Les combines du Hamas pour contourner le boycott économique

Jerusalem Post édition française

mardi 2 octobre 2007

Pour arrondir leurs fins de mois et contourner le boycott de la communauté internationale, les membres du Hamas, qui ont pris le contrôle de la bande de Gaza, revendent des cigarettes confisquées, prélèvent de nombreuses dîmes, font du trafic d’argent liquide et mettent aux enchères des véhicules gouvernementaux. Aucune banque ne traite directement avec le Hamas.


Le mouvement de la résistance islamique se tourne donc vers des bureaux de change et des commerçants pour recevoir des fonds de l’Iran, de pays arabes et d’organisations caritatives islamiques à l’étranger, affirment des dirigeants du Fatah, le mouvement rival, et d’autres personnes au fait des sources de financement du Hamas.

Mais les frontières de la bande de Gaza sont fermées, le boycott des fonds s’intensifie et le Hamas subit de multiples pressions. Pour y faire face, il impose notamment des taxes élevées pour les immatriculations des véhicules et les certificats de naissance, alors que les grandes compagnies opérant sur son territoire doivent payer des taxes plus élevées.

Le mouvement de la résistance islamique, considéré par une grande partie de la communauté internationale comme un groupe terroriste, est privé de l’aide étrangère qui arrive en Cisjordanie, où un gouvernement pro-occidental dirigé par le président Mahmoud Abbas, du Fatah, a pris le contrôle, suite au coup de force du Hamas dans la bande de Gaza.

Pour l’heure, le Hamas parvient à rester à flot financièrement, recevant la plus grande partie de son argent par le biais de marchands, de bureaux de change et d’organisations caritatives, affirme Saadi al-Korans, secrétaire général du gouvernement de Mahmoud Abbas. Le Hamas laisse en général les intermédiaires garder 20% des sommes qu’ils lui remettent, précisent Korans et d’autres dirigeants du Hamas.

Le Fatah essaye d’arrêter le flux financier grâce à une nouvelle loi anti-blanchiment, mais les membres du Hamas ont depuis longtemps contourné des législations similaires imposées par Israël et l’Occident. Selon des dirigeants palestiniens, la principale source de financement du Hamas continue à être l’Iran, en plus de donations collectées dans plusieurs pays arabes et ailleurs.

Le ministre de l’Economie du Hamas, Ziad Zaza, assure que son mouvement fait face aux difficultés en gérant au mieux son budget et en se montrant plus économe que les précédents gouvernements du Fatah. Par exemple, le Hamas dit avoir réduit de moitié les frais du gouvernement en carburant, parce que « maintenant, l’épouse d’un officier de haut rang ne se rend pas dans un luxueux magasin de vêtements et ne paye pas ses achats avec des coupons d’essence ».

Les salaires des membres importants du Hamas ont été divisés par deux, voire plus, selon un Palestinien qui travaille pour une organisation humanitaire internationale. Autre mesure d’économie : des véhicules du gouvernement sont mis aux enchères. On a aussi taxé 7 000 Gazaouis de 420 dollars chacun pour faire le pèlerinage à La Mecque.


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