La communauté internationale joue la prudence - et pour cause - après l’accord Fatah-Hamas

samedi 10 février 2007

Le Premier ministre Hamas Ismaïl Haniyeh a été reconduit dans ses fonctions, après un communiqué « poudre aux yeux », il a été chargé de former un gouvernement d’union nationale. Ce futur gouvernement est sensé « respecter » les accords conclus par l’OLP, ce qui impliquerait une reconnaissance implicite de l’État d’Israël.


Après deux jours « d’âpres négociations », Mahmoud Abbas, président de l’Autorité Palestinienne , et Khaled Mechaal, chef à Damas du mouvement terroriste palestinien Hamas, ont signé à La Mecque un accord qui vise à mettre fin à la violence inter-palestinienne qui a fait 90 morts depuis décembre.

Cet accord interdit donc l’effusion du « sang palestinien », affirme « l’unité nationale »et adopte le "dialogue comme seul moyen pour le règlement des conflits interpalestiniens.

Selon Cristina Gallach, porte-parole du diplomate en chef de l’Union Européenne Javier Solana, il serait formé dans « deux à trois semaines ».

L’accord impose la renonciation à la violence entre Palestiniens, mais n’évoque pas la reconnaissance d’Israël ni celle les accords israélo-palestiniens, deux exigences posées par le Quartet (Etats-Unis, Union européenne, Russie, Nations unies) pour lever les sanctions financières imposées au gouvernement palestinien depuis l’arrivée du Hamas au pouvoir en mars 2006.

Les pays occidentaux ont réagi prudemment. Une réunion du Quartet est prévue le 21 février. La question est désormais de savoir si Israël et les pays occidentaux se contenteront de ce compromis et lèveront les sanctions financières imposées aux Palestiniens.

Ainsi, Paris appelle la communauté internationale à soutenir la formation du gouvernement d’union nationale. Saluant ‘l’intervention décisive du roi d’Arabie Saoudite pour faciliter l’aboutissement des négociations’, Philippe Douste-Blazy, chef de la diplomatie française, a estimé que le respect des résolutions internationales et des accords conclus par l’OLP constituaient « un pas ... » vers la reconnaissance d’Israël.

Les Palestiniens renvoient la balle dans le camp d’Israël, des Etats-Unis et de l’Europe, souligne Al-Quods, le principal journal des territoires palestiniens, selon lequel le Hamas sort renforcé, car il a fait preuve de « flexibilité »...

En Israël, Haaretz, estime que le futur gouvernement palestinien d’union nationale pose « un véritable problème pour le gouvernement israélien », car il sera dirigé par Ismaïl Haniyeh, issu du Hamas, qui « ne reconnaîtra pas Israël » mais « ce ne sera plus un gouvernement du Hamas ».

Les Etats-Unis ont réagi avec une extrême prudence à la signature de cet accord. Washington réserve son avis, en attendant d’examiner le document, mais souligne ses exigences « d’avoir un gouvernement palestinien qui soit pleinement un partenaire de négociation avec Israël et se conforme aux conditions du Quartet », dont le plan de paix prévoit la coexistence de deux États, israélien et palestinien. L’Union Européenne analyse l’accord de « façon positive mais prudente » et regardera de près dans quelle mesure le futur gouvernement sera en phase « avec les principes posés par la communauté internationale », avant de lever le boycott politique et financier.

Londres a qualifié l’accord de « développement intéressant et important ».

Pour sa part, Moscou estime que « seule une telle voie peut conduire à la stabilisation » de la région et appelé le Quartet à discuter d’une levée du blocus économique.

Le Quartet se réunira le 21 février prochain à Berlin, a annoncé ce vendredi la porte-parole du diplomate en chef de l’Union Européenne Javier Solana.

Cette réunion permettra de faire le point après la réunion tripartite prévue le 19 février entre Mme Rice, le président palestinien Mahmoud Abbas et le Premier ministre israélien Ehud Olmert. La dernière réunion du Quartet s’était tenue le 2 février à Washington.

Le Hamas continue cependant d’afficher son intransigeance.

Ce vendredi, le mouvement terroriste palestinien a affirmé que l’accord signé à La Mecque ne signifie pas une reconnaissance d’Israël.

Selon Ismaïl Radwane, porte-parole du Hamas, l’accord sur un gouvernement d’union nationale a été conclu sur la base du document d’entente signé en juin dernier par tous les mouvements palestiniens qui « ne reconnaît pas la légalité de l’occupation »...

« Nous ne reconnaîtrons jamais Israël. Il n’existe pas d’entité nommée Israël, ni dans la réalité ni dans l’imagination », a confirmé Nizar Rayyane, un haut responsable du Hamas dans la bande de Gaza.


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