Chronique de Michaël Bar-Zvi | Zain be Tevet 5777 - 5 janvier 2017

mercredi 4 janvier 2017, par Desinfos

Boker tov amis auditeurs de Radio J. A plusieurs reprises depuis le début de son premier mandat le Premier ministre israélien et son entourage ont fait l’objet d’enquêtes de police. Jusqu’à présent ces affaires n’ont abouti à aucune condamnation remettant en cause son action politique. Il est clair que, dans le contexte de la démocratie israélienne, où un Premier ministre et un Président en activités ont été amenés à démissionner de leur mandat et ont été, par la suite, condamnés à de lourdes peines de prison, le conseiller juridique du gouvernement n’a pas d’autre choix que d’engager une procédure lorsque la police lui soumet des suspicions concernant un responsable politique.


Pour autant une autre question se pose qui est celle du poids des charges concernées par rapport aux responsabilités des dirigeants en question. En effet il ne s’agit pas de savoir si le couple Netanyahou est sympathique ou pas, ou si son comportement est exemplaire en tout, mais s’il applique la meilleure politique possible, tout en respectant la loi et les règles du régime qu’il représente. La pression médiatique, la recherche du caractère sensationnel et la modification des formes de la communication modifient la donne et on assiste avant de connaître les faits à un procès public avant l’heure.

La justice ne peut se faire que dans la sérénité et lorsqu’elle s’applique devant la cour martiale des réseaux sociaux elle devient un déchaînement d’émotions et de haine. Le Premier ministre, de son côté, doit, lui aussi, avoir l’esprit libre de tout souci extérieur pour prendre les décisions indispensables à l’exercice de son mandat. On se souvient que le ministre de la défense Avigdor Liebermann avait été poursuivi dans plusieurs affaires pendant plus d’une quinzaine d’années pour finalement obtenir un non-lieu.

On peut se féliciter du fait que dans la démocratie israélienne personne n’est au-dessus des lois, qu’il s’agisse d’un sergent de Tsahal ou d’un Premier ministre, mais il ne faut pas oublier non plus qu’un régime politique, quel qu’il soit, doit avant tout servir les intérêts du peuple et non le contraire, sinon la politique devient une abstraction et un jeu dangereux. Si les accusations portées contre Netanyahou sont lourdes et fondées, il faut qu’il soit rapidement écarté du pouvoir, comme en son temps Ehud Olmert, afin de préparer sa défense, mais s’il s’agit d’un fait mineur, qui ne constitue pas un délit grave, alors il serait souhaitable que ses adversaires se concentrent sur la manière dont ils peuvent le battre dans les urnes.

Le premier principe de la démocratie c’est que le pouvoir en place peut être remplacé par des élections, et non par le tribunal ou la violence. L’ambiance créée autour de l’enquête par les médias, avec des émissions en direct en tête d’édition où des journalistes font le pied de grue devant la résidence du Premier ministre, en expliquant qu’ils n’ont aucune information, ni sur les charges, ni sur les faits, ni sur le déroulement de l’enquête, n’est pas seulement une atteinte au bon sens, mais aussi un manque de professionnalisme de la part des médias.

Le rôle de la presse est important en démocratie pour plusieurs raisons, qui n’ont rien à voir avec le racolage ou le taux d’audience. La presse doit fournir des faits, dans un souci de vérité, et permettre aux lecteurs, auditeurs ou spectateurs de se forger une opinion à partir d’une analyse de la situation par des experts ou commentateurs représentant le maximum possible de points de vue.

Un journaliste animé par une haine viscérale de l’objet ou du sujet de son reportage ne peut pas bien faire son travail. De plus et c’est le cas pour le journaliste aussi, en démocratie personne ne peut se considérer comme au-dessus de toute critique.


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