« Je dťfends le droit d’IsraŽl ŗ se protťger »

Par Alexandre Del Valle & David Reinharc | Jerusalem Post ťdition franÁaise

lundi 7 mai 2007

Desinfos.com n’est jamais intervenu dans la campagne ťlectorale prťsidentielle, certains nous l’ont reprochť (des deux cotťs). Mais maintenant que Nicolas Sarkozy a ťtť ťlu par les FranÁais, nous publions une interwiew du « candidat de l’Union pour un mouvement populaire », qui s’adressait aux Israťliens entre les deux tours ...


Elle y est globalement bien parvenue jusqu’√† aujourd’hui, sans aucun doute d’ailleurs parce que la France, sous l’impulsion vigilante de Jacques Chirac, avait exig√© d√®s le d√©part que les conditions d’efficacit√© de l’action de la force internationale soient r√©unies : un mandat clair et renforc√© par rapport √† la Finul, des r√®gles d’engagement pr√©d√©finies.

Pour autant, l’√©quilibre reste fragile dans la r√©gion. Le d√©sarmement des milices en particulier, fondamental pour la stabilit√©, doit rester un sujet majeur de pr√©occupation pour le gouvernement libanais. Plus qu’√† la Finul 2, c’est √† ce dernier d’organiser l’abandon des armes par les milices et d’emp√™cher le r√©armement de certaines d’entre elles en assurant un v√©ritable contr√īle de la fronti√®re syro-libanaise.

Ce qui est souhaitable, c’est que le processus politique libanais puisse red√©marrer, que les Libanais reprennent pleinement leur destin en mains et retrouvent le chemin du dialogue interne. Le d√©p√īt des armes aux autorit√©s l√©gitimes du Liban serait le meilleur gage d’un retour durable √† la paix.

Pour ma part, je consid√®re cette initiative, r√©cemment relanc√©e au sommet de Riyad, comme utile pour permettre la relance du processus de paix. Si l’on veut la paix et la stabilit√©, il faut bien commencer par se parler, en particulier entre voisins. On ne sortira de l’impasse actuelle que par une solution n√©goci√©e, dont le sort des r√©fugi√©s est un √©l√©ment.

Ceci √©tant dit, je suis √©videmment soucieux de l’√©quilibre entre d’une part, le droit d’Isra√ęl √† la s√©curit√© et √† la reconnaissance de ses voisins, d’autre part le droit des Palestiniens √† un Etat. Je suis tr√®s profond√©ment attach√© √† cet √©quilibre.

Il n’y a de solution viable et durable que dans la garantie qu’Isra√ęl ne se verra pas menac√© dans son existence, mais aussi dans la r√©affirmation de la vocation des Palestiniens √† s’organiser en un Etat viable.

Par ailleurs, la paix d’Isra√ęl d√©pend aujourd’hui largement du renforcement des capacit√©s de police et de maintien de l’ordre dans les territoires palestiniens. Elle d√©pendra demain du caract√®re viable de l’Etat palestinien, notamment de sa continuit√©.

S’agissant du Hezbollah, je comprends que l’on puisse se poser la question que vous √©voquez compte tenu de l’attitude de cette organisation et des moyens auxquels il lui arrive de recourir. Je ne suis pas convaincu cependant de l’utilit√© d’avoir un tel d√©bat dans le contexte libanais o√Ļ il faut rechercher l’apaisement.

Je ne peux qu’√™tre favorable √† l’application dans toutes ses dispositions de la r√©solution 1559, qui pr√©voit notamment le d√©sarmement du Hezbollah. Si celui-ci est le parti politique qu’il dit √™tre, qu’il se comporte vraiment comme tel et d√©pose enfin les armes.

Car il ne sera pas possible de relancer l’Europe et de b√Ętir de grands projets europ√©ens pour pr√©parer l’avenir avec les institutions actuelles qui n’ont pas √©t√© con√ßues pour une Union europ√©enne √† 27 membres.

Mais deux ans d’immobilisme, cela suffit. Quand le projet europ√©en n’avance pas, il recule, et il recule d’autant plus vite que le monde √©volue de fa√ßon acc√©l√©r√©e et qu’il ne nous attend pas. Alors, en attendant des refontes plus ambitieuses qui ne pourront intervenir au mieux avant les prochaines √©lections au Parlement europ√©en, c’est-√†-dire pas avant 2009, je propose de reprendre sans tarder les dispositions les plus consensuelles de la premi√®re partie du projet de Trait√© constitutionnel.

C’est que j’appelle le Trait√© simplifi√©. Je suis convaincu qu’un consensus entre les diff√©rents Etats membres peut √™tre rapidement trouv√© sur cette base. J’ai confiance dans la bonne volont√©, le r√©alisme et le d√©sir d’avancer de l’ensemble de nos partenaires.
S’agissant de la Turquie, c’est un grand pays et un grand alli√© pour lequel j’ai beaucoup de respect.

Si je suis oppos√© √† son adh√©sion, ce n’est pas parce que je suis contre la Turquie mais parce que je suis pour l’Europe politique. Il me semble en effet qu’il y aurait une contradiction fondamentale entre l’adh√©sion de la Turquie et le projet d’une Europe plus int√©gr√©e sur le plan politique.

L’Union europ√©enne ne peut s’√©tendre ind√©finiment et doit avoir des fronti√®res. Et il me semble que pour des raisons historiques, g√©ographiques et culturelles, la Turquie n’a pas vocation √† se situer √† l’int√©rieur de ces fronti√®res. Sauf √† ce que ces fronti√®res soient communes demain avec la Syrie ou l’Irak, ce qui me semble difficilement acceptable.

Je vous rappelle par ailleurs que lorsque la perspective d’une adh√©sion de la Turquie a √©t√© envisag√©e, c’√©tait il y apr√®s de 45 ans et qu’√† l’√©poque, il s’agissait d’adh√©rer √† un march√© commun, √† une union douani√®re, pas √† une union politique.

Je plaide donc pour l’√©tablissement d’un partenariat strat√©gique, √©conomique et aussi culturel privil√©gi√© avec la Turquie comme avec d’autres Etats du pourtour m√©diterran√©en. L’union euro-m√©diterran√©enne que j’ai propos√©e s’inscrit dans ce cadre. L’Europe √† l’√©vidence, √† commencer par la France et l’Italie, ne peut tourner le dos √† la m√©diterran√©e qui est une donn√©e structurante de son identit√© comme de sa stabilit√©.

L’important dans cette crise est de maintenir la fermet√© et l’unit√© de la communaut√© internationale face √† cette √©preuve de v√©rit√© pour sa d√©termination √† contenir les risques de prolif√©ration. C’est bien le sens de l’action des Europ√©ens depuis 2003. Cette politique de fermet√© et de dialogue est aujourd’hui partag√©e par l’ensemble des membres permanents du Conseil de s√©curit√©. C’est dans cette continuit√© que s’inscrira mon action si je suis √©lu.

S’agissant de M. Ahmadinejad, je vous rappelle les propos que j’ai d√©j√† tenus sur son attitude et ses positions. Ses interventions appelant √† la destruction d’Isra√ęl ou niant la r√©alit√© de la Shoah sont totalement inadmissibles et irresponsables. Je ne suis d’ailleurs pas s√Ľr qu’elles aient √©t√© partag√©es par une majorit√© d’Iraniens, loin de la m√™me.


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