Juin 2007, 40 ans aprŤs...

Jehudi Kinar, Ambassadeur d’IsraŽl en Belgique et au Luxembourg

mercredi 6 juin 2007

Ce mois de juin 2007 commťmorant quarante ans depuis la Guerre des Six jours est le prťtexte ŗ une kyrielle d’activitťs europťennes sous la banniŤre de « 40 ans d’occupation, Áa suffit. »


Cela suffit, en effet.

Depuis 1993 et les accords d’Oslo, Isra√ęl a amorc√© un tournant historique en acceptant de mettre un terme √† sa pr√©sence dans les territoires palestiniens en vue d’une solution globale du conflit. En d√©pit de la deuxi√®me Intifada et de ses attentats sanglants, le gouvernement isra√©lien a r√©affirm√© ce principe, concr√©tis√© sur le terrain par l’√©vacuation totale de la Bande de Gaza et un d√©sengagement du nord de la Samarie.

Derni√®rement, le Premier ministre isra√©lien Ehud Olmert et la ministre des Affaires √©trang√®res Tsipi Livni ont clairement r√©p√©t√© leur objectif, deux Etats vivant c√īte √† c√īte en paix, objectif partag√© et soutenu par la majorit√© de la population isra√©lienne.

Pour les d√©tracteurs d’Isra√ęl, l’occupation expliquerait aujourd’hui non seulement tous les maux de la population palestinienne en Cisjordanie, dans la bande de Gaza (o√Ļ il n’y a plus aucun signe de pr√©sence isra√©lienne, ni synagogues, ni civils isra√©liens), au Liban, mais aussi en Iraq, dans tout le monde arabe et en Iran.

L’occupation serait la cause du terrorisme international de Barcelone √† Bali, de Londres √† Casablanca, de New-York √† Ryad. Cette vision r√©ductrice est fausse.

Pour rappel, avant ces quarante ans, aucun Israélien ne se trouvait ni à Jérusalem-Est, ni en Cisjordanie, ni dans la Bande de Gaza. Ils y étaient même interdits de séjour.

Et pourtant le terrorisme palestinien contre Isra√ęl √©tait d√©j√† tr√®s actif bien avant 1967. Quant au Pr√©sident √©gyptien Nasser, il affirmait quelques jours avant le d√©but de la Guerre des Six jours, « Notre objectif sera la destruction d’Isra√ęl. Le peuple arabe veut se battre. » Des propos qui rappellent √©trangement les diverses d√©clarations du Pr√©sident iranien Ahmadinejad sur Isra√ęl et notamment lors de son dernier discours le 3 juin 2007, « Le compte √† rebours pour la fin d’Isra√ęl a commenc√©."

Quarante ans apr√®s, au lieu d’accuser l’occupation et Isra√ęl de tous les maux, de ressasser √† l’envi le pass√©, de manier la d√©magogie, il serait peut-√™tre temps d’avancer des propositions constructives qui encourageraient le retour aux n√©gociations. Au lieu de radoter en r√©p√©tant des slogans creux et des clich√©s √©cul√©s, de se livrer √† des mascarades path√©tiques en construisant de faux murs, les amis des Palestiniens devraient les encourager √† construire et √† ne pas d√©truire, √† choisir la voie du dialogue et non celle de l’extr√©misme.

Quarante ans apr√®s, travaillons ensemble pour que la solution √† deux Etats soit r√©alisable. Isra√ęl a besoin d’un partenaire cr√©dible. Un partenaire qui n’inciterait pas dans ses colonies de vacances ou en d√©tournant l’image de la souris am√©ricaine Mickey dans ses programmes de t√©l√©vision, ses propres enfants √† choisir la mort et non la vie. Un interlocuteur qui renoncerait √† tirer des Kassams sur des objectifs civils en r√©ponse √† la main tendue d’Isra√ęl. Un vis-√†-vis qui n’utiliserait pas le droit au retour des r√©fugi√©s comme cheval de Troie pour d√©truire √† long terme Isra√ęl. Il faut √™tre deux pour danser le tango. L’adh√©sion au principe de deux Etats vivant c√īte √† c√īte doit √™tre un objectif clairement affirm√© du c√īt√© palestinien, le retour √† la situation d’avant 1967 n’√©tant au vu tant des d√©clarations du Hamas que des d√©veloppements sur le terrain qu’une √©tape vers la fin d’Isra√ęl dans la lign√©e d’un Nasser ou d’un Ahmadinejad.

Pour m√©moire, Isma√ęl Hanyeh d√©clarait, le 2 avril, sur Al Jazeera : « La question de la reconnaissance d’Isra√ęl est un sujet qui a √©t√© cl√ītur√© une fois pour toutes. Elle a √©t√© trait√©e dans notre litt√©rature politique, dans notre pens√©e islamique et dans notre culture djihadiste qui d√©terminent nos actions. Il est hors de question de reconna√ģtre Isra√ęl »

Et dans un communiqu√© du 4 juin, le Hamas pr√©cisait : « La lutte contre l’occupation continuera jusqu’√† ce tous les territoires arabes et islamiques soient lib√©r√©s, y compris Ha√Įfa et Jaffa ».

Le peuple palestinien doit choisir entre la mod√©ration qui conduira √† la paix ou l’extr√©misme qui perp√©tuera la violence.

Si la voix des modérés devient plus audible, la solution est déjà à portée de main.


Les textes

Mots-clés

Accueil