Comment empÍcher la guerre

Par David Horovitz | Jerusalem Post ťdition franÁaise

mercredi 25 juillet 2007

Si les derniŤres informations sur un accord d’armes d’un montant d’un milliard de dollars conclu durant la visite du prťsident iranien Mahmoud Ahmadinejad ŗ Damas sont exactes, la Syrie s’apprÍte ŗ faire la nouba. Au cours de l’annťe ťcoulťe, en alternant rhťtorique pacifiste et propos agressifs, le rťgime syrien aurait dťjŗ acquis pour un milliard de dollars d’armes sophistiquťes.


Peut-√™tre est-ce l’√©tiquette de taille de ces armes qui a incit√© le pr√©sident syrien Bashar Assad √† d√©clarer √† son Parlement la semaine derni√®re que « les Isra√©liens devraient se rappeler que le prix de la paix est inf√©rieur au co√Ľt de la guerre. »

Nous n’avons pas besoin d’Assad pour nous rappeler le prix de la guerre, un prix que nous avons pay√© depuis le r√©√©tablissement de l’Etat juif il y a pr√®s de 60 ans. Nous n’avons pas besoin non plus de sp√©culations infinies sur une guerre avec la Syrie que beaucoup s’attendent √† voir √©clater cet √©t√©, comme si les guerres se pr√©voyaient telles des vacances ou des campagnes √©lectorales.

Les guerres sont en effet parfois affect√©es par des erreurs de calcul et par la d√©sinformation. En 1967, par exemple, le roi Hussein de Jordanie s’est d√©cid√© √† attaquer Isra√ęl sur la base des fausses informations √©gyptiennes selon lesquelles le Caire avait d√©fait Isra√ęl, alors que dans les faits, l’arm√©e de l’air √©gyptienne avait √©t√© d√©truite au sol dans les premi√®res heures du conflit.

Les causes sous-jacentes d’une guerre sont rarement inopin√©es ; elles sont le r√©sultat des conceptions agressives de r√©gimes dictatoriaux. Ces r√©gimes d√©cident d’attaquer lorsqu’ils pensent qu’il est de leur int√©r√™t d’agir ainsi. C’est donc la t√Ęche d’Isra√ęl et de la communaut√© internationale de s’assurer qu’une telle attaque ne sera pas dans l’int√©r√™t du r√©gime d’Assad.

Dans cet objectif, il faut notamment clairement signifier √† Assad, comme l’a fait le Premier ministre Ehoud Olmert, qu’Isra√ęl se tient pr√™t √† entamer des n√©gociations de paix directes et inconditionnelles avec Damas. Nous ne nous imaginons pas qu’Assad soit int√©ress√© par de telles n√©gociations, ni par la signature d’un trait√© de paix. Mais l’offre doit √™tre, et est clairement, sur la table.

Les offres de paix, cependant, ne peuvent pas √™tre un facteur de dissuasion, car la Syrie n’est pas int√©ress√©e par la paix. Au contraire, la Syrie lutte contre la paix avec Isra√ęl de toutes ses forces, y compris par le biais des forces les plus oppos√©es √† la paix avec Isra√ęl, comme le Hamas et le Hezbollah. Comme d’autres dictatures arabes, la Syrie se sert de son inimiti√© avec Isra√ęl pour d√©tourner l’attention de son propre r√©gime rat√©, et il n’y a aucune raison de croire que ses calculs vont changer.

En cons√©quence, le facteur d√©terminant dans la pr√©vention d’une attaque syrienne est un facteur d√©mod√© : la force de dissuasion. La Syrie doit comprendre que le co√Ľt de l’attaque sera beaucoup plus √©lev√© que celui que m√™me un r√©gime qui ne se soucie pas des int√©r√™ts de son peuple n’est enclin √† payer.

La force de dissuasion n’est pas juste une question de capacit√©s militaires, mais d’intentions clairement exprim√©es, y compris de r√©percussions diplomatiques plus larges. Le r√©gime syrien devrait comprendre l’√©vidence, √† savoir qu’Isra√ęl d√©truira non seulement n’importe quelle force attaquante, mais qu’en r√©ponse √† une attaque, il √©liminera les capacit√©s militaires du r√©gime et menacera donc la survie du r√©gime. De plus, le moindre tir de missile contre des civils isra√©liens sera suivi d’une attaque totale et directe des atouts du r√©gime.

La communaut√© internationale peut √©galement jouer un r√īle important dans la pr√©vention d’une possible erreur de calcul syrienne en clarifiant √† l’avance les r√©sultats diplomatiques d’un tel assaut. Si le r√©gime d’Assad, par exemple, comprenait qu’une attaque serait suivie d’une initiative europ√©enne et am√©ricaine visant √† imposer les sanctions du chapitre 7 sur Damas au conseil de s√©curit√© de l’ONU, et du soutien total du droit d’Isra√ęl √† l’autod√©fense, la possibilit√© d’une telle agression serait nettement r√©duite.

Pour √™tre cr√©dible, cependant, l’ONU doit s’assurer que les r√©solutions d√©j√† vot√©es sont appliqu√©es. La Syrie viole ouvertement l’embargo onusien sur le soutien au Hezbollah sans aucune cons√©quence. Les Etats-Unis et l’Europe n’ont pas suffisamment fait pression sur le gouvernement libanais pour exiger le d√©ploiement de la Finul le long de la fronti√®re libano-syrienne afin de lutter contre la contrebande d’armes.

L’incapacit√© √† punir la Syrie et √† faire appliquer la R√©solution 1701 risque d’inciter le Hezbollah ou la Syrie √† attaquer Isra√ęl et devrait √™tre imm√©diatement corrig√©e, ind√©pendamment de toute la rh√©torique sur des pourparlers de paix ou d’une proposition de conf√©rence r√©gionale.


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