Focus : Yom HaShoah - Journée du souvenir des martyrs et des héros de la Shoah

Ambassade d’Israel

mercredi 27 avril 2022, par Desinfos

Yom Hashoah 2022 se déroulera cette année le jeudi 28 avril. La cérémonie officielle d’ouverture aura lieu le soir du mercredi 27 avril, à 20h (heure israélienne), à Yad Vashem
En Israël, la Journée du souvenir de la Shoah et de l’héroïsme (en hébreu Yom HaShoah) est une journée de commémoration nationale, dédiée à la mémoire des six millions de Juifs assassinés au cours de la Shoah. C’est un jour solennel, qui débute le 27 du mois hébraïque de Nissan au coucher du soleil et s’achève le lendemain soir, comme le veut la tradition juive


Dans tout le pays, des cérémonies commémoratives sont organisées et les lieux de divertissement sont fermés. La Journée du souvenir de la Shoah et de l’héroïsme 2022 s’ouvrira par la cérémonie officielle organisée à Yad Vashem, en présence du président de l’État d’Israël et du Premier ministre, de dignitaires et de survivants de la Shoah. Six torches, représentant les six millions de Juifs assassinés, seront allumées.

Le lendemain matin, une sirène retentira pendant deux minutes dans tout le pays. Toute activité est alors suspendue, les piétons s’immobilisent, les voitures s’arrêtent sur le bas-côté et tous observent deux minutes de silence en hommage aux victimes de la Shoah.

Après la sirène, un dépôt de gerbes au pied des six flambeaux par des dignitaires et des représentants de survivants ou autres institutions, est prévu. D’autres sites de commémoration en Israël, comme le kibboutz des combattants du ghetto ou le kibboutz Yad Mordechai, accueillent également des cérémonies commémoratives, ainsi que les écoles, les bases militaires, les municipalités et certains lieux de travail. Tout au long de la journée, la télévision et la radio diffusent des émissions consacrées à la Shoah. Ces dernières années, d’autres pays et communautés juives ont adopté la date du 27 du mois de Nissan, celle de Yom Hashoah, pour commémorer les victimes de la Shoah.

Yom Hashoah 2022 se déroulera cette année le jeudi 28 avril. La cérémonie officielle d’ouverture aura lieu le soir du mercredi 27 avril, à 20h (heure israélienne), à Yad Retransmission en direct de la cérémonie d’ouverture de Yom Hashoah 2022

La cérémonie officielle, marquant le début de Yom Hashoah, Journée du souvenir des victimes et de l’héroïsme de la Shoah se tiendra à Yad Vashem, mercredi 27 avril à 20h00 (heure israélienne). Elle se déroulera en présence du Président de l’État d’Israël et du Premier Ministre, de dignitaires et de survivants de la Shoah.

Rendez-vous Jeudi 28 avril à 13h30 (heure française) sur nos réseaux sociaux (Facebook & Instagram) pour suivre en DIRECT LIVE la cérémonie de Yom HaShoah

Flambeaux de la mémoire :

Portraits des 6 survivants qui ont allumé la torche lors de la cérémonie de Yom HaShoah
Chaque année, six rescapés de la Shoah sont choisis par Yad Vashem pour allumer six flambeaux, en mémoire des six millions de Juifs assassinés pendant la Shoah. Leurs histoires personnelles font écho au thème central choisi par Yad Vashem pour cette Journée du souvenir.

Shmuel BLUMENFELD
Shmuel Blumenfeld naît en 1926 à Cracovie, Pologne, au sein d’une famille de rabbins et de scribes. A sa naissance, le foyer (sept personnes) déménage vers le nord, dans la ville de Proszowice.

En septembre 1939, quelques jours après l’invasion de la Pologne, Proszowice est occupée par les Allemands.

« Début 1942, ils ont sélectionné les jeunes pour le travail forcé, mais j’y ai échappé. Puis quand ils ont arrêté mon père, je me suis présenté. J’ai été battu et détenu dans une prison, et de là, envoyé à Plaszow, un camp de travaux forcés des environs de Cracovie. »

Yehoshua Heshl Blumenfeld, son père, y sera assassiné.

