Hamas et Hezbollah : même objectif final

par David Ruzié, professeur émérite des universités, spécialiste de droit international

lundi 29 janvier 2007

La Bande de Gaza et le Liban se trouvent depuis quelques jours en proie à des troubles violents qui, pour la Bande de Gaza, s’apparentent presqu’à une guerre civile, à en juger par le nombre de morts (une trentaine, depuis jeudi).


Dans les deux cas, on trouve à leur origine deux mouvements qui se présentent, officiellement, comme des mouvements de résistance, mais qui, de fait, sont des organisations terroristes.
Le Hamas (acronyme, signifiant, aussi « enthousiasme », mais dont les sigles désignent le « mouvement de la résistance islamique) et le Hezbollah, généralement présenté comme le « Parti de Dieu » ont, l’un et l’autre, été créés, dans les années 80, pour combattre l’Etat d’Israël.

Ils ont d’ailleurs, également, en commun, le soutien qu’ils reçoivent de la Syrie, qui, sous couvert de pseudo-ouverture de négociations avec Israël, a toujours été l’un de ses plus virulents adversaires.

L’action qu’ils mènent, actuellement, en milieu arabe, ne doit pas faire oublier leur véritable objectif, car cette action tend à leur permettre d’atteindre plus facilement ce but.

Le nombre des victimes dans la Bande de Gaza traduit l’existence d’une importante minorité hostile, animée par le Fatah, parti du Président de l’Autorité (sic) palestinienne, Mahmoud Abbas.

Mais jusqu’à quand ?

On ne peut, à cet égard, que se réjouir de la réaction de la Communauté internationale, et notamment de l’Union européenne, principale bailleresse de fonds, qui s’efforce, par tous les moyens, d’éviter que l’aide internationale, indispensable pour la survie des populations palestiniennes, ne soit détournée par le gouvernement, officiellement, aux mains du Hamas, qui, au mieux, n’accepte qu’une trêve de longue durée (sic) avec Israël.

En revanche, plus au nord, le Hezbollah qui est certes représenté au Parlement et qui, jusqu’à très récemment, siégeait encore au gouvernement libanais n’en est pas moins considéré comme étant, maintenant dans l’opposition.

Mais, malheureusement, notamment sous la pression du gouvernement français, le Hezbollah n’est pas considéré comme une organisation terroriste, alors, pourtant, que les méthodes de combat utilisées, lors des événement sanglants de l’été dernier, montrent bien que cette organisation se sert des mêmes méthodes que les organisations ouvertement terroristes qui, se servent des civils comme « boucliers humains ».

Ceci dit, il nous paraît normal que la communauté internationale apporte son assistance au Liban dont le gouvernement ne peut, au pire, être accusé que de lâcheté, à l’égard des mouvements terroristes, mais qui ne peut, lui-même, être qualifié de tel.

Aussi, la communauté internationale ne peut rester indifférente ni à l’égard des événements sanglants de la Bande de Gaza, ni devant la tentative de déstabilisation du gouvernement libanais, même si le Hezbollah peut compter sur l’appui du Général Aoun qui, jusqu’à une date encore relativement récente, ne paraissait pas pouvoir devenir, eu égard à ses origines chrétiennes, un soutien inconditionnel de l’islamisme.

Mais que ne fait pas faire l’ambition du pouvoir !

La réaction de cette « communauté internationale » (terme qui, dans le « politiquement correct » a remplacé de façon trompeuse, l’appellation antérieure, plus neutre, de « société internationale ») s’avère d’autant plus indispensable que derrière le soutien syrien aux deux mouvements terroristes se profile l’aide matérielle apportée par l’Iran, par Syrie interposée.

Or, on ne peut que déplorer, par ailleurs, la lenteur et la faiblesse des réactions de cette même « communauté »devant le danger potentiel que représente, pour la paix et la sécurité internationales, l’accent mis par l’Iran sur le développement de son programme nucléaire.

On semble oublier que parallèlement à l’attachement manifesté par les dirigeants iraniens au développement de ce programme il y a les déclarations, plusieurs fois réitérées, par le président iranien appelant à l’éradication de la carte de l’Etat d’Israël.

Ces tergiversations rappellent étrangement l’absence de réactions des démocraties occidentales devant la montée de l’hitlérisme qui a abouti, volens nolens, à la seconde guerre mondiale et à la Shoah.

Il ne suffit pas de condamner « sans réserve tout déni de l’Holocauste » comme vient de le faire l’Assemblée générale des Nations Unies (notons, toutefois, que seuls 103 pays, sur les 192 membres de l’Organisation mondiale, ont parrainé cette résolution, adoptée par consensus, l’Iran ayant seulement tenu à émettre des réserves).

Il faut faire en sorte qu’une telle ignominie ne puisse pas se reproduire.


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