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L’Iran avance d’un cran

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

Après avoir réussi à paralyser la vie politique du pays depuis novembre dernier, en s’opposant à la désignation d’un nouveau président de la République, le « parti de D-ieu » est en passe de s’emparer du pouvoir dans le pays tout entier.

Depuis quelques jours, on est loin du contrôle du seul sud-Liban : c’est maintenant le contrôle de l’accès à l’aéroport de Beyrouth, l’emprise sur toute la partie ouest de la ville, la mise en place d’un réseau de télécommunications en plusieurs parties du territoire et la tentative de prise en main de la région de Tripoli, avec l’aide des Alaouites (ceux-là mêmes qui, en Syrie, sont les soutiens du régime de Bachar el Assad).

Or, le Hezbollah chiite n’est que le bras armé avancé de l’Iran, qui a l’impudence, par la voie de son chef de l’Etat, d’avoir inscrit à son programme l’éradication de l’Etat d’Israël de la terre.

Le ministère français des affaires étrangères a beau jeu de se déclarer « extrêmement préoccupé par la situation au Liban », alors que la France, depuis des années, pratiquement seule parmi les Etats occidentaux, s’est opposée à ce que le Hezbollah soit inscrit sur la liste des organisations terroristes, avec les conséquences juridiques et pratiques, qui en auraient découlé.

Ce n’est pas parce que ce mouvement possède des élus au Parlement libanais et a même siégé au gouvernement, avant de s’en retirer l’année dernière, qu’il n’en constitue pas moins un danger pour la paix et la sécurité internationales.

On a tendance à oublier que Hitler est également parvenu, progressivement, au pouvoir, par la voie « démocratique ».

Il serait, toutefois, injuste de rendre la France seule responsable du maintien en puissance du Hezbollah. L’ONU en porte, également, une grande part de responsabilité.

Ainsi, la résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité, que nous avions, en son temps, évoquée ici même, est restée lettre morte en ce qu’elle visait le désarmement de toutes les milices, donc également le Hezbollah.

Quant à la résolution 1701 (2006), nous avons, à maintes reprises, déploré le fait qu’elle n’a pas confié le soin à la FINUL de procéder à ce désarmement.

En réalité, l’ONU n’est que le reflet de la volonté, ou plutôt de l’absence de volonté, des Etats qui la composent.

Et, en l’occurrence, du fait du soutien de l’Iran, dont bénéficie le Hezbollah, ce sont deux Etats - la Chine et la Russie - , membres permanents du Conseil de sécurité, où ils disposent du droit de veto, qui ont, pratiquement, empêché, pour des raisons plus économiques qu’idéologiques, l’adoption de mesures dirigées contre un « protégé » de ce pays. Sur ce point d’ailleurs, la France n’aurait, malheureusement, pas manqué d’apporter son soutien au Hezbollah.

De la même façon, mais sur ce point, sans la France - heureusement - ces deux pays paralysent toute action des Nations Unies contre le programme nucléaire iranien.

Et on ne peut manquer de regretter, également, les « faiblesses » de l’Agence internationale pour l énergie nucléaire (AIEA), organisation relevant du système des Nations Unies, à l’égard de l’Iran, au même titre que le directeur général de l’AIEA, l’égyptien El Baradei, ne s’était guère montré très sourcilleux face aux manœuvres dilatoires de Saddam Hussein, qui s’obstinait à s’opposer à tout contrôle efficace du désarmement, auquel il était, pourtant, tenu par les résolutions du Conseil de sécurité.

Une fois encore, Israël ne peut, pratiquement, compter que sur lui-même et, aussi, sur les Etats-Unis, qui, rappelons le, exigent, cependant, certains gestes de la part du gouvernement israélien.

Aussi, on ose espérer qu’en faisant implicitement allusion, à la situation au Liban, le Premier ministre israélien, qui déclarait, dimanche, que « Nous avons des ennemis au nord et au sud qui cherchent à nous rayer de la carte, mais nous serons toujours préparés » a su tirer la leçon de l’opération militaire de 2006.

Mais, sans être un stratège militaire, nous ne pensons pas que l’ancien chef d’état-major de Tsahal, Amnon Lipkin-Shahak, a eu raison de déclarer, le même jour, que « les tentatives du Hezbollah de prendre le contrôle du Liban pourraient à terme bénéficier à l’Etat Hébreu ’’. Pour ce militaire israélien « si une confrontation armée éclatait il serait plus simple de frapper au Liban si le Hezbollah en était le dirigeant légitime’’ a-t-il précisé, selon Guysen.International.News .

Car, précisément, le Hezbollah a fait la preuve qu’en tant que mouvement terroriste il faisait fi des règles du droit de la guerre, en prenant soin de s’implanter parmi la population civile, rendant ainsi beaucoup plus difficile la réaction de Tsahal.

En ce qui nous concerne, nous ne croyons donc pas, une fois de plus, et cette fois à la lumière de ce qui se passe actuellement au Liban, qu’il soit exact de dire que« le malheur des uns fasse le bonheur des autres ».



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