Payer l’Islam pour notre culpabilité occidentale

Par Diana West | Jewish World Review - Adaptation française de Sentinelle 5768 ©

samedi 29 décembre 2007

Noël est arrivé en avance pour l’Autorité Palestinienne, quand la « communauté internationale » a décidé non seulement de satisfaire la requête du président de l’AP Mahmoud Abbas pour une aide de 5,6 milliards de $, mais y a jeté près de 2 milliards de $ de plus. Pourquoi ? L’AP a-t-elle mis fin à ses procédés terroristes ? Faire cesser la provocation cautionnée au plus haut niveau contre Israël et l’Occident ? Modifier la Charte du Fatah (oubliée celle du Hamas) appelant à la destruction d’Israël.


Hélas, non, non et non. Nous accablons l’AP de richesses pour d’autres raisons, et je vais en discuter une ci-dessous.

Mais d’abord une digression : Noël évidemment, ne concerne pas l’AP, même si c’est le cas des milliards occidentaux. Malgré un petit nombre de Chrétiens (et en décroissance), l’AP est une terre d’Islam - ‘Dar al Islam’. Cela fait d’Israël, l’objet de l’animosité destructrice de l’AP, un ‘Dar el Harb’, terre de guerre, d’accord ?

D’accord. Mais pas selon le scénario politiquement correct de la « communauté internationale ». Nous n’avons jamais discuté le contexte islamique des conflits « arabo-israéliens ». Mais comment pourrions-nous autrement espérer les comprendre ? L’idéologie du jihad inspire la lutte arabe contre Israël. Elle l’explique aussi. En tant que seul pays non musulman au sein du Dar al Islam du Moyen-Orient, comme seule nation « dhimmie » à revendiquer sa terre autrefois conquise par l’Islam, l’existence même d’Israël est une atteinte à la « Umma », ou communauté islamique. Dans le même contexte, ce que nous appelons « aide étrangère » à l’AP, peut être comprise comme une forme de « jizya », l’impôt de protection payé aux Musulmans par les non musulmans.

Ce faisant, nous créons un puits sans fond de culpabilité et de responsabilité occidentales pour la souffrance des Musulmans, dans ce cas l’AP. Ils souffrent non pas en conséquence de leur soif religieuse et politique de sang, en vue de la destruction des Juifs en Israël (les infidèles les plus proches), mais parce qu’il y a des Juifs en Israël. En d’autres termes, c’est de la faute de tous les autres sauf la leur. L’Islam - en particulier l’idéologie jihadiste - n’est pas à blâmer. Jetez plus d’argent dans le trou.

Bien entendu, cela ne peut fonctionner que tant que nous ne cessons pas de mal interpréter cette idéologie. Et combien de temps cela prendra-t-il ? Probablement à tout jamais - et d’abord tant que nous continuons de nous incliner face aux mêmes autorités qui nous mettent dans ce désordre mental.

A l’occasion, j’ai commencé l’agenda annuel en songeant à ce sujet - exonérer l’Islam - tout en discutant un documentaire de PBS* sur l’antisémitisme dans le monde islamique. La conclusion de l’émission : ce qui n’est pas la faute d’Israël est celle de l’Occident.

Bien, vous ne pouvez pas en attendre moins de PBS (à Gauche). Ce qu’il y avait de saisissant dans le message cependant, c’était l’un de ses messagers : rien moins que l’éminent historien Bernard Lewis. Il déclara que l’antisémitisme n’a pas même existé au Moyen-Orient jusqu’à ce que les colons chrétiens européens ne l’importent. Vous n’avez pas besoin d’être un lettré de la stature de Lewis pour savoir que la colonisation européenne du Moyen-Orient n’a pas commencé avant que 1100 ans d’antisémitisme islamiques n’ait suivi son cours dans le Coran, dans les commentaires canoniques sur le Coran, et dans une longue et douloureuse histoire (pour les chrétiens aussi).

Du fait que Lewis est probablement la voix la plus influente sur l’Islam à notre époque - en particulier pour les hautes sphères de la politique étrangère des USA - ses déclarations sont plus que significatives. Qu’il ait raison, ou tort comme dans ce cas, elles deviennent la sagesse dominante, ou la renforcent.

Cela vient à l’esprit parce que Lewis l’a réitéré - en tenant l’Europe pour responsable des traditions de mauvais goût de l’Islam. Ecrivant sur le blog de « The American Thinker », l’auteur de « The Legacy of Jihad » (publié chez Prometheus, 2005)** et de la publication à venir, « The Legacy of Islamic Anti-Semitism »***, Andrew Bostom cite un récent discours dans lequel Lewis disait : « l’autoritarisme présent dans la région du Moyen-Orient ne fait pas partie des traditions arabes et musulmanes, mais il a été importé d’Europe ». Bostom continue en citant un chapitre et un verset abondants - comprenant des écrits antérieurs de Lewis lui-même - démontrant que « la tradition arabe et musulmane » n’avait pas besoin de leçons de l’Europe en matière d’autoritarisme.

Pourquoi Lewis fait-il des déclarations contredites par les données de l’histoire ? Si la chrétienté européenne est vraiment la source du mal islamique - c.a.d. de l’antisémitisme et de l’autoritarisme - l’Islam en sera exonéré, et la faute retombera sur l’Occident. Que ce soit le point de vue de Lewis, c’est en tout cas l’effet produit par Lewis

Et c’est certainement la sagesse dominante. Pas très avisée, cependant, quand elle contribue à nourrir l’espèce de culpabilité apaisée seulement en donnant des milliards de dollars à des assassins et des voleurs.


http://www.jewishworldreview.com/12...


Notes du traducteur :
*PBS = “Public Broadcasting Service”, site hébergeant plus de 1000 émissions de télévision sur Internet aux USA.
**« The Legacy of Jihad » (Prometheus, 2005)** : l’héritage du jihad
***"The Legacy of Islamic Anti-Semitism : l’héritage del’antisémitisme


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