Pour quelle raison la Corée du Nord condamnerait-elle la frappe israélienne ?

Par David Horovitz | Jerusalem Post Edition Française

lundi 17 septembre 2007

Parallèlement aux rapports des médias américains selon lesquels le raid israélien qui a frappé la Syrie la nuit du 6 septembre visait une installation nucléaire syro-nord-coréenne, John Bolton, ancien ambassadeur américain à l’ONU, a déclaré au Jerusalem Post ce week-end que « la logique simple » veut que la Corée du Nord et l’Iran aient déplacé leur développement nucléaire vers « un pays n’éveillant pas les soupçons » - à savoir la Syrie.


« Pourquoi la Corée du Nord condamnerait-elle une attaque israélienne contre la Syrie ? » a-t-il souligné.

Selon Bolton, la Syrie, qui aspire depuis longtemps à acquérir des armes de destruction massive, pourrait avoir consenti à fournir « des équipements d’enrichissement d’uranium » sur son territoire aux deux pays alliés, qui font l’objet du contrôle de la communauté internationale en raison de leurs travaux nucléaires.

Selon le Washington Post, l’installation frappée est officiellement caractérisée par les Syriens de centre de recherches agricoles. Le chargement visé est arrivé au port syrien de Tartus le 3 septembre, trois jours avant l’attaque de Tsahal.

La frappe de l’aviation de Tsahal eu lieu « sous une telle sécurité opérationnelle stricte que les pilotes assurant la couverture aérienne ignoraient les détails de la mission », a rapporté samedi 15 septembre le Washington Post, citant un expert américain qui aurait interrogé des participants israéliens. « Les pilotes qui ont effectué l’attaque ont été mis au courant seulement une fois en l’air », a ajouté le journal.

L’ambassadeur syrien aux Etats-Unis, Imad Moustapha, a averti ce week-end qu’Israël « paierait le prix » du raid. Interviewé par Newsweek, Moustapha a qualifié de « ridicule et fausse » l’idée d’une coopération nucléaire syro-nord-coréenne. « Il n’y a aucun équipement syro-nord-coréen en Syrie », a-t-il affirmé.

Interrogé sur l’intérêt pour la Syrie d’héberger une partie du programme nucléaire nord-coréen, Bolton a rappelé « la compensation iranienne » et a noté qu’un tel partenariat est certes risqué pour la Syrie, mais valable « quand vous êtes aussi alignés que la Syrie l’est avec l’Iran ».

Bolton s’est également dit frappé par la « façon hésitante » dont Damas s’était plaint au Conseil de sécurité des Nations unies. « Ils [les Syriens] n’ont pas appelé à la condamnation aussi fermement qu’ils savent le faire. Ils n’ont toujours pas expliqué la nature de l’attaque. Si cela avait été une attaque contre une installation militaire ou contre des civils, ils n’auraient eu aucune difficulté à expliquer. »


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