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On a frisé un scandale

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

La « sélection » des intervenants, voulue « équilibrée » aurait pris neuf mois, selon les explications données, hier, par le Sous-Secrétaire général et président de l’Équipe spéciale de la lutte contre le terrorisme, Robert Orr.

Les participants auraient été « sélectionnés » après consultations avec les États Membres dont ils sont respectivement originaires et avec des représentants de la société civile. L’objectif était de « sélectionner des individus représentant le spectre le plus large possible de régions, de cultures et de religions, afin d’empêcher toute politisation de discussions portant prioritairement sur les moyens à mettre en oeuvre pour venir efficacement en aide aux victimes du terrorisme ». Et les 18 victimes auraient été choisies notamment en fonction de leur « degré d’engagement dans la défense de la cause des victimes du terrorisme ».

Interrogé par des journalistes sur l’absence de victimes palestiniennes dans la liste des intervenants, Robert Orr a répondu que « dans les 16 instruments juridiques internationaux sur le terrorisme, il n’y avait aucune mention de la notion de « terrorisme d’État », terme qui a été employé par plusieurs journalistes ».

Autrement dit, pour ce haut fonctionnaire des Nations Unies, c’est uniquement parce que cette notion de « terrorisme d’Etat » ne figure pas dans ces conventions internationales que le « procès » d’Israël, bien évidemment visé, ne devrait, normalement pas avoir lieu.

De plus, Robert Orr a tenu à relever que l’Observateur de la Palestine auprès des Nations Unies avait été informé en même temps que les autres délégations du projet de symposium il y a plusieurs mois. Autrement dit, le fait que le représentant de la « Palestine » (rappelons que cette « entité » dispose aux Nations Unies d’un statut.privilégié, presque au même titre qu’un Etat) n’ait pas émis d’objection, dédouanerait en quelque sorte les organisateurs de cette manifestation pour l’absence de « victimes palestiniennes »

Mais, il est surtout scandaleux que M. Orr ait souligné que « certaines absences, notamment de victimes palestiniennes, mais aussi afghanes, pakistanaises ou encore iraniennes, étaient avant tout la conséquence des difficultés logistiques insurmontables rencontrées pour organiser l’acheminement d’éventuels participants depuis des pays où règne un climat particulier sur le plan sécuritaire ».

Car, une telle assimilation entre les victimes délibérées d’actes de terreur et celles de « dégâts collatéraux », survenus au cours d’actions de légitime défense est intolérable.

Cela conduit, en effet, à placer Israël sur le même plan que Al Qaida et d’autres fanatiques islamistes.

On s’étonnera, enfin, au terme de cette brève remarque à propos d’une des nombreuses réunions organisées par l’ONU que seuls quatre pays (la Colombie, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni) se sont portés volontaires pour financer la tenue du symposium.

Au moins ce « mécénat » ne devrait pas permettre la mise en cause d’Israël - pourtant habituelle dans les enceintes de l’ONU - sous réserve qu’il n’y ait pas de dérapage de la part des intervenants (victimes ou experts).



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