L’improbable paix israélo-palestinienne

Par Guy Senbel pour Guysen International News

vendredi 21 décembre 2007

Cette semaine, nous souhaiterions attirer l’attention de nos lecteurs sur les relations entre Israël et les Palestiniens, depuis la Conférence internationale des Donateurs lundi 17 octobre à Paris, première étape supposée de la construction de la paix, telle qu’elle fut imaginée par les protagonistes d’Annapolis qui décidèrent de rendre viable la création d’un Etat palestinien indépendant en lui octroyant les moyens financiers de son indépendance.


Quelle indépendance ? Celle d’un peuple désuni, trompé par l’histoire et exploité par ses amis qui entretiennent ainsi la haine d’Israël grâce au « malheur palestinien ».

Quelle indépendance ? Celle d’un peuple divisé par l’idéologie et que la géographie sépare désormais. Les Palestiniens de Gaza, ainsi que leurs leaders, ne sont pas les Palestiniens de Ramallah. Les uns cultivent la terreur, les autres tenteraient de construire leur avenir.

Quelle indépendance ? Celle d’un Etat souverain qui devrait abriter deux entités autonomes, incapables aujourd’hui de garantir à Israël la fin des tirs de missiles et d’obus de mortier depuis la bande de Gaza sur le Néguev occidental ?

Lier l’indépendance d’un Etat à son autonomie financière, en négligeant outrageusement ses ambitions diplomatiques et ses projets politiques, comporte un risque d’autant plus fort que les promesses de financement des 90 pays qui participaient à la Conférence des Donateurs ont largement dépassé les attentes. 7,4 milliards de dollars ont été promis pour permettre la construction d’un Etat palestinien. Quel Etat ?

Un Etat qui ne peut plus assumer d’abriter en son sein une composante politique importante, surtout si celle-ci refuse de reconnaître l’Etat d’Israël, son voisin immédiat, dont la légitimité devrait être acquise pour tous.
La trêve proposée par Ismaïl Hanyeh est aujourd’hui considérée comme un « bluff » par le Président Shimon Peres ; les leaders politiques du Hamas commettent un semblant de geste politique en direction d’Israël dans le but exclusif de recevoir leur manne.

Un Etat qui ne peut pas assumer des tirs de missiles quotidiens sur Israël sans prendre le risque que les chefs des organisations terroristes soient traqués et éliminés, comme ce fut le cas dans la nuit du 17 au 18 décembre. Après avoir été intensément frappé par des missiles, Israël a réagi en éliminant 13 terroristes palestiniens.

Si la Palestine était aujourd’hui un Etat, elle serait officiellement en guerre contre Israël.

Voilà pourquoi la paix semble improbable. Même si certains leaders sont aujourd’hui pressés de faire la paix, les fondamentaux du conflit n’ont pas changé.

Le Chef du futur Etat palestinien devra assurer la paix, la paix civile, et le respect du droit international. La fin du terrorisme. La reconnaissance d’Israël, comme un Etat indépendant et juif. La libération immédiate de Guilad Shalit.

La responsabilité d’Israël tiendra plutôt dans le fait que l’Etat hébreu renonce aujourd’hui à de nombreuses exigences, qui pourraient constituer autant de conditions à l’édification du futur Etat voisin palestinien. L’éradication du terrorisme n’est pas posée comme un préalable absolu et nécessaire à tout dialogue vers la paix, et la question de Jérusalem semble avoir été rapidement traitée. Souvenons-nous pourtant du mot du Prix Nobel de littérature, l’écrivain juif hongrois Imre Kertesz, interviewé dans « L’Express » qui consacre cette semaine son numéro spécial de fin d’année à l’histoire du peuple juif : « En réalité, la Diaspora n’existe plus depuis que Jérusalem est la capitale d’Israël ». Quand le sera-t-elle pour toutes les Nations ?

Ce soir, nous pensons à Guilad Shalit, Ehoud Goldwasser et Eldad Reguev, trois soldats d’Israël retenus en otage par le Hamas et le Hezbollah depuis 545 jours.

Chabbat Shalom,


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