En juin 1942, Shmuel est témoin d’une Aktion : des Juifs sont déportés de Cracovie. "J’ai vu des Allemands, des Polonais et des hommes de la police juive encadrer les déportés. Ils les ont jetés dans les trains et ont verrouillé les wagons. Je savais qu’ils les envoyaient à la mort. J’ai décidé de m’échapper et de rentrer chez moi. Je voulais mourir avec ma famille. Je me suis enfui avec ma pelle et j’ai fait le voyage retour de 40 kilomètres, jusqu’à Proszowice.

En août 1942, avant la liquidation des Juifs, la ville est encerclée.

« J’ai dit à mon ami : ’Fuyons vers le camp de travail.’ Ma mère [Roza Blumenfeld née Platkewicz] m’a également exhortée à le faire. Elle sentait que tous les Juifs de la ville allaient mourir. Elle m’a donné la moitié de l’argent qu’elle possédait. Je n’aurais jamais imaginé que ce serait la dernière fois que je verrais ma famille. »

Shmuel réussit à s’échapper vers le ghetto de Cracovie, avant la déportation des Juifs de Proszowice vers le camp de Belzec. Mais en mars 1943, le ghetto est liquidé et Shmuel, déporté à Auschwitz. À son arrivée, il est sélectionné pour le travail forcé et envoyé dans une mine de charbon.

Le 18 janvier 1945, à l’approche de l’Armée rouge, Shmuel est contraint à une Marche de la mort avec d’autres prisonniers. Arrivé à Buchenwald, il est transféré au camp de Reimsdorf, où on lui fait nettoyer des éclats d’obus et réparer les toits endommagés par les bombardements alliés.

En avril 1945, nouvelle Marche de la mort - cette fois vers le ghetto de Terezin. Enfin, en mai 1945, Shmuel est libéré par l’Armée rouge. Il rentre en Pologne à la recherche de sa famille. A sa grande désolation, il découvre que tous ses proches ont été assassinés. Il rejoint un kibboutz du mouvement de jeunesse Dror et s’investit au sein du mouvement « Bericha » - l’immigration illégale de centaines de milliers de survivants de la Shoah, depuis l’Europe occidentale jusqu’à Eretz Israël (Palestine mandataire).

En 1948, Shmuel immigre en Israël et s’enrôle dans les rangs de l’armée. A sa démobilisation, il intègre l’administration pénitentiaire. Il est l’un des gardes d’Adolf Eichmann lors de son procès. « Je lui ai montré le numéro sur mon bras et lui ai dit : ‘Vous voyez, c’est un numéro authentique. J’étais à Auschwitz pendant deux ans et j’ai survécu.’ »...Lire la suite

Rebecca ELIZUR
Rebecca-Branca Lissauer (épouse Elizur) naît en 1934 à Amsterdam. Fille de Jack, marchand de textile, et de Rosalie-Rachel, elle a un frère aîné, Joop-Joshua.

En mai 1940, lorsque l’Allemagne nazie envahit les Pays-Bas, Rebecca est en classe de CP.

A l’été 1942, sa famille est arrêtée.

« Maman nous a demandé de préparer un sac. Une nuit, nous avons été emmenés de chez nous au Théâtre juif d’Amsterdam. J’ai pleuré toute la nuit. »

La famille est conduite au camp d’Amersfoort et de là au camp de transit de Westerbork, d’où, à partir de l’été 1942, des trains de déportation partent chaque semaine vers les camps d’extermination d’Europe de l’Est.

« Nous nous tenions près des trains en partance et adressions des aurevoirs. Les adultes autour de moi pleuraient parce qu’ils savaient que quiconque montait dans ces trains ne reviendrait jamais. »

Les Juifs emprisonnés à Westerbork vivent dans la peur constante de figurer sur la liste des déportés. Quelques mois plus tard, c’est au tour de la famille Lissauer, mais comme Jack est détenteur d’un passeport britannique, ils sont échangés contre des Allemands détenus par les Alliés occidentaux. Au lieu d’être envoyée à l’Est, la famille est déportée à Bergen-Belsen, où se concentrent les candidats à l’échange. « On a été déportés comme des bêtes. On était les uns sur les autres, sans endroit pour respirer. Les gens se soulageaient sur eux-mêmes. Des fenêtres, on voyait des gens dans les gares, des gens ordinaires, bien habillés. Cela n’avait aucun sens. »

