Le Hamas défie de nouveau l’Egypte

Par Khaled Abou Toameh © Jerusalem Post édition française

mercredi 23 janvier 2008

L’Egypte a envoyé un avertissement ferme au gouvernement du Hamas à Gaza mardi 22 janvier après que des Palestiniens ont forcé le passage de Rafiah. Au moins 90 Palestiniens, la plupart des femmes, ont été blessés par des gardes-frontière égyptiens qui ont utilisé des gaz lacrymogènes, des matraques et des canons à eau pour disperser les manifestants. Ceux-qui protestaient contre le bouclage de Gaza par les autorités israéliennes.


Un policier égyptien a été blessé pendant l’affrontement, le plus violent depuis la prise de pouvoir du Hamas à Gaza.

« Le gouvernement égyptien a envoyé un avertissement au Hamas à la suite des incidents », a déclaré un diplomate égyptien au Jerusalem Post. « Nous tenons le gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza pour responsable des émeutes qui ont lieu à notre frontière aujourd’hui ».

Les affrontements ont éclaté après que les manifestants ont forcé le terminal qui marque la frontière entre Gaza et l’Egypte, chantant des slogans contre le président égyptien Hosni Moubarak et d’autres dirigeants arabes.

Houda Naim, un député Hamas qui a participé à la manifestation, a accusé les gardes-frontières égyptiens d’avoir lancé des chiens contre les manifestants. Elle a déclaré que des femmes refusaient de revenir à Gaza avant que l’Egypte n’ouvre de nouveau le passage. « Les Egyptiens participent au blocus imposé sur la bande de Gaza », Naim explique. « Nous appelons le président Hosni Moubarak à réouvrir les frontières pour que les malades puissent aller dans les hospitaux en Egypte et dans les autres pays arabes ».

Les officiels du Hamas ont exprimé leur profonde déception devant le refus de l’Egypte d’aider les gens qui vivent à Gaza. Un officiel a indiqué qu’il trouvait « honteux » que l’Egypte empêche les Palestiniens de voyager en Egypte pour recevoir des soins médicaux. « Le matin, nous avons entendu que l’Egypte envoyait des renforts à la frontière avec la bande de Gaza », a-t-il déclaré. « Nous pensions que les renforts venaient aider les Palestiniens, qui sont sans médicaments, sans eau et sans électricité. Mais il est apparu plus tard que Moubarak a envoyé ses troupes pour frapper des femmes qui manifestaient pacifiquement ».

Le porte-parole du Hamas Sami Abou Zouhri a déclaré que son mouvement préparait d’autres manifestations du même genre les jours à venir malgré les menaces des autorités égyptiennes. « La crise dans la bande de Gaza ne sera pas réglée par du carburant en plus », a-t-il expliqué. « Notre but est de mettre fin au siège et de réouvrir toutes les frontières pour que notre peuple puisse respirer ».

Un grave incident avait déjà opposé le Hamas aux autorités égyptiennes il y a un mois. Des Palestiniens qui revenaient du pèlerinage de la Mecque étaient restés bloqués au passage de Rafiah après qu’Israël avait exigé qu’ils empruntent un autre passage auquel ils seraient contrôlés. Israël soupçonnait certains membres du Hamas, qui appartenaient au groupe de pèlerins, d’avoir profité de leur séjour en Arabie-Saoudite pour collecter des millions de dollars.

Les Palestiniens avaient refusé d’emprunter le passage israélien de peur que certains terroristes soient arrêtés.

Des centaines de Palestiniens étaient restés bloqués au passage de Rafiah où ils avaient insulté Moubarak et son gouvernement, les accusant de collaborer avec Israël. Leurs protestations avaient été relayées en Egypte par les Frères musulmans.

Finalement, Moubarak avait cédé au Hamas suite à une intervention de l’Arabie-Saoudite : il avait autorisé les Palestiniens à rentrer à Gaza via Rafiah, sans aucun contrôle. Le gouvernement Hamas de Gaza avait vu dans cette décision une grande victoire pour le mouvement.

Mercredi 23 janvier tôt dans la matinée, des milliers de Palestiniens ont forcé le passage de Rafiah, se précipitant en Egypte.


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