat est sans doute primordiale pour les familles des victimes et s’inscrit dans la ligne de conduite de Tsahal depuis sa création. Certes, elle démontre l’attachement aux soldats envoyés au front et aux valeurs du judaïsme mais elle ne doit pas être réalisée à n’importe quel prix et dans des conditions néfastes. Un homme d’Etat ne doit pas agir par faiblesse devant un ennemi impitoyable. Il doit avant tout juger avec sagesse l’ensemble des intérêts stratégiques et diplomatiques et prévoir l’avenir de son pays dans le noble intérêt de son peuple.



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