Une fois dans le camp, Rebecca et sa mère sont séparées de son père et de son frère. « Mère encourageait les autres prisonniers en disant : ’Ce qu’ils nous font, ça finira, parce que ce n’est pas possible que nous soyons maltraités pour rien. Nous devons garder courage, espérer et croire que nous survivrons à cela.’ Cela a aidé beaucoup de gens. »

« Nous souffrions d’une faim terrible. Nous avions soif de nourriture. Une fois, alors que je voyais une femme manger du pain, je n’ai pu m’empêcher de la regarder, jusqu’à ce qu’elle me gronde. Ma mère a gardé la foi, même lorsqu’elle était très faible et souffrait de maladies dues à la malnutrition. Tous les jours, nous devions nous tenir debout pendant l’appel. Ils nous comptaient encore et encore, comme si quelqu’un pouvait s’enfuir. Nous dansions dans le froid pour nous réchauffer. »..Lire la suite

Zvi GILL

Zvi Glazer (qui changera son nom en Gill) voit le jour en 1928 dans la ville de Zduńska Wola, en Pologne. Fils aîné d’Israël et Ester, Juifs ultra-orthodoxes aisés, il a deux frères plus jeunes, Arieh-Leib et Shmuel. Il suit des études juives en parallèle d’un enseignement général.

Au printemps 1940, un ghetto est créé dans la ville. A sa liquidation, en août 1942, les Allemands procèdent à un recensement du centre-ville. « J’étais aux côtés de mon grand-père David », se souvient Zvi. « Ils nous ont emmenés au cimetière, et là, ils nous ont séparés. Mon père et mes frères sont partis dans les camions à gaz de Chelmno. Je n’ai pas lâché la main de grand-père, mais un Allemand l’a frappé et nous avons été séparés de force. »

La mère de Zvi est infirmière en chef à l’hôpital du ghetto. Elle sait que tous les alités sont condamnés à mort : elle encourage chaque patient à se lever, même ceux qui tiennent à peine sur leurs jambes. Puis, coiffée de sa toque de la Croix-Rouge, elle sort et marche jusqu’au point de rassemblement, au cimetière.

Zvi retrouve sa mère. Tous deux sont transportés par wagons à bestiaux jusqu’au ghetto de Lodz où Zvi devient membre du Mouvement de jeunesse sioniste. « Nous nous réunissions clandestinement. Nous apprenions sur la Terre d’Israël et chantions des chansons sionistes. Une bulle humaine au milieu de l’enfer. Mais quand nous quittions cette bulle, en rêvant à la Terre d’Israël avec son ciel bleu, nous tombions sur des cadavres étendus sur les trottoirs en attente d’être ramassés dans des charrettes ou des brouettes. » Pendant l’Aktion, sa mère le cache dans un placard. Grâce à son métier, elle réussit à échapper aux rafles...Lire la suite

Olga KAY

Olga Kay (née Czik) voit le jour en 1926 dans la ville d’Ujfeherto, en Hongrie. Elle est la neuvième d’une fratrie de 10 enfants. La famille, observante, vit grâce au magasin de chaussures du père, Eliyahu. Ses frères étudient au Heder, et le dimanche prennent des cours d’hébreu.

Le 15 avril 1944, la famille est déportée au village de Simapuszta.

« Nous n’étions pas riches. J’ai pris un petit paquet : des vêtements et des bijoux. Au début, on nous a conduits à la mairie, et quatre semaines plus tard, quand suffisamment de gens s’y étaient rassemblés, on nous a emmenés à pied au ghetto de Nyíregyháza. On a dormi sur de la paille jetée sur le plancher. »

Le 22 mai 1944, Olga et sa famille sont déportés dans des wagons à bestiaux vers Auschwitz. Un voyage de trois jours.

