Mais, suis-je idiot ? je ne vous avez pas dit ...

Charles Etienne NEPHTALI

dimanche 24 décembre 2006

La salle était comble bien avant le début du concert de fin de trimestre organisé par l’école publique fréquentée par ma petite-fille de 6 ans, Emma.
Après que la directrice et les enseignants aient remercié le public, un petit Malien, une petite Américaine et Emma montèrent sur scène pour interpréter l’hymne national accompagnés au violon par un élève asiatique tout juste plus âgé que chacun des membres du trio.


Première surprise : l’assistance et tous les autres élèves se levèrent et agitèrent de petits drapeaux tricolores.

Deuxième surprise : il n’y eut ni hué, ni sifflet ; que des applaudissements nourris et des cris de joie. Imaginez la fierté du quatuor !

Se succédèrent ensuite danses et chants enfantins interprétés par l’ensemble des élèves et, en fin de spectacle, une vingtaine d’entre eux, âgés de 3 à 12 ans, accompagnés au violon par deux de leurs camarades et au piano par un troisième, interprétèrent une chanson reprise en cœur par toute la salle. Quelle merveille !

Le titre de cette chanson ? Non, non, ce n’était ni « Fais-moi du couscous chérie » ni « On m’appelle l’oriental », pas non plus « Laziza », même pas « Aïcha » ni « Le café des délices ». Vous n’y êtes pas du tout ! C’était « Ah ! si j’étais riche », extraite de la comédie musicale « Un violon sur le toit ».

Mais suis-je idiot ? Je ne vous avais pas dit que cela se passait à Boston sinon vous ne m’auriez pas donné des titres aussi « exotiques ». L’hymne était américain, les drapeaux tricolores et les chansons aussi.

Il est naturellement évident que si je vous avais de plus précisé que, dans le métro emprunté pour me rendre à cette si sympathique manifestation, tout le monde payait, vous auriez vite réalisé que cela ne se passait pas en France......et encore moins dans la région parisienne.

Mais je n’étais pas au bout de mes surprises. En effet, en sortant, la nuit étant tombée, il y avait des illuminations un peu partout avec ‘hanoukiyot, sapins décorés et banderoles sur lesquelles, en lettres scintillantes, était écrit

« Happy Hanukkah - Happy Christmas »

D’ailleurs, chaque jour, pendant cette semaine de ‘Hanouccah, pratiquement tous les journaux publièrent des photos et consacrèrent des articles relatifs à cette merveilleuse fête des lumières aussi connue que Noël.

« Papy, c’est comme ça en France aussi » ? me demanda Emma. Je n’ai pas, et pour cause, osé lui répondre, préférant changer de conversation.

Il est à souhaiter que les dirigeants de notre pays finissent enfin par se réveiller et par cesser d’appliquer cette lamentable politique de l’autruche pour qu’un jour il nous soit donné d’assister à de tels spectacles scolaires !

Charles Etienne NEPHTALI
Actuellement à Boston


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