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Le droit au statut de « réfugié palestinien » est imprescriptible et transmissible

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international.

De sorte qu’on est en droit de se demander si la présentation de cette question répond bien au but poursuivi par l’équipe rédactionnelle du journal, qui, en septembre dernier, en présentant la nouvelle maquette, prétendait que les pages de cette rubrique visaient à « mieux répondre encore à la mission du Monde  : expliquer le monde tel qu’il est et surtout tel qu’il vient, apporter des débuts de réponse clairs à des phénomènes complexes.." (souligné par nous).

De fait, on apprend que d’après le Haut Commissariat des réfugiés, organe des Nations Unies, il y avait, en 2007, 11,4 millions de réfugiés, dont 6 millions placés dans les camps, auxquels « il faut de plus ajouter 4,6 millions de réfugiés palestiniens, dont 1,5 million vivent dans 58 camps ».

En effet, comme nous l’avons déjà relevé, les réfugiés palestiniens sont les seuls réfugiés dans le monde à relever d’un organisme spécialement chargé de leur venir en aide : l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine (plus connue sous l’acronyme anglais d’UNRWA).

Et si l’on se reporte au site de cette institution, également organe subsidiaire des Nations Unies, on découvre, tout d’abord, indépendamment de l’absence de certitude du chiffre actuel, l’exagération relative au nombre des réfugiés, en 1950, c’est à dire pratiquement au lendemain de la création de l’Etat d’Israël, à savoir « 914 000 » (quelle précision).

Or, on considère, généralement, que l’exode d’habitants du territoire qui allait constituer le territoire du nouvel Etat d’Israël, a concerné entre 500 000 et 600 000 personnes, ce qui fait un écart de près de 50%.

La consultation de ce site est cependant intéressante, car on y découvre une autre particularité de la qualité de « réfugié palestinien », à savoir sa transmissibilité.

En effet, sont considérés comme réfugiés palestiniens, « les personnes qui avaient leur résidence normale en Palestine, entre juin 1946 et mai 1948, qui ont perdu leur habitation et leur moyens d’existence du fait du conflit israélo-arabe » et de plus la définition de réfugié couvre également « les descendants selon les males » (through the male line).

Qu’en pensent, d’ailleurs, les femmes palestiniennes ?

On ne s’étonnera donc pas qu’à l’instar des personnages du Cid, qui partirent 500 et se virent 3000 « en arrivant au port », les réfugiés palestiniens se « retrouvent » (sic) près de 10 fois plus 60 ans plus tard…..

D’où le vrai problème posé par la reconnaissance d’un « éventuel droit de retour », dont bénéficieraient des gens qui ne seraient jamais partis et pour cause….puisqu’ils n’étaient pas nés……

Imagine-t-on plus de 4 millions de musulmans s’ajoutant au million de musulmans israéliens s’installant sur la même terre qu’un peu plus de 5 millions de Juifs ? Ce serait effectivement, à côté d’un Etat palestinien, un autre Etat, bi-national celui-là, qui ne tarderait pas à phagocyter la population juive, eu égard à l’écart des taux de fécondité des deux populations et ne manquerait pas de vouloir fusionner avec l’Etat palestinien, « judenrein ».

Mais la lecture de ce numéro du Monde est d’autant plus intéressante que, soucieux, d’intéresser une partie non négligeable de sa clientèle, très sensible au sort des Palestiniens, le lauréat du prix Albert Londres 2008, envoyé spécial à Ramallah, Benjamin Barthe consacre un tiers de page à un reportage dans un camp de réfugiés palestiniens, à Jalazoune, près de Ramallah, où « s’entassent » 13 000 réfugiés.

Le titre du reportage est à lui seul révélateur de la mentalité des habitants du camp : « A Jalazoune, les Palestiniens déracinés revendiquent leur statut précaire » (souligné par nous).

Voyez tout de suite le souci de l’équipe éditoriale du journal, qui s’intéresse aux « camps de réfugiés », dans lesquels vivent, en dehors des réfugiés palestiniens, « au moins 12 millions de personnes » de donner un aperçu aussi objectif et large que possible de la situation en ne s’intéressant qu’à un camp de 13 000 personnes, qui, nous allons le voir, n’est absolument pas représentatif des camps de réfugiés, dans le monde.

En effet, ce camp, qui a abrité, à l’origine, « 3 000 Palestiniens chassés de Ramleh ou Lod par les troupes sionistes » (souligné par nous) couvre « un kilomètre carré » dans lequel s’entassent donc, aujourd’hui, 13 000 personnes.

On s’attend à ce que les personnes interviewés par le journaliste ne rêvent qu’à fuir cette situation ….

Pas du tout…..

Un ancien ouvrier du bâtiment, aujourd’hui au chômage, qui « n’a pas choisi » de naître dans le camp déclare « aussi longtemps que l’on ne pourra pas revenir sur la terre de nos parents Ils craignaient, là aussi à tort qu’on leur retire le droit au retour » (souligné par nous).

Le Comité populaire du camp, un organe sous le contrôle de l’OLP, qui fait office de facto de municipalité, s’oppose à tout projet visant à « reloger les réfugiés dont les maisons auront été démolies dans les localités alentours » ou de « déplacer la jeune génération dans ces villages et de laisser uniquement la vieille dans le camp ».

D’après ce que Benjamin Barthe a pu se laisser dire « le camp doit rester aussi précaire que le statut de ses habitants », car selon « l’ancien ouvrier du bâtiment » qui cultive en quelque sorte sa misère « améliorer le camp, c’est d’accord, mais le transformer çà jamais ».

Et le journaliste qui a compris la leçon de conclure son reportage par cette constatation péremptoire « On ne touche pas aux droits des réfugiés .

C’est à dire – c’est nous qui développons - : droit de (sur)vivre aux crochets de la charité internationale (via l’UNRWA) et droit de rêver à une installation en Israël (car on ne peut sérieusement pas parler de « retour » pour des gens, qui ne sont jamais partis….).

Et l’on ne peut s’empêcher de penser à cette héroïne du Médecin malgré lui à qui il plaisait d’être battue.

Pour ces interlocuteurs de Benjamin Barthe, apparemment, il leur convenait parfaitement de vivre dans la misère, plutôt que d’en sortir…



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