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Ne refusez pas à l’Etat juif la légitime défense

par Arno Klarsfeld

Cet antisémitisme est entretenu par les pays arabes et les groupes terroristes palestiniens. Souvenons-nous des attentats contre les synagogues de Vienne, Budapest, Istanbul, Paris, rue Copernic, du massacre de la rue des Rosiers, au restaurant Goldenberg et de tant d'autres symboles juifs qui furent la cible des extrémistes palestiniens soutenus par l'infrastructure de pays arabes qui les finançaient, les entraînaient, leur fournissaient armes, positions de repli et d'impunité.

L'Europe a déjà voulu oublier comment furent célébrés comme des héros dans les pays arabes ceux qui assassinaient les athlètes israéliens lors des Jeux olympiques de Munich ou les enfants en bas âge de tant de crèches dans tant de kibboutzim en Israël.

La Révolution française a libéré les juifs mais, dans l'inconscient collectif de l'Europe chrétienne, le peuple juif n'a pas encore gagné le droit d'être considéré à l'égal des autres peuples. Les juifs, oui ; Israël, non. Paradoxe : les nations accordent au peuple juif de se reconstituer en tant qu'Etat et lui refusent le droit de se défendre en tant que tel.

Ce droit, on le lui refusait déjà en 1967. Le message du général de Gaulle était alors : "Ne vous défendez qu'une fois attaqués. Pas d'initiative d'autodéfense." Quand la victoire fut acquise, cela donna la formule célèbre : "Peuple sûr de lui et dominateur."

En 1973, Israël, pourtant attaqué par surprise sur trois fronts - dans le sud par l'Egypte, dans le nord par la Syrie et à l'est par la Jordanie et l'Irak -, ne trouva pas non plus grâce auprès de la diplomatie et du gouvernement français. Ce dernier décréta un embargo à son encontre, refusa aux avions américains chargés des éléments nécessaires à sa défense le droit de se poser sur son territoire et résuma, par la bouche de Michel Jobert, alors ministre des affaires étrangères, la politique extérieure de la France quant à la guerre menée contre Israël : "Je ne trouve rien d'étonnant, pour les pays arabes, de vouloir rentrer chez eux."

La politique de la France n'a pas changé aujourd'hui, refusant toujours à Israël le droit de se défendre et de protéger ses citoyens. Les bombes humaines et leurs cortèges de victimes israéliennes innocentes, dont tant de rescapés de la Shoah, ne sont pour la France que la conséquence de l'occupation du territoire palestinien. Ceux qui raisonnent ainsi oublient ou plutôt veulent oublier que ceux qui commettent ces attentats génocidaires ne veulent à aucun prix d'un Etat juif.

"Retirez-vous de Cisjordanie et les attentats cesseront" : voilà à quoi se résume le message de la diplomatie française, qui refuse de voir l'évidence. Tout endroit duquel Israël s'est retiré a aussitôt été transformé en base pour des attaques terroristes à l'encontre de la population israélienne.

La France agit et se comporte comme si les menaces à l'encontre d'Israël étaient insignifiantes ou ne portaient pas à conséquence. Comme si Israël était Goliath et les Palestiniens David, alors qu'aujourd'hui David est toujours juif et les pays arabes le véritable Goliath. Goliath, des pays comme l'Irak ou l'Iran, riches du pétrole, de dizaines de millions d'hommes fanatisés par des dirigeants qui n'ont cure du bonheur de leur peuple mais cherchent avant tout à assurer la pérennité de leur pouvoir personnel.

Oui, les menaces existentielles perdurent à l'encontre d'Israël. L'Irak cherche à se doter de l'arme nucléaire tout comme l'Iran. Ils n'hésiteront pas à l'utiliser. Mais la France veut rester aveugle.

Je me souviens, lors du procès de Maurice Papon, des représentants des associations comme le MRAP ou la Ligue de défense des droits de l'homme qui aujourd'hui condamnent avec tant de vigueur et de mauvaise foi lsraël : ils apostrophaient injustement Papon en lui citant tel ou tel article des années 1930 qui témoignait de l'antisémitisme des nazis : "Mais comment, vous ne saviez pas ? Vous ne lisiez donc pas la presse ? La volonté de génocide se devine dans ces lignes... !"

