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Un hommage insolite à Mahmoud Darwich

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

Ainsi, pourtant en vacances, Nicolas Sarkozy, entre ses voyages à Pékin, Moscou et Tbilissi, a trouvé, encore le temps, même en quelques lignes, de « saluer la mémoire » de Mahmoud Darwich en présentant ses condoléances non seulement à sa famille et à ses proches, mais également « à tout le peuple palestinien ».

De fait, le président français a, certainement, eu raison de rappeler que « Mahmoud DARWICH était l’un des plus grands poètes contemporains. Palestinien engagé, résidant tour à tour au Liban, en Egypte, en Tunisie, et en France, il fut à la fois un témoin et un acteur de son temps ».

Il ne nous appartient pas, n’ayant pas eu l’occasion d’en avoir connaissance, de considérer que « son œuvre, marquée par l’exil et par la nostalgie, témoigne en abondance de la richesse de la langue, de l’histoire et de la culture palestinienne. Sans cesse renouvelée, elle n’a jamais traduit ni le pessimisme ni à l’abattement. Elle est habitée au contraire par une vitalité et un lyrisme incomparables ».

D’ailleurs, il est vrai qu’en mars 2000 Yossi Sarid, ministre israélien de l’Education, proposa que certains des poèmes de Mahmoud Darwich soient inclus dans les programmes scolaires israéliens. Mais le premier ministre Ehud Barak refusa : « Israël n’est pas prêt. ». Et, dans sa longue nécrologie, Le Monde , daté du 12 août, a, certes, signalé que l’écrivain israélien Avraham Yehoshoua et son compatriote poète Haïm Gouri ont tenu a lui rendre hommage.

Mais, il était surtout normal que l’Autorité palestinienne, en décrétant un deuil officiel de trois jours, reconnaisse son engagement et son dévouement à la cause palestinienne.

Et c’est dans l’Encyclopédie Wikipedia, sur Internet, que nous avons, d’ailleurs, trouvé deux manifestations de cet engagement.

Membre du comité exécutif de l’OLP en 1987, Mahmoud Darwich quitte l’organisation en 1993 après les accords d’Oslo, protestant contre « l’attitude conciliante de l’Organisation dans les négociations » et estimant qu’ils n’apporteront pas une « paix juste » pour les Palestiniens. (affirmation que ne partagent certainement pas tous ceux qui, en Israël ou dans la Diaspora, ont reproché à Rabin et à Pérès le contenu de ces accords).

Et surtout, en 1988, dans un de ses poèmes, il est accusé de souhaiter voir partir les Juifs d’Israël. Il avait écrit : « Alors quittez notre Terre, Nos rivages, notre mer, Notre blé, notre sel, notre blessure. » et appelait les Israéliens à mourir où ils veulent « mais pas chez nous ».

Mahmoud Darwich s’en défendra en expliquant qu’il voulait dire qu’ils devaient partir de la Bande de Gaza et de Cisjordanie. Toujours cette même ambiguïté dans la phraséologie des chantres d’un Etat palestinien.

En tout cas, Le Monde, qui ne peut être suspecté de parti pris à l’égard du poète disparu a tenu à rappeler que non seulement celui-ci dénonçait le « despotisme universel » des Etats Unis, mais également l’ « exception dont bénéficie l’Etat juif en matière de droit international ».

Curieux que le président français n’ait pas également tenu à rendre hommage aux compétences juridiques de Mahmoud Darwich.

Il est vrai que Nicolas Sarkozy était sous le charme de la « puissance des mots » que Mahmoud DARWICH « plaçait au service de vérités fondamentales ». Et pour le président français, « l’émotion qu’il suscitait dans le cœur de chacun de ses lecteurs révélait l’universalité du sentiment d’attachement à une terre »

Cet universalisme ne se retrouve pourtant pas dans certaines déclarations, à connotation nettement anti-israélienne, de Mahmoud Darwich.

Et l’on ne peut que s’étonner que Nicolas Sarkozy ait tenu à terminer son bref, mais non moins poignant, message en relevant que « son appel à la paix et à la coexistence de deux Etats, vivant côte à côte, mérite d’être rappelé et entendu ».

Le président français nous avait, jusqu’à présent, paru mieux inspiré par ses choix dans la défense de causes humanitaires, qu’il s’agisse de celui des infirmières bulgares, d’Ingrid Betancourt ou encore, et surtout, à propos du sort de Guilad Shalit.



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