Guerre et terrorisme

G.Layani

dimanche 24 décembre 2006

Il y a, me semble-t-il, deux idées importantes qui conditionnent les rapports entre d’une part les démocraties occidentales encore loin d’avoir incorporé dans leurs jugements les spécieux raisonnements de l’Islam et d’autre part les pays arabes ou du moins ceux qui sont actifs pour ne pas dire gênants et qui émergent de ce magma sans forme de populations inertes et sans avenir visible.


La première est l’idée totalement farfelue aux termes de laquelle le conflit israélo-palestinien est la clé de toute décision ou la cause de toute attitude dans ou envers le Moyen Orient. Cette idée, qui n’est en réalité qu’un leurre, est la plus répandue et la plus tenace ; pourtant, on a beau se torturer les méninges, on trouve peu de liens de cause à effet de ce conflit avec la situation en Irak, ou avec l’émergence de l’Iran comme pays qui sera un jour ou l’autre détenteur de la bombe, ou encore avec l’irascibilité de la Syrie qui a bien plus de problèmes avec le Liban et avec son opinion publique interne qu’avec Israel. Encore moins trouve-t-on des rapports avec les guerres civiles qui ensanglantent le Soudan, l’Ethiopie, la Somalie, le Congo etc.. partout où l’Islam est parti en guerre contre ceux qui ne sont pas musulmans.

Les désordres que l’on constate dans la plupart des pays musulmans n’ont aucun rapport ou des liens très lointains avec le conflit israélo-palestinien qui constitue cependant le dénominateur commun de ces pays et permet à ses dirigeants de tenir leurs peuples. Ce conflit au contraire intéresse davantage les nations occidentales qui sont à l’affût de tout ce qui peut se passer dans la région et particulièrement du fait d’Israel et qui ont tendance à réduire toute leur politique musulmane à la solution du conflit israélo-palestinien. Par contre, la guerre civile qui sévit en Palestine actuellement entre le Fatah et le Hamas n’intéresse pas beaucoup les médias ; mais qu’Israel intervienne d’une manière ou d’une autre, alors les médias vont se réveiller brutalement. C’est ainsi ; je préfère ne pas trop chercher une explication.

La seconde idée très importante est la théorie militaire des puissances arabes qui se résume en un seul mot : terrorisme. C’est une forme de guerre — si tant est que l’on puisse parler de guerre — qui est, il faut le dire, nouvelle. Aucune puissance occidentale n’a été et n’est à l’abri de ce terrorisme qui désormais atteint même des pays en voie de développement comme l’Irak. Les états arabes qui ne sont pas démunis — loin de là — d’armements de toutes sortes, même les plus sophistiqués — on l’a vu dans la dernière guerre du Hezbollah contre Israel — sont absolument incapables d’organiser une armée régulière ou lorsqu’ils l’organisent cette armée n’a aucune puissance, comme au Liban et même en Egypte. Ils ne savent pas avoir une stratégie et encore moins des alliés pour affirmer leurs points de vue. Ils ne constituent pas sur le plan militaire un ensemble homogène.


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