L'antisémitisme déclaré des nazis dans les années 1930 est bien moins vigoureux que l'antisémitisme déclaré dans la plupart des pays arabes où l'on appelle au meurtre des juifs. Aujourd'hui, tout est disponible sur Internet pour ceux qui désirent s'informer : les discours dans les mosquées, les thèses universitaires sur les "mensonges du génocide", les appels des dirigeants arabes comme le ministre de la défense syrien, qui affirme qu'il "est du devoir des Arabes de tuer un juif par jour"ou les déclarations de l'ex-président iranien souhaitant que l'Iran se dote de l'arme nucléaire pour l'utiliser contre Israël.

On répond qu'il ne faut pas prendre ces menaces au sérieux. Comment ne pas les prendre au sérieux alors qu'elles sont suivies d'actes ? Israël a le droit et la responsabilité de se défendre. D'affirmer son droit d'être là.

Israël se souvient des discours des dirigeants des pays arabes en 1948. Le secrétaire de la Ligue arabe déclarait juste avant l'offensive contre l'Etat hébreu et trois ans après la Shoah : "Nous exterminerons les juifs d'une telle façon que cela fera apparaître comme pâles les massacres perpétrés par les Mongols ou par les Croisades."

Israël n'a pas déclaré la guerre au peuple palestinien mais aux cellules terroristes. Doit-il y renoncer parce que ces terroristes trouvent refuge au milieu de la population civile, que ces groupes tiennent en otage, qu'ils fanatisent et dont ils se servent pour justifier de leurs actions ?

Ces dirigeants savent que, si les actes de terreur continuent, Israël boucle les territoires pour se protéger ; ils savent que si les actes de terreur redoublent, Israël n'a d'autre solution que d'essayer de les éradiquer, causant, hélas, des victimes civiles. Mais qui se réjouit de ces morts innocents ? Pas les Israéliens mais les dirigeants palestiniens, de la même façon qu'ils se réjouissaient de la mort des enfants qu'ils envoyaient en première ligne jeter des pierres tandis que, derrière eux, se dissimulaient les combattants armés de mitraillettes qui tiraient sur les soldats, espérant bien qu'une balle perdue atteindrait ces enfants.

Que reproche-t-on à Sharon ? D'avoir été opposé au processus d'Oslo ? Et alors ? L'avenir lui a donné raison. Remettre à plus tard les points essentiels comme le problème des réfugiés ou Jérusalem était inepte. Sharon a toujours dit : "On ne peut pas faire confiance à Arafat." Arafat avait tout intérêt au processus d'Oslo : de terroriste il est devenu "président" de l'Autorité palestinienne, a reçu de l'argent de la communauté internationale. Les Israéliens lui ont fourni les armes pour sa police (35 000 hommes, aucune entité ou Etat n'a autant de policiers au prorata de la population), armes que l'Autorité palestinienne a utilisées pour commettre des attentats en Israël. Tout cela sans jamais renoncer à son véritable dessein : faire disparaître l'Etat juif. II y a encore quinze ans, cette disparition signifiait jeter les juifs à la mer, aujourd'hui elle consiste à faire des juifs une minorité en Israël.

On dit de Sharon qu'il n'a pas de perspective, mais a-t-on besoin d'une perspective pour se défendre ? Barak avait une perspective, elle a été refusée par Arafat. Alors que reste-t-il à faire sinon à se défendre ? Se laisser exterminer, acte génocidaire après acte génocidaire ? Sans répondre ?

Qui se réjouit, sinon ceux qui sont hostiles à la paix ? Et quel est l'intérêt d'Israël à ne pas vouloir la paix ? Dans toute enquête criminelle, on cherche le motif. Israël a largement intérêt à la paix, d'un point de vue humain, économique et social. L'intérêt humain joue peu chez les dirigeants arabes.

Que disait Nasser durant la guerre d'usure qu'il menait à Israël à la fin des années 1960 : "Si on a 50 000 morts, on peut continuer à se battre parce que nous avons des réserves d'hommes. Mais si nous infligeons 10 000 morts aux ennemis sionistes, ils devront arrêter de se battre parce qu'ils ont trop peu d'hommes."

Les Israéliens chérissent la vie. Les dirigeants palestiniens le savent et ne s'en cachent pas : "Les Israéliens ont peur de la mort, pour nous c'est une bénédiction." Comment lutter contre de tels ennemis ?

On veut croire que c'est la politique de Sharon qui entraîne le terrorisme. On sait que c'est faux. Nul ne peut se laisser massacrer sans se défendre et chercher, sinon à se venger, du moins à éliminer ceux qui tentent de vous exterminer.

Les noms des juifs d'Israël ne doivent pas être lus et ne seront pas lus un jour comme ceux des juifs d'Europe assassinés le sont le jour de Yom Hashoah.



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