« Quand nous avons passé la frontière, mon père a dit : ’Mes amours, nous allons mourir.’ Il a pris les bijoux que nous avions et les a jetés dans un seau plein d’excréments pour que les Allemands ne les trouvent pas. »

Une fois à Auschwitz, une partie de la famille est emmenée directement dans les chambres à gaz pour y être assassinée : les parents d’Olga, Eliyahu et Lea ; sa sœur Margaret et la fille de Margaret, Suzie ; le fils de sa sœur aînée, Bella, Asher. Olga et sa sœur Eva passent la sélection : “On nous a emmenées dans une chambre avec d’autres femmes, où on nous a déshabillées et rasées de la tête aux pieds”. Elles sont ensuite envoyées au travail forcé, puis transférées, en juillet 1944, dans le camp de Kaufering en Allemagne. « Un jour, il y a eu un raid aérien jusque dans la ferme où nous travaillions. On a conduit les prisonniers russes dans des bunkers et les filles juives dans un autre bâtiment. Le bunker a été directement touché par les bombes, mais pas le bâtiment, et les filles sont sorties indemnes. »

En novembre 1944, Olga et Eva sont transférées au camp de Bergen-Belsen. Un mois plus tard, Bella les y rejoints et les trois sœurs se retrouvent. "Nous étions criblées de poux. Nous dormions sur un sol bondé. Tout le monde était malade et souffrait de diarrhée. Nous n’avions pas le temps d’aller aux toilettes extérieures. Les gens mouraient les uns après les autres. Nous ne réfléchissions pas, nous ne nous parlions pas de ce qui pouvait arriver. La mort était devenue banale. Aujourd’hui, c’est toi, et demain, celui d’à côté...Lire la suite

Arie SHILANSKY

Arie Shilansky voit le jour en 1928, dans la ville de Siauliai. Il est le plus jeune de 4 enfants d’une famille sioniste. Son père, Yosef Zvi Shilansky, décède avant sa naissance.

En juin 1941, les Allemands envahissent la Lituanie. Quelques semaines plus tard, un ghetto est créé à Siauliai, Arie et sa famille y sont emprisonnés.

« Là, nous avons vécu la faim et l’humiliation. Je me souviens de l’horreur de la pendaison publique de Bezalel Mazowiecki, qui avait tenté de faire passer de la nourriture et des cigarettes en contrebande. »

Le 5 novembre 1943, commence dans le ghetto l’Aktion des enfants. « Ma sœur Chana est arrivée en courant en criant : ’Cours à l’usine Frenkel !’ Nous avons fui le ghetto. Le contremaître juif de l’usine nous a rapidement cachés dans un entrepôt, a camouflé la porte derrière une armoire en fer et m’a dit : »Il y a quinze jeunes enfants ici. Tu es l’aîné. Fais en sorte de faire régner un silence complet pour que personne ne vous découvre. Je leur racontais des histoires pour les faire taire. Lorsque les gens rentraient au ghetto après leur journée de travail et apprenaient que leurs enfants avaient été enlevés, nous entendions de terribles cris d’horreur. Des femmes s’arrachaient les cheveux et se cognaient la tête contre le mur. Leurs cris résonnent encore aujourd’hui.« En juillet 1944, à l’approche de l’Armée rouge, le ghetto est évacué et ses prisonniers envoyés vers l’ouest. Parmi eux se trouve Arie, qui, au terme de plusieurs jours de surpeuplement terrible dans un wagon à bestiaux, arrive au camp de concentration de Stutthof, dans le nord-est de la Pologne. »En une minute, j’ai été séparé de ma famille et laissé seul. Nous avons été forcés de nous déshabiller. Tout le monde a été rasé.« La nourriture était rare et les prisonniers, régulièrement battus. »Seules les personnes aptes étaient envoyées au travail, certainement pas les jeunes garçons comme moi. Mais nous voulions tous vivre, alors nous essayions de rejoindre les rangs des adultes. Nous avions compris que seul celui qui travaillait, survivrait.« A plusieurs reprises, Arie est extrait des rangs des travailleurs et sévèrement battu par les gardes pour avoir tenté de les rejoindre. Il réussira finalement à se faufiler dans un groupe envoyé dans l’un des sous-camps de Dachau en Allemagne, où il est affecté aux travaux forcés. Début 1945, il est transféré au camp de Landsberg, où il retrouve son frère, Dov. A l’approche des Alliés, les deux frères, avec les autres prisonniers sont contraints à une Marche de la mort. »Le 1er mai 1945, nous avons passé la nuit, dans une neige abondante entre deux montagnes. Des SS se sont positionnés autour de nous avec des mitrailleuses. Nous avons cru qu’ils allaient nous tuer. Le matin, quand nous nous sommes réveillés, les SS étaient partis. Au loin, nous avons entendu des bruits lourds. Les Américains. La libération était venue."...Lire la suite

Shaul SPIELMANN

Shaul Spielmann naît à Vienne, Autriche, en 1931. Il est le fils unique de Benno, ingénieur pour la Compagnie autrichienne d’électricité, et de Jossefa, pianiste qui dirige l’épicerie fine familiale.

