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Les dérives du droit-de-l’hommisme (1)

Par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

Certes ces deux avocats parisiens ont eu l’occasion, à différentes reprises, depuis de nombreuses années, de faire la preuve de leur engagement contre Israël, multipliant déclarations et initiatives en témoignant.

Mais – mis à part le titre de leur tribune que nous ne contestons nullement – la suite de leur pamphlet nous apparaît comme un tissu de contrevérités, susceptibles d’abuser de la crédulité des lecteurs du quotidien parisien.

Nos deux pamphlétaires commencent très fort, en affirmant, en sous-titre, qu’« Israël doit admettre l’existence d’un Etat palestinien souverain, installé en Cisjordanie et à Gaza ».

Certes, nous ne nierons pas qu’une minorité d’Israéliens conteste cette proposition, mais Israël est une démocratie et comme la majorité a admis cette nécessité, même si on pourrait soutenir qu’à la suite du premier partage de la Palestine, en 1922, la Jordanie actuelle constituait déjà un Etat palestinien.

Non seulement, les sondages d’opinion le prouvent, mais de plus et surtout, les principaux leaders politiques israéliens s’y sont ralliés, bon gré malgré, la solution des deux Etats, existant côte à côte ne fait plus problème du côté israélien.

Notons, au passage, que dans le camp palestinien, il n’est pas évident que le courant majoritaire soit aussi favorable à la coexistence de deux Etats. En tout cas, la Charte du Hamas est, au contraire, centrée sur la destruction d’Israël et la Charte de l’OLP, qui sert de base au Fatah, dont se réclame l’Autorité (sic) palestinienne, n’a jamais été, formellement, modifiée, pour en faire disparaître l’idéologie identique, qui l’inspire.

Ensuite, Baudouin et Tubiana considèrent, à tort, comme nous l’avons récemment démontré ici-même (Beaucoup de bruit pour pas grand-chose….), que l’Union européenne vient, récemment, « de conforter les autorités israéliennes en leur accordant un statut encore plus privilégié ».

Or, nous considérons que « les dirigeants israéliens risquent d’être souvent mis sur le gril au cours des multiples réunions à divers niveaux programmés à compter d’avril prochain » et que « c’est là au moins une éventualité tout aussi vraisemblable que les bénéfices réels escomptés des modalités du rehaussement du dialogue politique ».

Ignorant, sans doute, que « la critique est aisée, mais l’art est difficile » nos deux mousquetaires considèrent que « pourtant jamais conflit ne connut de solutions plus évidentes » et d’évoquer, tour à tour, les négociations de Taba, l’initiative de Genève et la proposition de paix de la Ligue arabe » et qu’ « à quelques détails près, tout est déjà écrit et les cartes n’attendent que d’être précisées ».

Or, il y a bien des problèmes, qui n’ont pas été réglés, ne serait-ce que celui posé par le « droit de retour » (sic) des réfugiés, dont le principe même pose question.

Enfin, il est proprement sidérant de lire que « la politique israélienne n’a plus pour but d’assurer la sécurité de cet Etat ».

Il est vrai que les deux compères écrivant tout et son contraire de préciser « Bien sûr cette exigence est légitime et elle est toujours présente dans la pensée de ce peuple et de ses dirigeants » (souligné par nous).

Seulement, dans leur acte d’accusation, il est question de « l’accaparement des terres palestiniennes, de l’eau et le refus de laisser la Cisjordanie et Gaza se développer », accusations, si elles étaient prouvées, ce qui est loin d’être le cas, ne sauraient, effectivement, se justifier par aucune « raison de sécurité ».

Faisant en quelque sorte leur, la maxime « Qui veut noyer son chien, l’accuse de la rage », nos deux procureurs n’hésitent pas à écrire qu’ « il y a longtemps que derrière le discours sécuritaire se cache, à peine , une volonté d’agrandir le territoire et de convaincre les Palestiniens de s’en aller » (souligné par nous).

Incontestablement, Baudouin et Tubiana font de la minorité d’extrémistes israéliens, nostalgiques d’un « Grand Israël » les maîtres du jeu dans la démocratie israélienne, ce qui est loin d’être le cas, même si, comme nous l’avons déjà déploré, ici-même, les autorités israéliennes ne font pas toujours preuve de fermeté pour faire respecter la loi.

Et en accusant Israël et ses dirigeants de ne pas être conscients que « chaque mort à Gaza, c’est un peu plus de haine aveugle contre le reste d’un monde jaugé à la dimension de ses mensonges et de son double discours », nos deux droit-de-l’hommistes font fi de l’enseignement de la haine dispensé depuis plus de 60 ans dans les écoles palestiniennes, souvent avec la bénédiction de l’UNRWA.

Sont-ils conscients eux qu’en accusant les Israéliens de permettre, par cette guerre, « aux régimes arabes de maintenir leurs peuples sous l’emprise de la dictature et de refuser toute évolution démocratique », ils tombent dans le panneau de l’antisionisme, voire de l’antisémitisme, qui fait des Israéliens, sinon des Juifs, qui les soutiennent, les boucs émissaires de tous les maux de la création ?

Et s’il est vrai que leur conclusion souligne, à juste titre, « le droit de chaque peuple à vivre en paix dans des frontières sûres et reconnues », « pour les Palestiniens aussi », leur ignorance – plus feinte que réelle – des événements de ces soixante dernières années, dans la région, les conduit à oublier qu’entre 1948 et 1967, rien ne s’opposait à la création d’un Etat palestinien, si ce n’est l’absence de volonté, pour ne pas dire l’hostilité, des Etats arabes.

Le droit-de-l’hommisme ne permet pas toutes les divagations.


(1) Selon Wikipedia, le droit-de-l’hommisme est une « expression péjorative désignant de manière polémique ce qui est perçu comme une attitude bien-pensante invoquant la défense des droits de l’homme et, plus généralement, une attitude purement déclamatoire ou excessivement tolérante ».



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