Le Conseil européen suspend sa mission humanitaire à Gaza

Claire Dana Picard - Arouts 7

vendredi 15 juin 2007

Les Européens se font encore des illusions. Toutefois, le Conseil européen a décidé de suspendre pour le moment sa mission humanitaire dans la bande de Gaza en raison des affrontements de plus en plus sanglants entre le Hamas et le Fatah. C’est le Commissaire européen au développement, Louis Michel, qui a annoncé cette décision en ajoutant cependant qu’il espérait « renouveler ce programme le plus tôt possible ».


De son côté, l’UNRWA, l’agence de l’Onu chargée de l’aide humanitaire aux Palestiniens, a interrompu depuis mercredi ses activités dans la région. Elle a pris cette initiative après avoir perdu deux de ses hommes, des Palestiniens, qui ont été pris entre les feux des factions terroristes et ont trouvé la mort dans les combats à Gaza.

Le premier a été tué à Khan Younès lorsque plusieurs terroristes du Hamas ont fait exploser un tunnel souterrain passant sous un immeuble abritant les forces armées d’Abou Mazen. Le second a été pris pour cible au moment où il ramassait des ordures, dans la ville même de Gaza.

Le porte-parole de l’Onu, Christopher Gunness, a précisé que les soins vitaux que prodiguaient des équipes médicales de l’organisation internationale avaient cessé et qu’il n’y avait plus aucune distribution de vivres. Il a souligné que le secteur était décidément devenu trop dangereux pour les employés des Nations unies.

Sur le terrain, des responsables des organisations de l’Onu ont fait part à leur tour de leurs préoccupations face aux violences inouïes dont ils étaient témoins quotidiennement. Ils ont estimé que les conséquences de ces combats de rues, sur le plan humanitaire, risquaient d’être catastrophiques.

Les autorités israéliennes craignent elles aussi que la situation ne dégénère au point de devenir incontrôlable. Le chef du département politique et sécuritaire du ministère de la Défense, Amos Guilad, a estimé que « les derniers développements dramatiques dans la bande de Gaza risquaient d’avoir des conséquences sur toute la région ». Il a estimé qu’il fallait lancer une guerre sans merci contre les infiltrations d’armes dans le secteur qui sont pour le Hamas des « bouffées d’oxygène lui permettant de respirer ». Cela signifie en clair qu’elles fournissent à l’organisation terroriste les équipements militaires qui lui sont nécessaires pour poursuivre les combats.

Mais les services de sécurité israéliens auraient également manifesté leur inquiétude face au risque d’une ‘’catastrophe humanitaire’’. Le site NRG du quotidien Maariv indique à ce sujet que de hauts responsables militaires envisageraient même d’entamer des pourparlers avec des éléments du Hamas afin de ‘’tenter de trouver une solution, suite à la fermeture des passages entre Israël et Gaza, en vue d’éviter une crise’’.


La revue des infos

Mots-clés

Accueil