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Le « quatrième pouvoir » en France, et l’Orient compliqué

Par Simon Frajdenrajch, analyste

Par là, il nous prouve encore une fois qu’il est un agent zélé du quai d’Orsay, où il prend ses informations pseudo confidentielles, en se donnant des airs de nous exposer savamment une position que les analystes du Quai lui ont concoctée. Jusqu’où va cette connivence ?

Depuis les procès en diffamation à répétition que Charles Enderlin et sa maison mère, France 2, ont fait à de pauvres clampins qui ont osé mettre en doute la parole du « maître journaliste » Charles Enderlin, je ne me risquerai pas à avancer d’hypothèse. Mais les liens de dépendance apparaissent puissants.

Ainsi, après avoir titré son papier : « Sarkozy doit fixer un cap clair au Moyen-Orient », Malbrunot évoque le voyage que le Président accomplit aujourd’hui à Beyrouth, puis les 22 et 23 juin en Israël, et notre grand reporter fait mine de nous décrypter « l’Orient compliqué ». Il commence très honnêtement son pensum :

... « L’issue de la récente crise libanaise que le président vient spectaculairement célébrer à Beyrouth doit peu à la diplomatie française. Ses vainqueurs le Hezbollah chiite et ses parrains iranien et syrien ne sont pas ceux que la France soutenait. Est-ce à dire que Paris va réévaluer son appui à la majorité pro-occidentale du 14 mars, défaite par le mouvement chiite et ses alliés chrétiens ? Officiellement, il n’en est pas question. Pourtant, la diplomatie française va devoir tenir compte de la minorité de blocage, au sein du gouvernement libanais, que le Hezbollah pourra désormais brandir pour s’opposer à toute décision contraire à ses choix » ...

Hélas, les choses se gâtent très rapidement : ayant introduit le rôle politique du Hezbollah, qui se serait refait une virginité après l’accord de Doha avec la majorité libanaise anti-syrienne, et grâce aux chausse-pied syrien et iranien, notre maître journaliste va oser des équivalences morales aussi spécieuses qu’improbables :

... « Entre morale et realpolitik, l’Élysée devra trancher. Heureusement, contrairement à Jacques Chirac (1), Nicolas Sarkozy prône « le dialogue avec tous les Libanais », y compris les anciens « terroristes » du Hezbollah.

Passons pudiquement sur le dialogue avec le Hezbollah que le président Chirac se serait interdit, alors qu’après le massacre de 58 parachutistes français à la caserne du Drakkar en 1982 par des miliciens du Hezbollah, et l’assassinat de l’ambassadeur de France à Beyrouth la même année, puis les enlèvements du journalistes français dans les années 1984-88, Chirac n’a pas craint de siéger à côté d’Hassan Nasrallah, hilare, incapable de jacter le moindre mot de français, au sommet de la francophonie à Beyrouth en 2002 [1]].

C’est alors que notre maître journaliste va porter l’estocade si bien préparée par les torreros du quai d’Orsay :

... « Pourquoi, alors, au nom de ce réalisme ne parlerait-on pas également aux islamistes palestiniens du Hamas ? Paris vient de le faire tout en démentant l’avoir fait. Problème de calendrier, avant la visite du chef de l’État en Israël. Exigence de discrétion rompue. Peut-être. Mais sur ce point aussi, les ambiguïtés doivent être levées. »...

La semaine dernière, sur une indiscrétion savamment dosée du Quai d’Orsay, l’ancien ambassadeur de France M. de la Messuzière avait révélé ses contacts « officieux » avec le Hamas, que Bernard Kouchner avait dû reconnaître tout en minimisant leur portée sur une grande radio nationale le lendemain matin : « ce sont des contacts, pas des relations » avait-il avoué. « On se touche mais on ne couche pas » comme le soulignait avec malice Pierre Lefèbvre.

Hélas pour nos amis du Quai, Tzipi Livni, ministre des affaires étrangères d’Israël, et sérieuse candidate à la succession d’Ehud Olmert, était de passage à Paris la semaine suivante : le président lui assura qu’il n’était pas question que la France noue des contacts avec le Hamas.

Le président Sarkozy se rend dans deux semaines en Israël, et il ne voulait pas de couac. Malbrunot et le quai d’Orsay croient que leur sortie sur rapprochement entre la France le Hamas n’était que prématurée.

De passage en Grèce hier, où il fut reçu comme un enfant du pays, le président Sarkozy n’a pas manqué d’évoquer ses racines du côté maternel, issues d’une riche famille juive de Salonique. Il n’oubliera sans doute pas que le Peuple juif, dignement représenté en Israël, est le Peuple de la mémoire...



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