Enquête sur des propos de Dieudonné sur France 3

Reuter

mercredi 24 décembre 2003

Le parquet de Paris a annoncé mercredi l’ouverture d’une enquête préliminaire de police sur des propos tenus par « l’humoriste » Dieudonné M’Bala M’Bala le 1er décembre, sur le plateau de l’émission « On ne peut pas plaire à tout le monde », sur France 3.


« Le sketch et les propos incriminés apparaissent en effet susceptibles de constituer une diffamation à caractère racial », écrit le procureur de Paris Yves Bot dans un communiqué.

Dans une émission spéciale sur les humoristes, diffusée en direct, Dieudonné s’était présenté, vêtu d’un treillis, cagoulé et portant le chapeau caracté-ristique des juifs orthodoxes.

Il avait invité « les jeunes qui nous regardent aujourd’hui dans les cités à rejoindre l’axe américano-sioniste » et conclu son propos par un salut nazi et le cri : « IsraHeil ! ».

Le procureur de Paris précise avoir pris sa décision « conformément aux instructions permanentes du garde des Sceaux », exprimées dans des circulaires générales portant sur les propos et les actes racistes.

Le sketch de Dieudonné a provoqué un fort malaise dans les milieux de la télévision et l’animateur Marc-Olivier Fogiel a présenté en direct ses excuses aux téléspectateurs dans l’émission suivante, le 5 décembre.

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a demandé des explications à la direction de France 3 en parlant de « défaut de maîtrise » et a lancé une « mise en garde contre le renouvellement de tels faits ».

Même Jamel Debbouze,ami de Dieudonné,auquel le sketch litigieux était destiné, a regretté l’attitude de l’humoriste : « Son sketch était nul et déplacé. On a besoin de tout, sauf de jeter de l’huile sur le feu », a-t-il dit à Libération lundi.

De son côté, Dieudonné a demandé des excuses à France 3, qui, selon lui, l’a accusé à tort d’antisémitisme.

Poursuivi une première fois pour « apologie du terrorisme » après des propos où il disait « préférer le charisme de Ben Laden à celui de George Bush », il avait été relaxé par le tribunal de Paris le 11 juillet.



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