« Au lendemain de l’Anschluss, en mars 1938, le directeur nous informe, à moi et à deux autres étudiants juifs, qu’en raison des lois de Nuremberg, nous ne pouvions pas continuer à étudier à l’école. Je suis rentré chez moi en larmes. Ce même jour, mon père annonçait son licenciement. »

« Deux jours plus tard, des agents SA entrent par effraction dans notre appartement. L’un d’eux pointe un pistolet sur ma tempe et déclare à mon père que s’il ne lui remet pas l’argent, l’or et les objets de valeur de la maison, il me fera sauter la cervelle. Ma mère s’est évanouie. Mon père leur a tout donné. J’avais terriblement peur que l’officier ne tire accidentellement, son doigt était sur la gâchette. »

Les Allemands confisquent alors l’appartement et l’épicerie familiale. La famille subsiste grâce au travail trouvé par Benno au sein de la communauté juive. Ils restent en Autriche, avec le grand-père de Shaul, trop malade pour partir.

Une nuit de septembre 1942, Shaul et sa famille sont envoyés dans une école juive transformée en centre de détention, et de là, emmenés dans le ghetto de Terezin. Un an plus tard, en novembre 1943, ils sont déportés à Auschwitz.

« J’aimerais pouvoir oublier la rampe de Birkenau. Là, les portes de l’enfer se sont ouvertes. Nous étions entourés de SS et de leurs chiens féroces. De tous côtés, des cris sortis des haut-parleurs et des projecteurs aveuglants. » Les personnes âgées, tombées sur la rampe à la descente du train, sont piétinées à mort par ceux qui les suivent. C’était glacial. Même le sang versé était gelé.« La grand-mère de Shaul trouvera la mort dans le camp. Jossefa, tombée malade, est transférée au bloc Infirmerie. »J’ai frappé au mur et crié son nom jusqu’à ce qu’elle me réponde. J’ai réussi à déplacer une planche de bois pour regarder à l’intérieur. Elle n’était qu’un squelette, incapable de sortir du lit. Un matin, son corps a été emmené sur un chariot.« Le nom de Shaul figure sur la liste des prisonniers destinés à l’extermination. Son père Benno, qui travaille au bureau du camp comme greffier, le transfère vers une liste de garçons plus âgés, le sauvant ainsi de la mort. Puis, Benno est envoyé dans un autre camp de travail. »J’ai vu mon père parmi les prisonniers qui défilaient. J’ai réussi à lui lancer un sac par-dessus la clôture électrifiée. Il a levé son poing : ’Tiens bon’. C’est la dernière fois que je l’ai vu." En août 1944, Shaul est sélectionné pour l’extermination. Cependant, le surveillant du bloc des enfants, Viennois de naissance, fait appel de la décision, arguant que Shaul est indispensable au travail. Le jeune garçon est sauvé une fois de plus.

En janvier 1945, Shaul et les autres prisonniers sont contraints à une Marche de la mort. « Nous avons marché dans les forêts, sur des chemins jonchés de cadavres. La nuit, les prisonniers gisaient par terre dans le givre ; le matin, certains étaient morts de froid. »

Il est libéré par l’Armée américaine dans le camp de Gunskirchen. Après sa convalescence, il immigre en Eretz Israël (Palestine mandataire) et se porte volontaire dans les rangs du Palmah....Lire la suite

Cérémonie au Mémorial de la Shoah

Du 27 avril 2022 à 19h au 28 avril 2022 à 19h seront lus sur le parvis du Mémorial de la Shoah 31 convois : du convoi 38 au convoi 73.

