A propos du « blocus »de Gaza

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

samedi 26 janvier 2008

Les événements récents survenus à la « frontière » entre l’Egypte et la Bande de Gaza ont eu le mérite de mettre l’accent sur la responsabilité de l’Egypte dans la situation actuelle dans ce territoire.


Cela permet, fort opportunément, de mettre une sourdine, sinon un frein, à la mise en accusation d’Israël au sujet de la situation dans laquelle se trouvent les 1,2 à 1,5 million d’habitants (jamais aucune statistique exacte n’a pu être donnée, même pas par l’UNRWA - l’organisme des Nations Unies chargées de venir en aide aux « réfugiés » de Palestine).

Nous ne reviendrons pas sur la condition juridique tout à fait singulière de cette « entité » que nous avons esquissée, précédemment (v. www.desinfos.com/article.php?id_article=8222), mais, nous voudrions, souligner, aujourd’hui, qu’on est en droit de s’étonner que les médias, bien manipulés par les ennemis d’Israël (qui a dit que les Juifs avaient la main mise sur les organes d’information ?) ont toujours privilégié la mise en cause d’Israël, en omettant de mettre au jour les responsabilités de l’Egypte.

Après tout, entre 1948 et 1967, l’Egypte avait établi son autorité sur ce territoire, (mais non sa souveraineté, comme l’avait fait la Jordanie sur la Cisjordanie).

La Guerre de Six Jours avait mis fin à cette présence égyptienne et Israël avait, à son tour, placé ce territoire sous son administration, sans pour autant l’annexer et ce, jusqu’à ce qu’à l’automne 2005, Ariel Sharon décide le désengagement israélien.

Logiquement, les lancements de roquettes contre les Israéliens auraient dû cesser.

Il n’en a, malheureusement, rien été : à défaut de tirs contre des implantations ou des campements militaires israéliens dans la Bande de Gaza, ce sont les tirs de roquettes, jusqu’alors sporadiques en direction du territoire israélien, qui se sont développés, donnant, apparemment, mais apparemment raison, à ceux qui, en Israël, ont critiqué la décision prise, avec beaucoup de courage lucidité, par Ariel Sharon.

De même, des incursions de terroristes ont continué à se produire, jusqu’à ce que les autorités israéliennes bouclent pratiquement l’accès du territoire israélien en réduisant au maximum l’accès des Palestiniens.

Du coup, le nombre de travailleurs palestiniens a chuté considérablement, avec pour conséquence l’augmentation du taux de chômage dans la Bande de Gaza.

Mais à qui la faute ?

Contrairement à ce que les médias continuent à trouver normal, rien n’oblige Israël à faire appel à de la main d’ouvre palestinienne, ni même à établir des échanges commerciaux avec ce territoire.

Sous réserve d’engagements internationaux, tels ceux relatifs à l’Union européenne ou l’Organisation mondiale du Commerce, qui ne sont pas concernées en l’occurrence, les Etats sont libres de réglementer l’accès de leur territoire et l’orientation de leur commerce extérieur.

On ne voit pas pour quelles raisons, les Palestiniens de la Bande de Gaza s’en prennent à Israël pour le rendre responsable de leur situation économique difficile, alors que l’Egypte est tout aussi proche.

C’est d’ailleurs ce que viennent de comprendre des milliers de Palestiniens qui ont fait des brèches dans le « mur » (tiens, tiens...) que les Egyptiens avaient construit pour isoler la Bande de Gaza de leur territoire.

Non seulement, on ne voit pas pourquoi l’Egypte ne prendrait pas en charge l’approvisionnement de la Bande de Gaza, mais, de plus, le marché du travail égyptien devrait s’ouvrir aux frères palestiniens, dès lors que ceux-ci se révèlent incapables de se prendre en charge eux mêmes (comme si les infrastructures quasi-inexistantes n’étaient pas en mesure d’offrir du travail dans le territoire même).

De plus, la responsabilité de l’Egypte est évidente, au regard de l’ampleur des actions terroristes menées à partir de la Bande de Gaza, car en exerçant effectivement son autorité sur l’ensemble de son territoire, y compris dans le désert du Sinaï, l’Egypte serait en mesure d’empêcher l’approvisionnement en armes et explosifs utilisés contre Israël.

On retrouve, au sud, la même carence qu’au nord, où le Liban s’est toujours refusé à empêcher que son territoire ne serve de base d’actions dirigées contre Israël.

De telle sorte qu’Israël est, toujours, obligé d’agir unilatéralement pour assurer sa sécurité.

C’est le même impératif qui justifie le blocus aérien et maritime auquel Israël soumet la Bande de Gaza.

Ni l’Autorité (sic) palestinienne même avant juin 2007 (ne parlons pas de la situation résultant, depuis cette époque, de la prise en mains du territoire par le Hamas, axé sur la destruction d’Israël), ni la Communauté (sic) internationale n’ont jamais pris conscience du fait qu’Israël ne pouvait tolérer que les routes aériennes et maritimes, vers la Bande de Gaza, suppléent les difficultés d’approvisionnement, par voie terrestre, en armes et munitions.

Au risque d’être accusé de paranoïa, nous pensons qu’une fois encore, il est plus facile de prendre le Juif comme bouc émissaire.


Les textes

Mots-clés

Accueil