Un chroniqueur saoudien : « L’Amérique, puissance libératrice et non occupante (…) Bush entrera dans l’histoire comme le Libérateur de Bagdad »

MEMRI

mercredi 24 décembre 2003

Dans un article du quotidien saoudien Arab News, le chroniqueur Mohammed Al-Rashid se félicite de la capture de Saddam Hussein par les forces américaines, voyant en la personne du président George W. Bush un libérateur. Voici quelques extraits de sa chronique : (1)


« Méfiez-vous de la marche de l’histoire ou de l’Ides de Mars [The Ides of March], comme vous préférez. Ceux qui ont des yeux et des oreilles tireront les leçons de la destitution de Saddam et des images pathétiques diffusées dans le monde. Envolés les palais, les fanfaronnades, la cruauté inconsciente, les ressources financières et humaines illimitées. De tout cela, il ne reste plus qu’un minable vieillard, aussi pathétique aujourd’hui que sa montée et sa chute furent tragiques et meurtrières.

Dictateurs et meurtriers sont une race à part. Les plus chanceux meurent dans leurs bureaux. [Mais] la majorité finissent par subir l’humiliation et la colère de leurs victimes et de ceux qui leur ont survécu. Faites le compte avec moi et remplissez les blancs à votre guise : le Shah, Bokassa, Idi Amin, Ceausescu, Sese Seko du Zaïre, Hitler, Mussolini, la machine soviétique, sans oublier Saddam, le fils de Hussein, qui ne fut pas l’un des moins dictatoriaux. Les plus remarquables furent les plus courageux : Néron et Hitler ; au moins Néron a-t-il eu le courage de tomber sur son épée en regrettant que Rome perde un ’grand artiste’. Je me demande à qui le tour, maintenant.

La liesse à Bagdad fut une honte pour les médias arabes. L’Amérique, pour un court moment au moins (…), est devenue un libérateur et non plus un occupant. Je ne puis m’empêcher d’être béat de satisfaction, car ce que j’ai vu m’a permis de croire à nouveau qu’il existe une justice en ce monde. J’avais presque perdu espoir. Il a fallu un George Bush pour me le restituer. J’ai beaucoup de points de désaccord avec lui, et bien que de nombreux Américains pensent comme moi, je dois accorder [à George Bush] le crédit qu’il mérite. Il entrera dans l’histoire arabe comme le libérateur de Bagdad, même si toute la mission à Bagdad n’aboutit à rien de plus que cela.

« (…) La réalité que nous devons admettre est qu’il a fallu [l’intervention] des Américains pour libérer Bagdad de son dictateur. Le monde arabe a connu une nouvelle poussée d’impuissance. Au risque de paraître naïf, j’aimerais savoir où se trouvaient tous ces ’combattants de la liberté’, cette ’résistance’, ces ’partisans de la liberté en Irak’ quand cet homme [le dictateur de Bagdad] fut pris de folie meurtrière. (…) Ne devrions-nous pas à présent avoir la sagesse de laisser une chance aux Américains, si ce n’est leur donner un véritable coup de main ?

Nous avons entamé cette période post 11 septembre en affrontant les Américains avec force et virulence. Nous ne pouvions admettre que l’un des nôtres se comporte de façon aussi barbare. La vérité est apparue avec le temps. Quelle que soit la raison de l’intervention américaine en Irak, le résultat final n’aurait pu être meilleur pour les Irakiens et plus prometteur pour les autres Arabes.

Oserons-nous dire Carpe Diem et profiter véritablement du moment présent ? »

(1) Arab News (Arabie Saoudite), le 18 décembre 2003

L’Institut de Recherche Médiatique du Moyen-Orient (MEMRI) est une organisation indépendante à but non lucratif qui traduit et analyse les médias du Moyen-Orient. Des copies des articles et autres documents cités, ainsi que toute information d’ordre général, sont disponibles sur simple demande.


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