La cérémonie de Yom HaShoah est date retenue par l’État d’Israël pour la commémoration en mémoire des victimes de la Shoah et des héros de la Résistance juive pendant la Seconde Guerre mondiale, elle se déroule sous la forme d’ une lecture publique ininterrompue de 24 heures, de jour comme de nuit.

Des 76 000 noms inscrits sur le Mur des Noms, sont prononcés, un à un, les noms des personnes déportées de France. Quelque 200 personnes, anciens déportés, parents, bénévoles, enfants… liront à tour de rôle, à partir des listes issues du Livre Mémorial de la déportation de Serge Klarsfeld, (éd. Association des FFDJF), les noms de « ceux dont il ne reste que le nom » (Simone Veil).

La cérémonie est ouverte au public sur le parvis du Mémorial de la Shoah de 19h à 1h45 puis de 6h à 19h.

De 1h45 et 6h, les lectures des convois 49 à 55 seront lus en distanciel, sur zoom.

Témoignage d’Isabelle Choko, ancienne déportée.

La cérémonie sera entièrement diffusée en direct sur le site internet du Mémorial de la Shoah, ainsi que sur les pages Facebook et Youtube.

Manifestation réalisée sous l’égide de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, en partenariat avec le Judaïsme en Mouvement (JEM), l’association des Fils et Filles des déportés juifs de France (FFDJF) à l’initiative de cette cérémonie, et le Consistoire de Paris...Plus d’informations.

Littératures :

Bruno Halioua, Les médecins d’Auschwitz, Editions Perrin

S’appuyant notamment sur des témoignages de survivants, Bruno Halioua étudie le rôle des médecins SS dans le processus d’extermination des Juifs à Auschwitz-Birkenau. Il décrit également comment les médecins déportés, contraints d’officier à leurs côtés dans le camp, contribuèrent à sauver des vies.

Acteurs de la sélection pour les chambres à gaz, les médecins SS participent aux opérations de gazage et à la mise à mort des malades considérés comme inaptes au travail. À l’instar de Josef Mengele, ils se livrent à de terribles expérimentations sur des détenus.

Affectés à l’hôpital du camp, les médecins déportés sont relativement privilégiés vis-à-vis des autres détenus qui doivent travailler à l’extérieur dans des conditions extrêmement rudes. Contraints d’assister les SS dans leurs tâches, ils usent des faibles moyens dont ils disposent pour soigner les malades et tenter de sauver des compagnons d’infortune. Mais jusqu’où aller pour sauver des vies sans se condamner soi-même ?

Philippe Mesnard, « Traces de vie à Auschwitz, un manuscrit clandestin », Editions Le Bord de l’eau

Le Recueil Auschwitz (en yiddish Dos zamlbukh Oyshvits) a été écrit durant les derniers jours du camp d’Auschwitz par Abraham Levite et un groupe de déportés juifs qui restent, à ce jour, anonymes.

Abraham Levite ayant survécu à son évacuation, a fait parvenir le manuscrit au YIVO à New York. Bien qu’écrit clandestinement, ce texte est différent de ceux des Sonderkommandos : il a la singularité d’être à la fois une préface et un projet pour une anthologie qui aurait dû regrouper l’ensemble des textes produits à Auschwitz par les déportés juifs. Cette dimension testimoniale collective le rapproche des collectes menées dans les ghettos, la plus connue étant celle du groupe Oyneg Shabbos, initié par Emanuel Ringelblum. Le Recueil Auschwitz est en cela exemplaire de la littérature du Khurbn (de la destruction, c’est-à-dire de la Shoah).

Le présent ouvrage, dirigé par Philippe Mesnard, est animé par le double projet, d’une part, de livrer un commentaire pluriel de ces pages exceptionnelles en donnant la parole à sept spécialistes de la littérature yiddish et de la Shoah, d’autre part, de promouvoir cette littérature auprès d’un public élargi, y compris scolaire (d’où l’implication d’enseignants du secondaire travaillant sur les questions testimoniales).

Pour une meilleure approche de la langue, sont présentées deux traductions, l’une ancienne de Batia Baum et l’autre récente de Rachel Ertel, permettant ainsi aux lecteurs de mieux saisir les nuances de ce texte à la fois programmatique – tourné vers l’avenir – et proprement littéraire.


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