Après l’attaque de la Synagogue de Strasbourg de la rue de Nicosie à l’Esplanade

Philippe Dossmann © Dernières Nouvelles d’Alsace

dimanche 25 janvier 2004

Une semaine après le caillassage de la porte d’entrée de la synagogue, rue de Nicosie, la tête de l’exécutif strasbourgeois s’est rendue au chevet de la communauté juive de l’Esplanade. Pour lui témoigner sa solidarité. Et l’assurer de sa détermination dans la lutte contre l’antisémitisme.


Un large ruban adhésif, collé sur la porte d’entrée de la synagogue, cache mal la fêlure de la vitre. Une semaine après les faits, les stigmates du caillassage, rue de Nicosie, sont toujours là. Sur le verre.

 Et aussi -de façon moins manifeste mais non moins profonde- dans le coeur de la communauté juive de Strasbourg, visée ces derniers jours par le caillassage et l’incendie du bus de l’école Aquiba, avenue des Vosges.

 Réunie ce samedi matin, jour de shabbat, pour prier et pour célébrer la circoncision -du huitième jour- du petit Raphaël, toute la communauté est à la fois soucieuse et en effervescence. Le maire de Strasbourg, Fabienne Keller, et le président de la CUS, Robert Grossmann, viennent témoigner leur solidarité aux juifs de Strasbourg.

 « Sous le choc », Fabienne Keller l’est aussi, déclare-t-elle à l’assemblée. Parmi laquelle se trouvent notamment Cotyl Berdugo, président de la communauté juive de l’Esplanade, le rabbin Spingard, et Gilbert Roos, consul honoraire d’Israël.

« Vieux démons »

 « Lorsque la communauté juive est touchée, c’est toute notre ville qui est blessée », poursuit Fabienne Keller, en rappelant qu’un « pacte plusieurs fois centenaire » lie « la ville et sa communauté juive ». Et le maire Strasbourg de s’inquiéter de « ce nouvel antisémitisme, qui ne dit pas son nom, mais qui a pignon sur rue. »

 Mentionnant « les écrits de Tariq Ramadan », « les slogans du Parti des musulmans de France » et « le Front national », Fabienne Keller a souligné qu’il y a « des gens, aujourd’hui en France, qui veulent ressusciter les vieux démons et les idéologies funestes ». Selon elle, « l’une des meilleures préventions, c’est de donner une suite judiciaire à ces actes odieux et ne pas les laisser impunis ».


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