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De Haïti à Ramallah

Sefi Hendler, Paris - Maariv {Traduction : Desinfos.com}

Bien que le Président haïtien déposé Bertrand-Jean Aristide parle l’hébreu, il est loin de l’ordre du jour du Moyen-Orient . Nous avons assez de nos propres problèmes. Cependant, Aristide, qui est actuellement en République Centrafricaine, va probablement devenir un exemple et un sujet de discussion, en particulier au Moyen-Orient. Le président, qui a été élu démocratiquement, a été enlevé de son bureau par une force armée, avec l’aide des soldats américains et français.

Nous devons frotter les yeux dans l’incrédulité. La France et les Etats-Unis ont coopéré dans une action militaire conçue pour déposer un président démocratiquement élu. Iil y a à peine un an, les deux pays ne pouvaient pas s’accorder sur la déposition d’un dictateur impitoyable, qui n’avait été « élu » que dans les sondages et où les électeurs ont fait un signe de la main avec leurs bulletins sur la têtes avant de le placer dans l’urne. Non, Aristide n’est pas Saddam. Son île appauvrie n’a pas de réserves de pétrole. Donc, des forces exigeant qu’il rende les clefs de la villa présidentielle de Haïti, on reçu l’aide de Paris et de Washington, dont les soldats patrouillent maintenant dans les rues de Port-au-Prince.

Aristide n’est pas un martyr (bien qu’il soit un prêtre défroqué). Le président évincé était un des héros de la lutte contre la dictature militaire qui avait repris le pays en 1990, après sa déposition de la présidence à laquelle il avait été élu quelques mois plus tôt. Depuis lors, il avait été réélu dans des élections démocratiques.

Cependant, ces dernières années la situation dans l’île s’est détériorée. Des milices cruelles, qui ont soutenu le président, ont terrorisé l’opposition et ont commis une série de meurtres. Simultanément, il y avait des accusations sérieuses que Haïti soit devenue un centre du commerce de cocaïne international, connu du gouvernement et avec son approbation.

Est -ce une raison suffisante pour des armées étrangères pour intervenir et évincer un président élu, sans une décision du Conseil de sécurité ? Aucune plainte réelle ne peut être faite contre les Etats-Unis. L’administration Bush l’a dit très clair ement, elle obéira à la loi internationale seulement quand cela coïncidera avec les avis de Washington sur le bien et le mal. Donc, les Etats-Unis et ses alliés sont allés de l’avant et « a fait une chose juste » en débarrassant l’Irak de Saddam Hussein même sans l’autorisation formelle du Conseil de sécurité. C’était la France et ses alliés qui se sont élevés contre l’utilisation unilatérale de la force « au-delà des frontières de la loi internationale ».

Cependant, le manipulateur et atteint de maladie mentale (selon des services secrets Américains) Aristide a été banni sans l’approbation de la loi internationale. Aristide prétend que les Américains l’ont forcé de signer une lettre de démission. Puis, les gardes armées l’ont escorté à un avion américain qui s’est envolé avec lui en Afrique où des soldats français « le protègent » ou s’assurent plutôt qu’il ne s’échappe pas.

John Kerry, le candidat Démocratique à la présidence des Etats-Unis, a dit dans un interview avec le « New-York Times », « je pense que c’est un message épouvantable à la région et aux démocraties et c’est myope ».

Le Ministre des Affaires Etrangères français, un homme intelligent, tout compte fait, a été dépeint dans son coin embarrassé. Dominique de Villepin a recouru à une acrobatie linguistique impressionnante et a souligné que la France agissait conformément à la résolution de Conseil de sécurité qui a permis l’expédition de troupes étrangères en Haïti. C’est vrai, mais on a passé la résolution seulement après que la France ait déjà aidé à bannir le président dûment élu de son pays. De Villepina été le premier Occidental à appeler à Aristide à quitter Haïti. Après que la France ait coopéré avec George W. Bush pour déposer le président démocratiquement élu, de Villepin a déclaré, « le destin du peuple haïtien, appartient aux Haïtiens et à eux seul ».

Que dirait le Ministre des Affaires Etrangères Français maintenant si on lui a demandé de coopérer avec les soldats de Bush et d’escorter Arafat, qui se réfère de façon régulière d’être « le président démocratiquement élu des Palestiniens » en exil, où il pourrait rejoindre Aristide ? Nous pouvons deviner comment le Président Jacques Chirac et de Villepin répondrait.

Apparemment, la démocratie est à relier à la géographie.

Dans le complexe d’Arafat à Ramallah, elle doit être respectée. À Haïti, elle peut être ignorée...



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